Test Castlevania : Lords of Shadow PS3, la surprise de l'année ?

Test Castlevania : Lords of Shadow PS3, la surprise de l’année ?

Développé par le studio espagnol Mercury Steam, Castlevania : Lords of Shadow arrive enfin sur nos consoles HD, pour un résultat aussi surprenant qu’épatant. Chronique d’une chasse aux vampires inoubliable.

Publié le 18 octobre 2010 - 16:20 par La rédaction

La saga Castlevania a connu ses heures de gloire il y a déjà quelques années, notamment avec les opus Super Nintendo et surtout Playstation, avec un Symphony of the Night reconnu comme le meilleur opus de la saga par de nombreux fans. Un peu à l’instar de Sonic, la saga a par la suite eu du mal à négocier le virage de la 3D, et les opus Nintendo 64 ou même Playstation 2 n’ont pas laissé de traces dans les mémoires, si ce n’est quelques mauvais souvenirs. Après avoir brillamment redoré son blason via des opus DS très réussis, Castlevania tente une nouvelle percée dans le cruel monde de la 3D, avec ce Lords of Shadow. Développé par le jeune studio ibérique Mercury Steam, le titre avait de quoi faire frémir d’angoisse les fans, certains de voir à nouveau la série s’enliser, mais c’était sans compter sur le talent des développeurs espagnols et le soutien de Kojima Production (Metal Gear Solid), car oui, Castlevania Lords of Shadow est un excellent titre, et incontestablement la plus grosse surprise de cette année 2010.
 
 
 
Un pot pourri ?
Le jeu nous place dans la peau de Gabriel Belmont, bien décidé à venger la mort de sa bien-aimée en allant occire un par un, les différents seigneurs des ténèbres (les « Lords of Shadow » donc), quitte à mettre en péril la stabilité de l’humanité. Notre héros est armé non pas d’un fouet à proprement parler, arme caractéristique de la saga, mais d’une croix en quelque sorte extensible, dont l’utilisation à l’écran rappelle fortement un certain God of War. En effet, les tout premiers instants passés en compagnie de ce Castlevania semblent presque familiers, puisque le titre reprend de nombreux éléments déjà employés dans de précédents titres, et l’on peut ainsi citer comme sources d’inspiration, God of War, Devil May Cry, Shadow of the Colossus, Prince of Persia ou encore Onimusha. Les premiers pas sont également relativement déstabilisants, la faute à une progression hachée, et des chapitres terriblement courts parfois, qui finissent même par frustrer le joueur. Il faudra donc progresser un peu dans le scénario, et c’est au bout de quelques chapitres que le jeu commence littéralement à décoller…et à en mettre plein la vue, même aux joueurs les plus sceptiques.
 
 
 
Un système de combat plus complexe qu’il n’y parait
En effet, en l’état, le jeu n’a rien de foncièrement original, et le système de combat ressemble à un mix entre God of War pour les système de combo et l’arme utilisée et Devil May Cry pour les soucis de caméra (caméra fixe oblige). L’environnement fleure également le déjà-vu en début de parcours, et la réalisation est de bonne facture, mais pas de quoi fouetter un chat. Mais l’une des grandes forces de ce Castlevania Lords of Shadow, c’est incontestablement sa progression scénaristique et l’évolution du personnage et du level design. Le système de combat va ainsi largement s’étoffer au fil des heures, avec des combos à débloquer en fin de stage, mais aussi avec l’introduction d’un système de magie (la magie de lumière d’un côté et la magie de l’ombre de l’autre), avec lesquelles il faudra savoir jongler intelligemment.
 
 
 
En effet, si la première permet de redonner quelques points de vie à Gabriel lorsqu’il frappe ses ennemis avec sa croix baignée de magie de lumière, la seconde offrira une puissance décuplée, mais toutes deux disposent d’une utilisation limitée. Si des fontaines disposées ici et là permettent de recharger les deux jauges, il faudra également savoir se battre avec classe pour remplir une jauge de concentration, ce qui aura pour effet de libérer des orbes d’énergie à chaque coup donné, et le joueur n’aura alors plus qu’à décider d’absorber l’orbe et remplir sa jauge de magie ou d’ombre (en cliquant sur le stick gauche pour la première et le stick droit pour la seconde). De plus, des armes de jet sont également utilisables, tels que des poignards, des fées ou encore de l’eau bénite, sans oublier un cristal noir qui évoque un allié puissant et utile, notamment face aux boss.
 
