Test Final Fantasy XIII, un opus de malheur ?

Test Final Fantasy XIII, un opus de malheur ?

Le treizième opus de la saga culte Final Fantasy est disponible depuis quelques semaines sur Playstation 3 et Xbox 360. Pour l’occasion, la série a cédé à l’appel de la haute définition et se pare de nombreux changements. Pour le meilleur ou pour le pire ?

Publié le 10 avril 2010 - 14:57 par La rédaction

Final Fantasy XIII s’ouvre à la HD

Pour sa première apparition dans le monde de la haute définition (si l’on écarte Final Fantasy XI Online paru sur Xbox 360), la saga culte de Square-Enix a décidé de rompre littéralement avec les codes du RPG traditionnel. La trame se déroule dans un monde futuriste, dans lequel le gouvernement de Cocoon (une cité utopique où les humains vivent reclus, loin de Pulse, le bas monde abhorré et craint de tous…) n’hésite pas éliminer les individus jugés impurs, tout en traquant les L’cie, des citoyens choisis par une entité mystique, qui doivent mener à bien leur mission pour atteindre l’immortalité, au risque de se voir transformés en entités errantes. Le problème, c’est que la mission en question doit être découverte par l’individu portant la marque du L’cie. Bien sûr, le (long) prologue de ce Final Fantasy XIII nous permet de découvrir les différents personnages du jeu (7 personnages principaux au total), à commencer par Lightning, une L’cie justement, qui, accompagnée par Shaz, un afro-américain adepte du revolver, va partir à la recherche de sa soeur, elle-même promise à Snow, un rebelle beau gosse, en partie responsable de la mort de la mère du jeune Hope, un autre personnage du jeu. Une histoire bien compliquée à assimiler de prime abord, illustrée par une tonne de cinématiques et autres cutscenes en début de jeu, et qui introduisent tant bien que mal une foule de nouveaux personnages, lieux et autres évènements. Bref, l’histoire de nos différents héros se recoupe constamment tôt ou tard dans le jeu, et c’est avec Lightning que l’on effectue ses premiers pas dans l’aventure.
 
 
 
Mode spectateur ON
Ceux qui avaient pu mettre la main sur la démo du jeu (contenue dans le Blu-Ray japonais de FF VII Advent Children) le savent, ce Final Fantasy XIII se veut radicalement différent de ses prédécesseurs. Lors des premières heures de l’aventure, la liberté d’action, facteur pourtant primordial dans un RPG, laisse sa place ici à une progression dirigiste, avec des couloirs bien souvent emplis de monstres et autres ennemis en tout genre à abattre, mais aucun PNJ à aller questionner, aucune ville à visiter, aucune énigme à résoudre… Bref, on se contente d’aller provoquer l’ennemi et d’enchaîner les combats, tout en assistant par moments à une cutscene ou une cinématique visant à nous en apprendre davantage sur ce monde aussi futuriste que mystérieux. Pour ne rien cacher, les premières heures passées en compagnie de ce Final Fantasy XIII procurent un sentiment de frustration terrifiant, puisque l’on a rapidement cette terrible sensation (avérée) d’évoluer dans des couloirs étriqués, vides de sens et de détails, et de ne pas gérer grand-chose lors des premiers combats, puisque l’on ne contrôle que le personnage principal lors d’attaques souvent menées par équipe de deux ou trois combattants…mais heureusement, l’aspect combat s’améliore considérablement par la suite.
 
 
 
Néanmoins, même si les premières heures sont scénaristiquement chaotiques et assez ennuyeuses à jouer, la technique de l’ensemble parvient à elle seule à forcer le joueur à avancer, ne serait-ce que pour admirer la beauté des environnements, la précision des visages des différents protagonistes, les cinématiques à couper le souffle, et tout cela en 1080p s’il vous plait. Une incontestable réussite sur le plan technique donc, mais également dans le fond, car même si l’ensemble met un peu de temps à se mettre en place, le soft est composé de deux mondes bien distincts (Cocoon, une cité renfermée sur elle-même, où modernité et technologie sont les maîtres mots, et Pulse, une planète abandonnée), ce qui permet d’offrir une trame relativement complète, complexe et intéressante, avec une tendance écologique assez prononcée par moments. Côté gameplay, le jeu se veut plus accessible que jamais, avec des phases de combat simplifiées pour les novices, et une ambiance située quelque part entre science-fiction et heroic-fantasy.
 
