Test Alan Wake, le thriller psychologique de la Xbox 360

Test Alan Wake, le thriller psychologique de la Xbox 360

Disponible depuis quelques semaines maintenant, exclusivement sur la console de Microsoft, Alan Wake se veut un véritable thriller psychologique, plongeant le joueur dans une ambiance sombre, prenante et résolument inquiétante.

Publié le 14 juin 2010 - 16:51 par La rédaction

La gestation d’Alan Wake a débuté en mai 2005 et a subi de nombreux rebondissements, si bien que quelques inquiétudes quant à la qualité du jeu final planaient dangereusement au-dessus du soft des créateurs de Max Payne. Cinq années de développement ont donc été nécessaires pour élaborer ce thriller psychologique qui nous place dans la peau d’un écrivain en proie au syndrome de la page blanche, qui décide d’aller chercher l’inspiration du côté de Bright Falls avec sa petite amie Alice. Rapidement, les affaires s’emballent et Alice vient à disparaître, enlevée vraisemblablement par une force mystérieuse. Débute alors une recherche qui va plonger Alan Wake, et le joueur, dans un déluge de tourments et de cauchemars…
 
 
 
Un thriller psychologique sur Xbox 360
Alan Wake mise énormément sur sa mise en scène, sans toutefois déborder de cinématiques toutes les cinq minutes. En effet, c’est par le biais de quelques flashbacks, pensées et autres rêves que le joueur va rapidement s’immiscer dans la vie de cet écrivain à l’esprit torturé, qui ne parvient pas toujours à discerner la réalité de ses visions cauchemardesques, ajoutant ainsi une tension permanente à l’ensemble de l’aventure. Le scénario du jeu est extrêmement travaillé, et l’on est plongé dès les premières minutes de jeu dans cette ambiance qui rappelle à la fois Heavy Rain pour la maîtrise du scénario, et Silent Hill pour les nombreuses virées nocturnes qu’il va falloir vivre. En effet, souvent armé d’un précieux tandem lampe torche/pistolet, Alan Wake se veut relativement sombre, et l’on passera énormément de temps à écumer les forêts, de nuit, à la recherche d’indices et autres lieux permettant d’en savoir un peu plus sur la disparition d’Alice. La lumière constitue un facteur essentiel du gameplay, puisqu’en plus d’éclairer ses pas, celle-ci permet de régénérer la santé de notre écrivain, mais aussi d’affaiblir les entités diaboliques qui en veulent à sa vie.
 
 
En véritable jeu d’aventure à la troisième personne, Alan Wake mélange enquête et phases de shoot, durant lesquelles il faudra bien souvent illuminer les ténébreux assaillants pour faire voler leur protection en éclat, avant de les achever à coups de revolver. Les développeurs ont instauré une ambiance visuelle particulièrement inquiétante, qui se retrouve sublimée par les design très mystérieux des ennemis, tout droit sortis d’un roman d’épouvante écrit par Alan Wake lui-même. De nombreuses pages du dit roman sont ainsi disséminées dans les décors du jeu, ce qui permet de découvrir quelques détails très intéressants quant à l’intrigue générale. Celle-ci est d’ailleurs divisée en épisodes (six au total), et le jeu propose même un petit résumé superbement mis en scène de l’épisode précédent, à l’image de certaines séries TV à succès. Immersion garantie là encore. L’ensemble est donc très torturé, et il est parfois difficile de savoir si l’on évolue dans un énième cauchemar, ou bien s’il s’agit de la triste réalité.
 
 
 
La lumière, source de puissance et de vie
Pour venir à bout de ses assaillants, Alan Wake utilisera donc une source de lumière, à savoir sa lampe en premier lieu, mais pourra également mettre la main sur des fusées éclairantes ou des torches, plus puissantes. Idem pour les armes. Les phases d’action sont relativement simples dans l’ensemble, voire même un peu répétitives à la longue, même s’il faudra parfois savoir habilement jongler entre esquives, attaques à base de lumière, coups de feu et rechargements pour terrasser un groupe d’ennemis un peu trop collants. Un gameplay plutôt classique dans l’ensemble, mais très efficace toutefois, qui ajoute également une touche de réalisme puisqu’Alan Wake est loin d’être un modèle de robustesse et de puissance, ce qui contribue efficacement à l’angoisse qui se dégage du titre. Parfois, les ténèbres sembleront littéralement se déchaîner sur notre héros, mais nous vous laisserons bien sûr le plaisir de la découverte.
 
 
 
Un peu juste techniquement
Techniquement, le soft n’est pas d’une beauté renversante (notamment en ce qui concerne la modélisation des visages), mais parvient à poser une atmosphère pesante et assez unique en son genre. Les effets sont très réussis, et parcourir une forêt de nuit tout en perçant la brume avec sa lampe torche n’a jamais semblé aussi réaliste et effrayant à la fois. Le son n’est pas en reste, avec des dialogues bien inspirés, un doublage impeccable et des bruitages qui font froid dans le dos, surtout si l’on dispose d’un ensemble surround. Certains noteront quelques faiblesses techniques par endroits, une compression pas toujours exemplaire (notamment les cutscenes….), mais l’ambiance horrifique instaurée par le titre est indéniable et procure de véritables sensations d’angoisse, si bien que certains baisseront à coup sûr le volume sonore. Une atmosphère unique et soutenue par un scénario efficace donc, qui nous place dans la peau d’un héros « ordinaire », souvent désemparé et sans défense face à l’acharnement des éléments et des ténèbres.
Verdict
Cinq années séparent l’annonce et la sortie en boutiques de cet Alan Wake sur Xbox 360. Un temps de développement qui se ressent quelque peu d’un point de vue technique, mais le scénario, l’ambiance et la mise en scène ont de leur côté pu bénéficier d’un soin que très peu de titres peuvent se targuer de proposer. Complexe, déroutant, audacieux et passionnant, ce thriller psychologique est une véritable réussite, et se vit comme une excellente série américaine, malgré un côté un peu linéaire par moments. La durée de vie s’élève à une dizaine d’heures, avec la possibilité de rejouer chaque chapitre de manière indépendante une fois terminé. A noter que de nouveaux épisodes seront proposés via Xbox Live, de quoi prolonger encore un peu les mésaventures de cet écrivain résolument pas comme les autres. A essayer absolument.
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