Avec le D3, Nikon s’est taillé une jolie part de marché auprès des photographes professionnels attirés par ses qualités nombreuses et sa sensibilité record. Le succès a continué avec le D3s qui franchit la barre des 100 000 ISO. Cette nouvelle vague de photographes professionnels qui ont rejoint le camp des jaunes aura permis à Nikon de faire remonter un flux important d’expériences et de souhaits qui permirent l’évolution du boitier pro Nikon : voici le Nikon D4.

Le Nikon D4, nous explique Thomas Maquaire, chef de produit Nikon, est « le nouveau fleuron qui montre la puissance R&D de la marque ». Il est vrai que le D4 réalise des avancées sur quasiment tous les tableaux. Il sera le reflex Nikon le plus rapide jamais conçu, logique, et a été travaillé pour mieux s’intégrer dans un flux de production dans un environnement qui s’accélère. Si les agences de presse sont au coeur de la cible du D4, on sait déjà chez Nikon qu’il intéressera également de nombreux photographes professionnels indépendants et que près de la moitié de ses aguerris seront de chanceux photographes amateurs passionnés.

Nikon D4

Nouveau capteur CMOS Full Frame

Sans surprise, le Nikon D4 reprend un capteur au format 24×36. Ce capteur Full Frame est de technologie CMOS et sa définition passe à 16 mégapixels, pour une meilleure qualité d’image lors de tirages de grande dimension et plus de possibilités de recadrage. 16 mégapixels, aux yeux de Nikon, est le bon compromis entre résolution et cadence de prise de vue. La sensibilité nominale du capteur du D4 atteint 12 800 ISO et les modes étendus permettent de booster celle-ci jusqu’à 204 800 ISO. On appréciera que ce nouveau capteur offre enfin une position 100 ISO (le D3 / D3s ne débute qu’à 200 ISO). Les photographes qui ont besoin de plus de pixels pourront s’orienter vers le Nikon D3x qui reste dans la gamme et cohabitera avec le D4… jusqu’au D4x ?
Ce capteur a également été développé de manière à préserver l’autonomie de la nouvelle batterie du D4 (nous y reviendrons) en limitant sa consommation électrique comme son échauffement en mode vidéo.

Processeur EXPEED 3

Le Nikon D4 est animé par le processeur EXPEED 3 qui assure le traitement 16 bits du signal du capteur, la gestion de la dynamique, de la chromie, l’analyse de la scène photographiée pour adapter ses réglages via le nouveau système de reconnaissance de scène et traiter le signal du capteur pour les vidéos en Full HD / 30p. La puissance du DSP du D4 a dû être largement revue à la hausse afin de conserver la cadence maximale de prise de vue en rafale, tout en traitant les fichiers avec des algorithmes puissants comme ceux de l’Actice D-Lighting et de la réduction du bruit.

Système de reconnaissance de scène

Depuis le dernier reflex argentique pro, le F6, Nikon utilise un petit capteur numérique qui analyse et reconnait la scène photographiée afin d’adapter son exposition, aujourd’hui rejointe par de nombreux paramètres. Le capteur dédié à la reconnaissance de scène du D4 fait un bond de résolution puisqu’il passe de 2000 pixels sur le D7000 à 91 000 pixels sur le nouveau reflex numérique pro. Cette définition d’une nouvelle dimension permet au D4 de distinguer un visage quand le D3s ne voyait qu’une silhouette. Ces avancées sont capitales pour l’efficacité de l’autofocus qui pourra accrocher le sujet plus rapidement en sachant à l’avance quel collimateur activer, sans devoir tous les sonder pour déterminer quel est le sujet le plus près. Ce système devrait également participer à l’efficacité du suivi du sujet.

Nikon D4

Détection des visages en visée optique : une première mondiale

C’est en effet une grande première mondiale, même sans mode LiveView, bref, en visant via la visée reflex, le Nikon D4 est capable de détecter des visages par l’entremise de ce nouveau capteur dédié à la reconnaissance de scènes. Ne nous y trompons pas, la détection des visages a toute sa place sur un reflex professionnel et améliorera le suivi d’un personnage, même de profil comme nous avons pu le constater lors de notre prise en main du D4.

Mesure matricielle 3D couleur III

C’est à nouveau ce capteur de reconnaissance de scène de 91 000 pixels qui oeuvre ici pour fournir des informations au processeur EXPEED du D4 qui compare les conditions de prise de vue à une base de données de 30 000 cas de figure. C’est moins que sur le D3s qui avait un catalogue de 50 000 cas, mais le progrès de définition rend l’appareil plus efficace. Ce capteur est sur tous les fronts et aide la mesure matricielle 3D couleur troisième du nom à analyser les hautes lumières pour mieux les préserver, à analyser la source lumineuse, à détecter la fréquence des lumières artificielles, ou encore à améliorer l’exposition au flash en i-TTL.

