Avec Dante's Inferno, EA nous ouvre les portes de l'Enfer

Avec Dante’s Inferno, EA nous ouvre les portes de l’Enfer

Fermement attendu par tous les amateurs de beat’em all, Dante’s Inferno daigne enfin montrer le bout de sa faux sur Playstation 3 et Xbox 360. Le jeu d’Electronic Arts nous propose de traverser les 9 cercles de l’Enfer afin de sauver notre bien-aimée Béatrice, une belle preuve d’amour en cette période de St Valentin. Verdict complet.

Publié le 12 février 2010 - 16:16 par La rédaction

La Divine Comédie au service du jeu vidéo
Cela n’aura échappé à personne, Dante’s Inferno s’inspire ouvertement de l’oeuvre de Dante Alighieri, La Divine Comédie, en s’appuyant sur la première partie du poème, celle qui décrit la descente de Dante aux Enfers. En effet, le soft nous place dans la peau de ce cher Dante, qui va d’entrée de jeu devoir affronter la Mort en personne, et retourner au bercail afin de retrouver sa bien-aimée Béatrice qui attend sagement le retour de Croisade de son cher et tendre. Seulement, à son retour, Dante ne retrouve que mort et désolation, et, comble de malheur, l’âme de Béatrice a été capturée par Lucifer, Dante ayant en effet lourdement pêché au cours de son précédent périple. Pour sauver sa belle des griffes du démon, et accessoirement expier ses fautes, Dante n’hésitera pas à traverser les neuf cercles de l’Enfer qui le mettront évidemment aux prises avec un bestiaire féroce, mais cela permettra aussi à notre héros de faire face à ses responsabilités. Armé de sa faux (subtilisée à la Mort elle-même, excusez du peu) et de la Croix Sacrée, notre héros part en quête de rédemption.
 
 
 
Comme un air de God of War…
Les habitués de beat’em all (et notamment God of War) ne seront pas vraiment dépaysés avec ce Dante’s Inferno. A vrai dire, pas du tout même… En effet, les mécaniques de gameplay sont absolument identiques en tout point au titre de Studio Santa Monica, et l’on retrouve donc le coup léger, le coup fort, l’esquive placée sur le stick droit, la parade (suivie d’une contre-attaque au système de déclenchement là encore identique à celui de God of War), les QTE (notamment lors des mises à mort et des combats face aux boss gigantesques), les prises au corps à corps… Bref, les similitudes entre les deux titres sont tellement évidentes que cela en deviendrait presque choquant. Pourtant, il serait dommage de cantonner ce Dante’s Inferno au rang de « pâle copie » et le soft dispose de quelques atouts de taille, à commencer par un background d’une richesse absolue et une ambiance sonore et esthétique qui pousse malgré tout à aller de l’avant, et mettre de côté ce léger goût amer de déjà vu dans le gameplay.
 
 
 
Impie ou Sacrée, chacun sa voie
Dans son périple, Dante aura la possibilité de frapper ses ennemis avec sa faux (unique arme durant toute l’aventure), mais aussi d’affaiblir ses assaillants avec la Croix Sacrée de Béatrice, sans oublier bien sûr quelques pouvoirs magiques à récupérer au fil de l’aventure, tout cela pouvant être upgradé grâce aux âmes récupérées sur le champ de bataille. Couloirs de l’Enfer obligent, Dante croisera au fil de son aventure de nombreux ennemis, que l’on aurait aimés un peu plus diversifiés d’ailleurs, mais aussi quelques âmes damnées qui ne cessent de se lamenter telles que Ponce Pilate, Francesca da Rimini et divers autres personnages historiques, les développeurs s’autorisant d’ailleurs ici quelques libertés vis à vis de La Divine Comédie. Ces âmes, Dante aura le choix de les absoudre ou au contraire de les punir violemment, sachant que chaque action orientera Dante vers la voie Sacrée ou la voie Impie, chacune permettant de jouir de capacités spéciales et autres sorts magiques au cours du jeu.
 
 
 
Une esthétique parfaite entachée d’une technique en demie teinte
D’un point de vue plus technique, le soft est absolument irréprochable en terme de frame rate, de fluidité ou même d’aliasing, mais l’on regrettera quand même des environnements un peu trop figés à notre goût, avec des textures pas toujours très détaillées même si certains passages se révèlent très réussis il faut le souligner. Ainsi, au gré de nos pérégrinations dans les différents cercles de l’Enfer, on peut constater l’excellent travail artistique réalisé par les studios de Visceral Games, qui offre une vision de l’Enfer particulièrement horrible et bien souvent malsaine. Certaines scènes du jeu mettent littéralement mal à l’aise et le jeu n’usurpe en rien sa classification +18. Une prouesse artistique indéniable donc, mais bridée par une légère faiblesse technique qui ne permet pas toujours de profiter comme il se devrait de cette descente aux Enfers. En revanche, l’ambiance sonore est juste parfaite, avec des effets sonores bien sentis, mais surtout des supplications et autres cris de douleurs incessants qui tournent tout autour de la pièce pour peu que l’on ait la bonne idée de disposer d’un système home cinéma. Le scénario se découvre au fil de l’aventure par le biais de flashbacks matérialisés par des séquences animées qui ne seront pas du goût de tout le monde c’est certain, mais qui restent originales malgré tout. Les doublages français ne sont pas une franche réussite, mais pas de quoi crier au scandale non plus.
 
 
 
Un ticket pour l’Enfer
La progression est relativement agréable dans l’ensemble, même si, contrairement à God of War pour ne citer que lui, une certaine monotonie finit irrémédiablement par s’installer. Là où le titre de Sony parvient à nous surprendre en permanence en variant les styles de jeu, les ennemis et les environnements, Dante’s Inferno se contente d’enchaîner les arènes de combat et quelques séquences de plateformes pas toujours très logiques dans leur approche, ni même jouables, la faute à une rigidité de gameplay assez conséquente. Il ne faut rien attendre de très original du titre d’Electronic Arts, qui reprend à la lettre le gameplay de God of War (véridique !) et qui se contente finalement de transposer l’action en Enfer, via un background riche et passionnant toutefois, avec comme personnage central un Dante tourmenté (le même nom que le héros de la saga Devil May Cry d’ailleurs, un autre beat ’em all) qui manque malheureusement cruellement de charisme. Toutefois, malgré ses nombreux points faibles évidents, Dante’s Inferno se laisse jouer avec un certain plaisir, là où d’autres se savourent littéralement, procurant même chez certains un sentiment de jouissance extrême. Si si !
 
 
 
Un jeu agréable à jouer…mais qui reste loin de l’original
Attendu de pied ferme depuis son annonce, on aurait vraiment aimé pouvoir écrire que ce Dante’s Inferno est une incontestable réussite, tant sur le fond que sur la forme. Malheureusement, le titre pêche par un manque d’originalité flagrant en ce qui concerne son gameplay (on pourrait même parler de plagiat), et quelques défauts techniques (lacunes graphiques, personnage sans âme, ennemis redondants…) qui limitent quelque peu une immersion que l’on aurait souhaitée totale. Reste un background riche et passionnant pour qui apprécie un tant soit peu La Divine Comédie et quelques jolies phases d’action, mais il lui manque ce quelque chose qui ferait littéralement décoller l’aventure, ainsi que l’enthousiasme du joueur. Reste une formule efficace, qui a fait ses preuves, et qui occupera les joueurs un minimum conciliants pendant une bonne dizaine d’heures, de quoi se remettre dans le bain (de sang) en attendant la sortie de God of War 3 le mois prochain.
 
Dossier réalisé à partir d’une version éditeur PlayStation 3
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