L'Arcep veut jouer les arbitres entre Free Mobile et ses concurrents
La polémique autour du réseau Free Mobile, éteint en partie selon certains opérateurs, pas assez puissant selon d'autres, se poursuit. L'Arcep y met son grain de sel (quoi de plus logique en même temps, c'est l'autorité compétente) et va prochainement convoquer Free Mobile et Orange, qui loue son réseau sur le territoire non couvert par le nouvel entrant, afin de mettre au clair
la situation. Dans un
communiqué, l'autorité souligne que
"cette audition portera notamment sur la mise en oeuvre de l'accord d'itinérance signé par les deux opérateurs".
L'Arcep a également annoncé qu'elle tiendra une conférence de presse afin de
"dresser un premier bilan de l'arrivée de Free Mobile sur le marché et
d'indiquer le résultat des nouvelles mesures de couverture des
différents opérateurs mobiles". Une
nouvelle vérification du réseau est d'ailleurs en cours, comme l'avaient réclamé plusieurs syndicats il y a quelques semaines.
Éric Besson veut aussi reprendre la main sur le dossier
Mais l'Arcep voit son autorité de plus en plus sapée par le ministre de l'Industrie, Éric Besson. Celui-ci réclame à l'Agence nationale des fréquences (ANFR) un audit "sous 10 jours" du réseau Free Mobile, rapporte
La Tribune. Ce rapport serait remis au ministre, et au ministre seul, mettant ainsi de côté l'Arcep, autorité pourtant compétente sur ce type de dossier et surtout indépendante du pouvoir exécutif. C'est peut-être une décision visant à rassurer les autres opérateurs, qui estiment sans vraiment le dire que l'Arcep favoriserait Free Mobile.
Les SMS au coeur d'une nouvelle polémique
Et si cela n'était pas suffisant, une nouvelle polémique vient d'éclater à propos des SMS. Contrairement aux appels, les tarifs des SMS envoyés sur le réseau d'un opérateur à l'autre sont fixés entre eux. Compte tenu de sa position de nouvel entrant, Free Mobile dispose d'une terminaison asymétrique favorable. Mais les tarifs demandés par Free Mobile (2.85 centimes par texto arrivant sur son réseau pour le premier semestre, 2.35 centimes pour le second) sont jugés trop importants. D'un côté Free Mobile argue que ces coûts de transit sont nécessaires étant donné que son réseau est encore en cours de déploiement, tandis que de l'autre les concurrents se demandent comment Free Mobile pourra tenir ses engagements une fois que la terminaison asymétrique sera terminée.
Par conséquent, l'Arcep va là aussi tenter de régler le conflit et procédera à une analyse du marché de gros des terminaisons d'appels, avant une consultation publique au mois d'avril.