Test du Nikon D4 : mode HDR embarqué

Test du Nikon D4 : mode HDR embarqué

Dans le cadre de notre test du Nikon D4, arrêtons nous un moment sur le mode HDR embarqué, une nouveauté offerte par le reflex numérique pro Nikon que nous avons pu confronter à d’autres solutions HDR.

Publié le 29 juin 2012 - 17:39 par La rédaction

Le HDR, vous connaissez certainement. Il s’agit d’aboutir à une image dans laquelle un maximum de tonalités est reproduit, même sur une scène contrastée. Cette technique a donné lieu à une foultitude de logiciels et des habitudes très disparates dans l’approche de cette nouvelle possibilité offerte par la photo numérique qui, dans certains cas, donne un rendu surréaliste à l’opposé de ce que les photographes équipés d’un D4 peuvent souhaiter obtenir. Même si la photo HDR peut avoir parfois mauvaise presse auprès de certains photographes du fait de certains abus dans le traitement des photos, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain et le HDR peut être le meilleur choix dans de nombreux cas, quand une scène est trop contrastée pour le capteur de l’appareil.

Test du Nikon D4 : le mode HDR intégré et ses alternatives

Pour un rendu HDR naturel ou « exposure fusion », plusieurs choix s’offrent à nous avec un appareil comme le Nikon D4 à la dynamique généreuse :
1- S’en remettre à l’Active D-Lighting du D4 qui va étirer les tonalités, éclaircir les basses lumières et récupérer le maximum d’informations dans le hautes lumières. On pourra le gérer son intensité ou laisser l’appareil décider de lui même avec le mode automatique. Ce système a un impact limité, mais a le mérite d’être instantané et est compatible avec le RAW + JPEG. Seul le JPEG sera impacté naturellement.
2- Prendre 3, 5 ou 7 photos en braketting d’exposition puis les fusionner dans un logiciel HDR comme Photomatix ou le plug-in Nik Software HDR Efex Pro. On pourra travailler sur le RAW afin de bénéficier de toute la quantité d’informations enregistrées par l’appareil.
3- HDR One shot : avec une seule image, prise en RAW de préférence, dans un logiciel doué pour la récupération des hautes lumières et l’éclaircissement des basses lumières, comme l’est Lightroom 4 avec son nouveau moteur de développement RAW. On pourra artificiellement abaisser les tons clairs et rehausser les tons sombres aussi  avec DxO Optics Pro qui, si vous lui donner un fichier RAW à manger, peut en faire une photo HDR avec un choix de rendu entre naturel et « artistique ».
4- Mode HDR embarqué du Nikon D4 : on laisse faire l’appareil et on a un JPEG prêt à imprimer.

Mode HDR du Nikon D4

Cette technologie est rendue possible par la cadence élevée de prise de vue de l’appareil qui atteint 11 i/s puisque dans ce mode, une fois activé, on ne déclenche qu’une seule fois, mais l’appareil prendra deux images, ainsi que par la puissance des processeurs embarqués qui permet maintenant à l’appareil de superposer les calques et extraire une image HDR des deux photos capturées. Attention, il n’encadre pas complètement la scène cadrée de deux expositions sur et sous-ex, mais prend une photo à la bonne exposition, celle mesurée, et une autre à +1 +2 ou +3EV, au choix. On a le choix entre l’écart d’exposition entre les photos, mais la seconde est toujours surex. Donc parfaite pour capturer les tons sombres. Or, comme sur notre photo exemple, prise dans l’environnement très sombre d’une église romane du XIIè siècle, le D4 a naturellement tendance à exposer plus qu’on ne le souhaiterait et il nous a fallu sous-exposer jusqu’à -2 diaph. Il va donc falloir jouer de la correction d’exposition en mode HDR embarqué.

La photo d’origine, en JPEG, -2EV pour conserver un peu de modelé dans le vitrail.

Le mode HDR embarqué du Nikon D4. Le rendu est assez naturel.

On ne peut accéder au mode HDR sur le Nikon D4 que si l’on photographie en JPEG. C’est un peu dommage, car on peut souhaiter conserver les RAW étant donné que par nature nous avons affaire à une scène difficile puisque nous devons shooter en HDR… Par contre, on peut choisir ce mode pour une seule photo, l’appareil retourne alors ensuite tout seul en mode normal, ou bien pour toute une série jusqu’à désactivation du mode HDR. Pratique.

Les réglages simples mais suffisants :

- On choisit  l’écart d’exposition entre les deux vues.
- On choisit l’intensité de la méthode HDR, le lissage des tonalités, pour un effet plus ou moins marqué. Plus l’effet est appuyé et plus le rendu final peu manquer de naturel, mais globalement le mode HDR du Nikon D4 offre un rendu très naturel.
On peut aussi laisse l’appareil décider pour nous en fonction de la scène photographiée.

On apprécie l’efficacité de ce mode qui, à main levée, arrive à juxtaposer les deux images sans quoi cela aboutirait à une impression de flou et d’image fantôme comme nous l’avions hélas expérimenté lors de notre test du Canon Powershot G1 X et son mode HDR embarqué qui nécessite un trépied. Le rendu est très naturel comparé aux autres solutions HDR.

