Test Crackdown 2, retour (mitigé) à Pacific City sur Xbox 360

Test Crackdown 2, retour (mitigé) à Pacific City sur Xbox 360

Un peu plus de trois ans après la parution du premier opus, Crackdown 2 nous propose d’enfiler à nouveau notre tenue de pacificateur, et revenir dans la ville de Pacific City. Mais cela en vaut-il réellement la peine ?

Publié le 12 juillet 2010 - 16:55 par La rédaction

Retour à Pacific City
Dix ans se sont écoulés depuis les évènements relatés dans le premier Crackdown, paru en février 2007 sur Xbox 360. Pacific City n’est désormais plus aux mains des gangs, mais d’une double menace, avec d’un côté une faction terroriste dénommée la Cellule, et de l’autre, des Freaks, des zombis aussi agressifs que dangereux qui ne sévissent que la nuit. Autant dire que les habitants ont du souci à se faire, et c’est évidemment au coeur de cette ambiance plus tendue que jamais qu’il va falloir opérer. Le jeu nous place toujours aux commandes d’un soldat de l’agence, qui verra ses capacités augmenter au fur et à mesure de l’aventure, jusqu’à pouvoir sauter de toits en toits en toute quiétude ou acquérir une force surhumaine. Une recette quasiment similaire à celle du premier opus finalement, qui a toutefois du mal à convaincre quelques 3 années plus tard…
 
 
 
Une concurrence (trop) rude ?
En effet, si le premier Crackdown avait su apporter un vent de fraîcheur et d’originalité à une Xbox 360 qui en avait cruellement besoin à l’époque, la donne a changé désormais, et nombreux sont les titres qui offrent une certaine liberté d’action : Just Cause 2, GTA IV, Prototype… Dans ce contexte, Crackdown 2 pouvait néanmoins compter sur la côte de popularité de son aîné pour susciter de l’intérêt chez les joueurs, et tous voyaient en ce second opus un possible hit estival pour la Xbox 360. Pourtant, dès les premiers instants de jeu, la curiosité laisse place à une certaine inquiétude. Le didacticiel laisse transparaître une réalisation datée, une maniabilité rigide et un sentiment de déjà vu (et revu) assez inquiétant pour la suite. Une fois la mise en bouche passée, nous voilà enfin lâchés dans Pacific City…et plus pour le pire que pour le meilleur…
 
 
 
Le même…en moins complet ??
Le jeu nous replonge donc dans la même ville que le précédent opus, avec toutefois une ambiance post-apocalyptique plus poussée, mais cela reste bien trop similaire à ce que nous avions déjà connu par le passé. De plus, le système de jeu a été revu puisque si divers gangs sévissaient jadis dans Pacific City, avec pour objectif de liquider le chef de chaque gang, tout cela est désormais révolu, et seuls les terroristes de la cellule et les Freaks tenteront de nous donner un peu de fil à retordre. Le système de jeu demandera ainsi uniquement de sécuriser des places fortes, et surtout activer des points stratégiques, qui permettront à l’Agence d’envoyer une cellule explosive qui fera le ménage dans les différents nids de Freaks dissimulés dans la ville. La progression est ainsi linéaire au possible, et le jeu ne dispose d’aucune bribe de scénario, si ce n’est la petite vidéo en début de jeu. Le joueur est laissé libre de ses mouvements, et décidera de lui même s’il préfère sécuriser les places fortes alentour, ou bien errer dans la ville, à la recherche des orbes de compétences.
 
 
 
En effet, à l’instar du premier opus, l’évolution du personnage est basée sur un système d’orbes à collecter. Si les orbes d’agilité sont disséminés un peu partout dans Pacific City, le fait d’utiliser sa force brute, les armes à feu, les explosifs ou encore les divers véhicules mis à disposition permettra de faire évoluer progressivement ces mêmes domaines de compétences. Notre agent bionique pourra ainsi sauter plus haut, courir plus vite, disposer d’armes plus puissantes, avoir accès à des véhicules plus avancées, soulever divers types d’objets… Néanmoins, si le premier épisode offrait de réelles évolutions de gameplay en fonction du niveau de son agent (notamment au niveau des véhicules, qui se transformaient littéralement sous nos yeux), ce second opus n’offre pas le même plaisir, et l’évolution du personnage se fait bien trop aisément et rapidement, si bien que cela en devient vite lassant à vrai dire…
 
 
Crackdown version 0.5 ?
Ce Crackdown 2 n’a donc pour l’heure pas grand chose pour séduire : réalisation datée, scénario inexistant, progression linéaire et simpliste… Tout cela sans oublier une maniabilité plus que rigide, avec notamment un personnage d’une lourdeur juste effarante, et qui rechigne parfois à s’accrocher à certaines bordures, ce qui s’avère particulièrement pénalisant lors de l’ascension d’immeubles, une pratique plus que fréquente ici. Mais l’un des soucis majeurs concerne le système de visée automatique, particulièrement frustrant. Ce dernier peine bien souvent à locker la cible désirée, et il arrive ainsi fréquemment que le système se focalise sur un ennemi, alors que l’on s’évertue à viser le bidon explosif à ses pieds. Rageant… On passera également sur l’IA presque inexistante des soldats de la Cellule, sans parler de celle des Freaks…
 
Toutefois, Crackdown 2 trouve un regain d’intérêt dans son mode multijoueur, qui permet à 4 agents de collaborer dans Pacific City, et à 16 joueurs de s’affronter sur des maps relativement classiques dans l’ensemble. Certes, le monde offert par Crackdown est relativement vaste, et la chasse aux orbes (dont quelques-uns particulièrement bien cachés) a ce petit quelque chose d’addictif qui pousse à avancer, mais l’ensemble est trop calqué sur le premier opus et les missions s’avèrent bien trop répétitives pour passionner le joueur plus de quelques heures à peine. On est bien loin de la richesse offerte par un GTA IV ou même un Red Dead Redemption, et Crackdown 2 peut se terminer en moins d’une dizaine d’heures, avec les statistiques de son personnage boostées au maximum qui plus est. Certes, il faudra bien plus de temps à qui souhaite récupérer tous les orbes du jeu, mais encore faut-il en avoir le courage…
 
 
 
Verdict
Ne le cachons pas, ce Crackdown 2 est une jolie déception, notamment au vu des qualités du premier opus et du potentiel dont recelait cette suite. Techniquement, le jeu est bien en deçà de ce que l’on était en droit d’espérer, et le gameplay est émaillé de soucis majeurs (lourdeur du personnage, système de visée hasardeux, système d’évolution des compétences bâclé…). L’ensemble est bien trop proche du premier opus pour susciter un quelconque intérêt de jeu, et seule la chasse aux orbes et le mode coopération à 4 joueurs pourra éventuellement relancer l’intérêt d’une campagne solo bien fade. On lui préférera le premier opus, moins cher, et nettement plus inspiré et mieux équilibré d’un point de vue gameplay.
 
Dossier réalisé à partir d’une version éditeur
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