Une direction artistique parfaite, une progression grandiose
Car oui, le jeu nous proposera évidemment quelques affrontements épiques, face à des boss de la taille d’un immeuble parfois. Le choc visuel est absolument grandiose, et l’on se prend souvent à admirer la scène, avant d’aller occire l’ennemi. Car Castlevania brille également par la diversité des lieux visités (forêt brumeuse, montagnes enneigées, château, marais…) et un level design impeccable, à tomber par terre par moments. La direction artistique est juste parfaite, et certains angles de caméra laissent entrevoir un décor d’une beauté à couper le souffle. Le bestiaire est du même acabit, et la première rencontre avec les vampires (au bout de quelques heures de jeu) est un moment d’une rare intensité, tout comme le périple au coeur du territoire des Lycans. Le tout est soutenu par une bande sonore de tout premier ordre, et Castlevania parvient à casser le côté répétitif souvent inéluctable du genre beat’em all, de par cette progression constante à tous les niveaux, si bien que chaque niveau devient synonyme de nouvelle claque (tant au niveau visuel, que du son ou du scénario) infligée au visage du joueur…qui en redemandera !
 
 
 
Le jeu est découpé en chapitres, et il est bien sûr possible de revenir dans un chapitre précédent, pour aller y étrenner ses nouvelles capacités fraîchement acquises, et tenter de récupérer un bonus oublié lors du premier passage. En effet, comme c’était le cas auparavant dans Castlevania, notre héros développera ses capacités au fil de l’aventure, et il pourra ainsi briser des murs, faire tomber des statues ou encore effectuer un double saut. Il sera alors possible (et recommandé) de revenir dans les niveaux précédents pour y récupérer divers bonus et notamment des orbes de vie, qui augmenteront la jauge du vie du héros au bout d’un certain temps, mais aussi des orbes de lumière et d’ombre, qui iront eux aussi booster les jauges de magie. Ainsi, il n’est pas rare de venir à bout d’un chapitre en ayant l’impression d’avoir tout visité des lieux, et se voir affubler d’un terrible 30% ou même 20% de complétion.
 
 
 
Et 15 heures de plaisir, minimum…
A noter que le jeu propose également de résoudre quelques énigmes par moments, pas de quoi triturer les méninges non plus, mais parfaites pour éviter là encore la monotonie inhérente au genre. Quelques séquences en QTE sont également de la fête, et le scénario (bien qu’un peu long à se mettre en place) force le respect et l’admiration. Enfin, cerise sur le gâteau, Castlevania Lords of Shadow pousse même le vice à se parer d’une durée de vie plus qu’honorable, puisqu’il faut compter environ 15 heures pour voir le bout de l’aventure. Ceux qui partiront en quête des bonus à récupérer peuvent allègrement doubler ce chiffre. Monstrueux, là encore.
 
 
 
Verdict
Inutile de s’étaler davantage, Castlevania Lords of Shadow est une incontestable réussite, et les réserves que l’on peut émettre en début de partie sont littéralement balayées au bout de quelques chapitres seulement, grâce à une progression impeccable, un gameplay nerveux et complexe, un level design parfait, une réalisation au top et un univers absolument enchanteur. Certes, le titre de Konami n’est pas exempt de défauts (frame rate instable, imprécision au niveau des sauts, manque d’originalité…) et certains pesteront face à un manque d’identité et un opus moins respectueux des codes de la saga. Certes, il s’inspire ouvertement de nombreuses références, mais le résultat est tellement bluffant, tellement jouissif, que l’on ne peut que s’incliner devant une telle profondeur de jeu. Varié, long, beau, prenant et doté d’une atmosphère unique, Castlevania Lords of Shadow est assurément la plus grosse surprise vidéoludique de l’année, et accessoirement l’un des plus grands jeux d’action de cette génération, excusez du peu.

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