Balance des blancs

Source de quelques critiques, la gestion de la balance des blancs du D3s a été revue. Elle pouvait parfois trop refroidir les images et il est souvent agréable de conserver une petite déviance de chromie pour réchauffer les tons sur des lumières chaudes. Si, pour vous aussi, trop blanc, c’est souvent trop froid, la nouvelle balance des blancs du Nikon D4 possède une fonction de préservation des teintes chaudes. De plus, en LiveView, l’affichage à l’écran tiendra compte du réglage de la balance des blancs, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.

HDR

Tabou pour certains, indispensable pour d’autre en fonction de leurs applications (intérieur, architecture, panoramique…), la fusion HDR est désormais embarquée par le D4 qui prendra deux photos en bracketting à 0EV et +3EV pour ensuite en fusionner les expositions en choisissant l’intensité de la méthode appliquée selon trois niveaux.

Nikon D4

Time Lapse

Le Nikon D4 offre un intervallomètre réglable très souplement. C’est le boitier qui colle ensuite les images capturées pour aboutir à une vidéo accélérée. On peut lire cette vidéo Time Lapse en 24x ou 3600x pour les gros projets.

Nouveau module autofocus sur les bases du Multi-Cam 3500FX

Il a le même nom, Multi-Cam 3500FX, mais il serait plus sensible que son prédécesseur. Le nouvel autofocus du D4 pourrait faire la mise au point dans des conditions de très faible luminosité, jusqu’à moins de 2EV, soit, selon Nikon, la lueur d’un clair de lune. Les nombreux photographes de spectacle venus chez Nikon pour le D3 apprécieront. L’AF du D4 offre toujours 51 collimateurs sensibles à f/5,6 ou plus, dont 15 en croix. Les 11 centraux sont ultrasensibles, f/8, pour une utilisation encore possible avec téléobjectif et extender 2x.
Le cheminement du collimateur actif a été revu pour un choix plus intuitif de la zone de mise au point et si vous passez en orientation portrait, le D4 adapte le collimateur actif au basculement du boitier.

L’obturateur du Nikon D4 : musclé, nouveau mode discret

Si, comme nous, vous n’arrivez pas à dire clac-clac-clac, etc. 11 fois en une seconde, le Nikon D4 y arrive, lui. Pour atteindre 11 i/s, il faut se passer du suivi autofocus, sinon, il se promène à 10 i/s en rafale sur pas moins de 200 photos consécutives en JPEG et 105 en RAW (NEF). L’obturateur, musclé, a été testé sur 400 000 cycles et son déclenchement s’opère en 42 ms, selon les mesures opérées par CIPA.
Lorsque, au fur et à mesure de la vie du boitier, l’obturateur se mate et que sa vitesse d’obturation ralentit (le 1/500s devient plutôt un gros 1/320s), le D4 compensera cet écart en choisissant une vitesse plus rapide.
Si vous trouviez que l’obturateur du D3 claquait, vous ne serez pas dépaysé avec le D4, franchement peu discret. Par contre, son mode « Quiet » a été revu et est très convaincant. Mais si vous devez faire profil bas (photo volée, photographe de plateau…), Nikon a judicieusement rendu l’obturation électronique disponible sur le D4, pour un déclenchement parfaitement inaudible, à l’instar d’un compact numérique.

Quelques changements ergonomiques

Nikon affine l’ergonomie de son reflex pro qui offre désormais deux joysticks, utiles au choix du collimateur autofocus, un taquet LiveView et reprend la même organisation quand on tient le boîtier en orientation portrait ce qui n’était pas le cas sur le D3, une étrangeté de moins.
Mais le plus gros apport aux photographes sur le terrain sera le rétroéclairage des boutons, un luxe qui va devenir un must-have rapidement.

Visée – écran

Nikon a redessiné le pentaprisme du D4. La visée reflex est bien entendu toujours intégrale avec une couverture de 100 % et un grossissement de 0,7x. Le nouveau verre de visée gentiment baptisé « Type B BriteView Clear Matte Mark VIII » est quadrillé et offrirait une meilleure lisibilité, utile pour jauger la profondeur de champ.
Un horizon virtuel s’affiche sur l’écran, et dans le viseur, sous forme de jauge. L’écran est connu puisqu’il s’agit du 3″ TFT de 921 000 pixels, mais son gamut aurait été étendu par rapport à celui du D3s et, en chassant la couche d’air devant les diodes, ses reflets auraient été atténués. On dispose désormais du contrôle automatique de la luminosité de l’écran du D4 grâce à un capteur adjacent.

Les cotes

Toujours aussi robuste et solide, le Nikon D4 est tropicalisé. Nikon a augmenté le recours à l’alliage de magnésium, mais gagne 60 grammes par rapport au D3s. Il pèse 1340 grammes avec la batterie et 1180 grammes sans. Il mesure 160 mm de large pour 156,5 mm de hauteur et 90,5 mm de profondeur.

