Captation des données : les Français sont prêts à monétiser leurs informations privées

Captation des données : les Français sont prêts à monétiser leurs informations privées

Les Français sont assez méfiants du devenir de leurs données personnelles sur Internet. Une étude d’Havas Media montre cependant que près de la moitié d’entre eux pourraient laisser leurs données visibles sur la Toile en échange de contreparties financières !

Publié le 25 septembre 2014 - 17:13 par François Giraud

Les Français sont méfiants mais pas désintéressés. Selon une étude d’Havas Media réalisée du 5 au 20 août dernier sur un panel de 1 000 internautes français âgés de 16 à 64 ans, il ressort que les personnes interrogées sont conscientes et méfiantes quant au devenir de leurs informations personnelles sur la Toile. Cependant près d’un français sur deux indique qu’il pourrait trouver un intérêt financier laisser ses données personnelles en accès libre sur Internet. 30% des internautes sondés indiquent que pour 500 €, ils pourraient donner un accès à leurs informations personnelles durant un an.

L’appât du gain prime sur la sécurité des données

Raphaël de Andréis, directeur général Havas Media Group France indique à l’AFP que « C’est le nouveau paradoxe français. les internautes sont très conscients de la captation de leurs données, sont inquiets, mais ils ont un appétit de voir ce que cela peut créer pour eux ». Les résultats de l’étude réalisée par Havas Media montrent que la captation des données est un phénomène de société. 84% des personnes interrogées sont inquiètes de l’usage qui peut être fait de leurs données. 74% craignent un usage frauduleux, 53% ont peur que leur intimité soit révélée et 47% que leurs informations puissent être utilisées dans un cadre de surveillance et de sécurité. Les internautes indiquent dans 29% des cas, mettre eux-mêmes en place des mesures de protection pour faire baisser le risque de fuite de données, comme la création de pseudonymes sur Internet. 45% des sondés indiquent cependant que la récupération de leurs données personnelles peut leur permettre d’obtenir des offres personnalisées et des contreparties financières. L’étude d’Havas Media a également montré que les personnes de sexe masculin sont plus inquiets sur le fait que l’on puisse retracer leurs données de navigation.

Havas Media identifie 5 profils types aux attentes précises

Les Data Parano, qui représentent 36% des personnes interrogées ont plus de 35 ans, sont conscients du problème de captation et sont inquiets du devenir de leurs informations personnelles. Ils ont peur pour leurs données, sont prêts à ce qu’une réglementation soit mise en place. Ils se tournent vers des sites et des marques connus, mettent en place des mesures de protection. Pour eux, c’est l’inquiétude qui domine.

Les Data Fatalistes, arrivent en seconde position avec 27% des personnes interrogées. Ils sont inquiets du devenir de leurs données, surtout au niveau de leur intimité et des problèmes de surveillance mais ne sont pas spécialement favorable à la mise en place d’un cadre réglementaire. Ce sont ceux qui utilisent le plus les pseudonymes. Ils acceptent le data, considèrent que cela fait partie de leur quotidien et accepteraient des contreparties financières.

Les Data Natives représentent 24% des sondés. La population est jeune, comprise entre 15 et 24 ans. Ils sont conscients de la captation des données mais ne s’inquiètent pas. Ils ne sont pas spécialement favorables à une réglementation.

Les Data Stratèges représentent 9% de la population, âgés de 35 à 49 ans et sont conscients du phénomène. Ils sont inquiets et au courant des techniques pour protéger leurs données. Ce ne sont pas ceux qui sont les plus intéressés pour financer leurs données. Ils ont une bonne connaissance du sujet et sont prêts à mettre en place des systèmes de sécurité ou des protocoles pour limiter l’accès à leurs données.

Enfin, les Data Détendus, qui représentent 4% des internautes interrogés. Ils ont entre 25 et 49 ans, sont peu conscients du phénomène et pas inquiets. Ils pensent pouvoir tirer un bénéfice de la captation de leurs données personnelles et sont largement prêts à financer leurs informations. La réglementation ne les intéresse pas. Le seul domaine qu’ils souhaitent protéger concerne leurs emails mais sont tout à fait disposés à percevoir de l’argent en échange de données.

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  • Truagg

    L’usage du pseudo comme mesure pour être anonyme ? Soit c’est une blague, soit on m’explique en détails…