 
 
Un système de combat dynamique et stratégique
En effet, le nouveau Active Time Battle mis en place dans cet opus se veut un équilibre parfait entre action et stratégie. Chaque mouvement nécessitera un coût symbolisé par des barres disposées sur une jauge de temps, libre à vous donc d’opter pour des actions rapides, ou bien des attaques plus dévastatrices, mais nécessitant un temps de chargement plus long. A noter qu’en synchronisant correctement ses attaques, il est possible de placer l’adversaire en état de « choc », ce qui accroit considérablement les dégâts infligés pendant une courte période. On notera également la présence d’une fonction Auto Attaque, qui laisse donc au CPU le soin d’opter pour l’attaque (ou les attaques) de son choix, impeccable pour ceux qui auraient envie de progresser sans vraiment se prendre la tête. Les invocations (Odin, Shiva, Bahamut, Alexandre…) sont évidemment de la fête avec là encore une insertion quelque peu revue dans les combats, puisque l’invocation combat désormais de manière autonome à nos côtés. Des Stratégies peuvent également être mises en place, s’apparentant à des formations de combat préprogrammées, et modifiables en temps réel en cours de jeu pour s’adapter à la situation. Dans son groupe de trois combattants, le joueur ne contrôle que le personnage principal, et agit ainsi tel un metteur en scène. Les points d’expérience laissent pour leur part place à des points de Crystanium, qu’il conviendra de dépenser judicieusement dans le menu approprié (proche du système de Final Fantasy X) afin de faire grimper les capacités des différents protagonistes. Bref, un système de combat accessible à tous, qui s’étoffe considérablement au fil du jeu, et qui regorge de possibilités et autres astuces qu’il faudra exploiter pour venir à bout des ennemis les plus retors.
 
 
Un jeu à deux vitesses
On l’a dit, les amateurs d’exploration qui apprécient passer des heures à fouiller une ville, une caverne ou un désert de fond en comble seront sans doute lésés par le caractère très dirigiste de cet opus, dont la mise en scène l’emporte très largement sur le reste. Découpé en chapitres, le jeu est linéaire au possible, et les premières heures, particulièrement lourdes, rebuteront les moins patients. Square-Enix s’éloigne donc ici du concept même de « RPG », même si tout cela tend radicalement à changer une fois arrivé sur Pulse. En effet, on découvre alors un monde plutôt immense, d’une beauté juste effarante, dans lequel il nous sera proposé de participer à diverses missions en tout genre, mais aussi de se mesurer à la faune locale, tantôt faiblarde, tantôt surpuissante. On retrouve alors un peu plus cet esprit Final Fantasy auquel on aspirait, avec ses combats dantesques et sa progression passionnante, tout ce qui manque finalement à la première partie du soft, c’est-à-dire plusieurs heures de jeu tout de même. Bref, un parti pris étonnant de la part de Square-Enix, puisqu’il faudra en quelque sorte « endurer » une première partie longue et fastidieuse, pour avoir le droit de goûter enfin, au bout d’une bonne quinzaine d’heures de lutte contre un ennui palpable, à quelques moments de pure extase vidéoludique.
 
 
 
Le jeu grand spectacle par excellence ?
Final Fantasy XIII est donc un épisode qui tranchera au sein de la communauté Final Fantasy. En effet, il faudra passer outre les premières heures de jeu (comprenez entre 15 et 20 heures tout de même…) très dirigistes et linéaires (mais complètement rebutantes pour autant rassurez-vous…), pour avoir enfin droit d’aller faire un tour sur Pulse, où le jeu prend une tout autre tournure, nettement plus agréable à jouer et à explorer. Techniquement, le soft est une pure réussite du début à la fin, et ce, même si l’on pestera face à quelques animations douteuses et quelques autres aberrations, pourtant anecdotiques (comme voir son personnage courir contre un mur au lieu de s’arrêter…), mais que l’on aimerait ne plus voir aujourd’hui. Le système de combat est quant à lui bien plus poussé qu’il ne le laisse paraître de prime abord, mais l’ensemble manque globalement de variété et de lisibilité par moments, si bien que l’on ressent souvent cette désagréable sensation de n’être que spectateur, et non pas acteur à part entière. Un très bon jeu d’aventure donc, à côté duquel il serait dommage de passer, ne serait-ce que pour la somptuosité de l’ensemble, mais dont l’orientation très grand public et cette première partie horriblement dirigiste en déstabiliseront plus d’un.
 
Dossier réalisé à partir d’une version éditeur Playstation 3
NB : La version Playstation 3 est proposée sur un Blu-Ray Disc, la version Xbox 360 tient pour sa part sur 3 DVD.
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