Vidéo Full HD sur le D4

Nikon fait voler en éclat le frein que constituait l’absence de vidéo Full HD sur le D3s. Le Nikon D4 peut désormais filmer en Full HD, en 1920 x 1080 pixels en progressif en 30p, 25p ou 24p et en 1280 x 720 pixels jusqu’à 60p/50p. Le processeur Expeed 3 reste insuffisamment proportionné pour traiter le flux vidéo en Full HD 50p.
Mais le D4 offre deux approches pour filmer :
– soit vous filmez en enregistrant sur la carte mémoire sur des séquences limitées à 29 min 59 s et avec un encodage H264,
– soit le D4 sert d’intermédiaire à un enregistreur externe HDMI 8 bits en 4:2:2 sans compression ni traitement du signal pour un niveau de qualité maximal de l’ordre de 180 à 200 Mbps, sans limites de durée. Le Nikon D4 pourra même s’insérer dans un flux télévisuel.

En vidéo, l’autofocus du D4 est « full time » s’il est utilisé avec les objectifs AF-S et la détection des visages est active. On aura le choix entre différents formats et ratios d’image en vidéo : le Full Frame, le DX qui applique un coefficient de recadrage de 1,5x et correspond au Super35 ou 2,7x, si l’on n’exploite que le coeur du capteur sur la définition 1920 x 1080 pixels.

Le contrôle de l’exposition en temps réel est naturellement à l’ordre du jour ainsi que la « Power Aperture » qui, en mode LiveView, permet de moduler l’ouverture par 1/3 de diaph. Aussi, avec les deux boutons Fn et testeur de profondeur de champ situés sur le côté de l’optique, on peut jouer finement sur l’exposition par 1/8EV.

Le logiciel de pilotage des appareils numériques Nikon Camera Control Pro 2 sera mis à jour pour piloter la vidéo sur le D4.

Nikon D4

Audio

La prise micro du Nikon D4 sera ajustable en entrée de ligne et le boîtier, c’est une première, offrira une prise casque pour contrôle de la prise de son. Le niveau d’enregistrement est ajustable et le boitier affiche un vumètre permanent.

Nouvelle batterie

Eh oui, c’est une nouvelle batterie qui alimente le D4. Nikon n’a pas vraiment eu le choix du fait de nouvelles réglementations au Japon. C’est désormais la EN-EL18 qui officie. Sa puissance est en baisse, avec 2000 mAh, mais avec les optimisations faites sur le D4, son autonomie est finalement en hausse avec 2600 images mesurées par CIPA. Il faudra également adopter le nouveau chargeur MH-26. Ce sera surtout handicapant pour les agences qui feront cohabiter les deux générations de boitier.
Un nouveau connecteur secteur (EP-6) voit le jour. Il se connecte à la place de la batterie.

Nikon D4

Le Nikon D4 offre un panel complet de connectiques, en passant par l’USB, le HDMI, l’Ethernet et le Wi-Fi avec le transmetteur WT-5.

Coller les données IPTC à la volée

Toujours dans l’optique de gagner quelques secondes sur le terrain, le Nikon D4 pourra coller des jeux de données IPTC à vos photos. On pourra éditer les métadonnées que l’on veut attribuer aux photos sur un logiciel dédié et les enregistrer sur un fichier qui sera uploadé sur le boitier via la carte mémoire.

Double slot : CF et XQD

Nikon est promoteur du nouveau format de carte mémoire, le format très sécurisé XQD. Selon Nikon, le boitier, avec les cartes XQD de première génération, serait en mesure d’écrire à la vitesse de 235 Mo/s. Le slot carte mémoire est double : un emplacement pour CompactFlash et un emplacement pour carte XQD.

Prix et disponibilité du Nikon D4

Présenté aujourd’hui, le Nikon D4 sera disponible dès le 16 février prochain. Voilà une excellente nouvelle pour tous ceux qui l’attendaient depuis de longs mois. Son prix de vente a été fixé à 5799 euros, soit un peu plus cher que le D3s qu’il vient améliorer sur de nombreux points et il constitue une jolie réponse au Canon EOS 1D X.

Nikon D4

Nikon D4 : One more thing, le transmetteur Wi-Fi WT-5 et applis smartphone/tablette

Avec le D4, Nikon annonce un nouveau transmetteur Wi-Fi, le WT-5. Il est compatible Wifi a/b/g/n et avec le protocole WPS des routeurs Wi-Fi. Il permet aussi de commander jusqu’à 10 appareils pour des points de vue variés ou la 3D stéréoscopique, voire pour l’effet « bullet point » type Matrix ou utilisé par cette publicité Rip Curl avec 48 caméra GoPro.
Mieux, équipé de son transmetteur WT-5, le Nikon D4 pourra se connecter à n’importe quel smartphone ou tablette du marché via son navigateur internet pour visualiser les photos .
Encore mieux, Nikon prépare des applications IOS et Android pour non seulement visualiser les photos du Nikon D4, mais aussi piloter l’appareil à distance et sans fil, en s’affranchissant du vieillissant Camera Control Pro 2.

WT-5
Le nouveau transmetteur WT-5. Il est annoncé aujourd’hui en même temps que le D4 et que le nouvel objectif AF-S Nikkor 85mm f/1.8G.
 
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