Compacts hybrides : où en sommes-nous ?

Compacts hybrides : où en sommes-nous ?

L’association des fabricants japonais d’appareils photo vient de publier ses chiffres sur les avancées de la nouvelle famille des compacts à objectifs interchangeables fin 2011, l’occasion de faire le point.

Publié le 15 février 2012 - 9:50 par La rédaction

Les compacts hybrides font le buzz depuis leur émergence, fin 2008. Rares sont les photographes équipés en reflex qui passent le cap. Les hybrides, selon la marque qui les lance sur le marché, adoptent des stratégies bien différentes. Sur ce marché encore peu lisible, CIPA (Camera and Imaging Product Association) publie la cartographie des positions tenues par les compacts à objectif interchangeable. Pour une logique plus révélatrice de la réalité des usages, les compacts hybrides seront désormais comptabilisés séparément des reflex numériques. Jusqu’alors, ils étaient tous comptabilisés dans la même catégorie des appareils à objectif interchangeable, catégorie trop vaste, qui allait du Pentax Q ou Nikon J1 au Canon EOS 1D ou Nikon D4…

Un marché naissant, en progrès

Le premier constat est la croissance régulière du concept compact hybride depuis son lancement, sur tous les marchés. Il faut dire que les hybrides sont partis de rien en 2008-2009 et que les fabricants ont rejoint leurs concurrents sur le marché au fur et à mesure densifiant ainsi l’offre. Si Panasonic a lancé le G1 fin 2008, Nikon a lancé ses compacts hybrides en septembre 2011.

Succès au Japon et en Asie

Ce sont les Japonais, souvent précurseurs des tendances en matière de matériel photo, qui ont adopté le plus largement et rapidement les compacts hybrides. Au pays du soleil levant, plus de la moitié des appareils à objectif interchangeable sont des compacts hybrides et non des reflex numériques quand l’Europe et le continent américain se situent aux environs de 20%. En fait, c’est tout le continent asiatique qui est très réceptif à ce nouveau concept d’APN puisque les données montrent qu’en Asie hors Japon, sur 10 appareils à objectif interchangeable vendu, 3 sont des compacts hybrides et 7 sont des reflex. 

 

Un marché en croissance

Partout dans le monde, le segment des compacts à objectif interchangeable est en croissance, d’au moins 20% sur la fin de l’année 2011. Mais il faut mettre ces chiffres apparemment bons en perspective avec le faible niveau de ce segment qui favorise des chiffres de croissance spectaculaires et l’arrivée de nouveaux belligérants sur le marché, comme ce fut le cas de Nikon qui, a grands renforts de publicité a poussé très fort ses Nikon 1 J1 et Nikon V1 comme le rappelle dpreview dans son analyse des chiffres CIPA qui révèlent qu’aux USA, la part d’hybrides/reflex vendus a bondi de 12,5% à 22,1% sur les deux derniers mois de 2011. L’effet Nikon 1 est certainement responsable de ce bouleversement. En France, en décembre 2011, le Nikon J1 aura été l’hybride le plus vendu.

 

Compacts hybrides : un marché ou des marchés ?

Le marché de l’hybride est morcelé. Même au sein d’une gamme, on trouve des compacts très grand public (Sony NEX-C3) et d’autres semi-pros (NEX-7, 1300 euros). D’un fabricant à l’autre, la promesse matérielle diffère grandement comme c’est le cas entre le minuscule Pentax Q et le Fuji X-Pro1 révélé au CES en janvier denier par exemple. Le marché mûrit, preuve en est l’annonce des premiers objectifs pour compacts hybrides d’opticiens indépendants, chez Sigma par exemple. Mais cette bonne est aussi révélatrice des difficultés de ce segment qui part dans tous les sens avec un objectif de même focale proposé en monture Sony E (NEX) avec un coefficient de recadrage de 1,5x et en monture Micro 4:3, en 2x…. peu logique quand votre grand-angle se transforme en focale standard. Les uns parient sur la compacité du boitier (Nikon 1), d’autres sur la qualité d’image (capteurs APS-C des Samsung NX ou Sony NEX) mais au prix de l’impossibilité de miniaturiser les objectifs, d’autres sur un design (Olympus OM-D E-M5) ou la compatibilité avec les objectifs reflex comme le Pentax K-01.
Parti avec une longueur d’avance, Panasonic et sa monture Micro 4:3 offre un compromis intéressant entre taille de capteur-qualité d’image et miniaturisation. Sa gamme optique est déjà conséquente et la clé de voûte du concept de COMPACT à objectif interchangeable, la compacité, a enfin réellement pris forme avec l’annonce du zoom miniaturisé Lumix G X 14-42mm que nous avons testé avec le GX1. Pour nous, Panasonic tient la bonne formule, à condition de faire évoluer la technologie de son capteur MOS qui commence sérieusement à faire figure de dinosaure comparé à ce que Sony peut produire…

Retrouvez toute l’actualité des compacts à objectif interchangeable.

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