Braketting et Nikon D4

Le braketting sur les boîtiers pros et semi-pros Nikon est d’une facilité d’accès déconcertante, très pratique sur le terrain. Le D4 possède un bouton dédié à l’activation du BKT, du nom de la touche d’accès direct située au même rang que le réglage du mode du flash ou de mesure de l’exposition. On joue ensuite des deux molettes pour :
- déterminer le nombre de vues consécutives qui va de 3 à 7
- l’écart d’exposition entre deux photos.
Dans les réglages de personnalisation du boitier, on peut aussi assigner une commande au bouton Fn situé aux côtés du testeur de profondeur de champ qui va activer la motorisation en rafale lorsque l’on sera en braketting. Bien vu.
Chez Nikon, tout est fait pour faciliter le braketting.

HDR Efex Pro

Fatalement, donner 5 ou 7 images prises en braketting, surexposées et sous-exposées, en RAW, à traiter à un logiciel HDR aboutit à un résultat plus riche puisque le logiciel peut utiliser une grande quantité d’informations dans toutes les valeurs de ton. Plus riche est aussi la liste des réglages autorisés par HDR Efex Pro qui permet de moduler le contraste final, l’intensité du lissage de l’exposition et l’effet de texture, une signature du « cheap HDR » quand cet effet est trop appuyé. HDR Efex Pro offre aussi une vingtaine de rendus prédéfinis, qui vont du rendu naturel au plus fantasmagorique, de bonnes bases de départ pour finaliser l’image, mais aussi la possibilité de revenir sur l’aspect de la photo avec les retouches localisées et le système des U-points. HDR Efex donne plus de contrôle sur l’image finale, mais demande une prise de vue brackettée et un peu de temps pour finaliser l’image HDR comme on la veut. Le prix à payer pour obtenir le rendu souhaité quand le HDR intégré au D4 offre un rendu tout fait avec un minimum de réglages, mais qui a le mérite d’avoir fait le travail quand on rentre au studio, à la maison.

HDR Efex Pro

Lightroom 4 et torture de RAW

Lightroom 4 est excellent pour récupérer les hautes et basses lumières. Son nouveau moteur RAW est d’ailleurs son principal atout pour de nombreux utilisateurs de Lightroom 3 dont une majorité est déjà passée à Lightroom 4. Un autre atout de Lightroom dans la gestion de l’exposition d’une scène aussi contrastée : la retouche localisée. Sous Lightroom 4, nous allons pouvoir appliquer l’exposition au pinceau.

Lightroom 4, à partir du NEF -2EV.
Ici, tons clairs à -72 et ton foncé à +100%. Réglages extrêmes, bien digérés par Lightroom 4, plus une légère action sur les curseurs clarté et vibrance.

HDR une seule image DxO

Lors de notre expérience, il aura fallu appliquer une correction d’exposition de -5EV sur ce qu’indiquait le posemètre du D4 en mesure matricielle 3D pour avoir le vitrail correctement exposé et sa colorimétrie préservée. -5EV, c’est le maximum.  DxO offre un mode intéressant de rendu HDR en une seule image qui tire parti du moteur de débruitage en deux passes extrêmement performant de DxO Optics Pro V7. Ainsi, si vous prévoyez une photo « HDR one shot »
avec DxO, mieux vaut la sous-exposer pour conserver l’information dans les hautes lumières. Ci-dessous, les photos issues du traitement HDR une seule image de DxO Optics Pro V7 avec le préréglage HDR une seule image, rendu naturel, RAW seulement. Par respect pour vos rétines, nous n’avons pas essayé le rendu « artistique ».

Naturel et rapide, le mode HDR du Nikon D4 peut ne pas suffire

Le Nikon D4 et son mode HDR embarqué offrent une nouvelle alternative aux outils existants jusqu’alors. Ce mode offre l’avantage de fournir le JPEG HDR sur le champ et suivant des réglages simples. Le système fonctionne assez bien, mais dans les cas extrêmes comme cette scène ultra contrastée, on arrive à toucher ses limites. Nous aurions aimé voir un mode à 3 vues, choisir la répartition (sur ou sous exposer) des photos et pouvoir le bracketter car, suivant les cas, il faudra réduire l’exposition sévèrement puisque l’appareil fait 0EV et +1 à 3 EV. On appréciera le rendu très naturel du mode HDR intégré au D4.
L’exemple est assez parlant : pour un rendu vraiment plus convaincant et une meilleure maîtrise de l’aspect final de l’image, la solution 3,5 ou 7 vues en braketting et un peu d’huile de coude sur logiciel HDR reste la meilleure solution, mais au prix du temps passé en chambre blanche… et de la licence du logiciel qui peut s’avérer assez onéreuse comme souvent chez Nik Software par exemple,mais d’autres solutions à prix modéré, voire gratuite, existent.
Parlant productivité, le mode HDR intégré au Nikon D4 sera tout indiqué quand on souhaite réaliser toute une série d’images à la plage dynamique étendue. Mais dans ce cas, recourir au format RAW pour en extraire le nectar sous Lightroom ou un autre logiciel performant pour rattraper les tonalités extrêmes des photos peut donner un résultat tout aussi acceptable et une meilleure maîtrise du rendu final puisque nous sommes en RAW. Dans notre cas, la photo traitée ainsi dans Lightroom semble plus naturelle que celle issue de HDR Efex Pro même si un peu de travail sur la photo compilée pourra aboutir à un rendu plus naturel, et un lissage des tonalités plus important que sur le mode intégré au D4 dont l’impact reste assez limité.




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