La fonction photo HDR One Shot de DxO OPtics Pro V6.5 : le test

La fonction photo HDR One Shot de DxO OPtics Pro V6.5 : le test

DxO Optics Pro V6.5 permet, depuis deux jours, de créer des photos HDR « One Shot », c’est à dire transformer une photo classique en une photo à dynamique étendue avec un simple pré-réglage. Nous avons mis DxO Optics pro à l’épreuve.

Publié le 11 novembre 2010 - 10:06 par La rédaction

DxO mis à jour en version 6.5, nous avons désormais accès aux préréglages HDR One Shot. Derrière cet anglicisme se cache un traitement d’une photo qui simule un rendu HDR, sans devoir prendre une succession de photos bracketées. Au passage, DxO, prompt à profiler les nouveaux reflex et objectifs, intègre déjà le Nikon D3100 que nous avons reçu pour test. Voilà qui tombe bien puisque c’est lui qui a pris les principaux clichés de cette prise en main de la fonction HDR « One Shot » de DxO Optics Pro V6.5.


Nikon D3100, F/7,1 – 1/320s à 100 ISO

Sur cette photo-test prise avec la cellule de mesure de l’exposition matricielle du Nikon D3100, en NEF, le fichier d’origine a réalisé une balance assez équilibrée entre le ciel et le premier plan, bien plus sombre. Vue la dynamique de la scène, le premier plan est sous-exposé ce qui est normal. C’est là que le HDR « One Shot » qui a fait son apparition sur la version 6.5 de DxO Optics Pro rendra de fiers services et un de ses atouts sera de pouvoir récupérer une photo a posteriori sans l’avoir pensé en HDR à la prise de vue (prise de vue multiple en bracketing de l’exposition).


La même photo traitée par DxO en HDR rendu naturel à partir du RAW ci-dessus.

Naturel, voici le rendu que nous souhaitions pour notre image : retrouver ce que nous voyions avec nos yeux lors de la prise de vue et que le capteur (si bon soit-il…) du D3100 n’a pu coucher sur ses circuits du fait d’une amplitude de tonalités trop importante. C’est réussi : pas d’effet HDR gaguesque, pas d’effet artificiel, de couleurs trop accentuées, de texture exagérément détaillée. L’examen de passage s’annonce plutôt bien.

Même scène prise en sous-exposition (-2EV)

Avec cet essai réalisé à partir d’une photo sous-exposée à -2EV (initialement prévue pour faire partie d’une série HDR de 3 images en braketing prises avec le Nikon D3100), nous avons pu sauvegarder le bleu du ciel et la matière des nuages, mais le premier plan est complètement sous-exposé. Laissons DxO faire le reste…

Séduisant, non ? On remarque sur cette photo traitée avec le preset « HDR naturel / RAW uniquement, l’excellent travail opéré par l’intelligence de DxO dont le résultat final s’approche du miracle… En effet, pour éclaircir le premier plan sans déboucher sur une montée du bruit monstrueuse, le logiciel fait appel à son algorithme de traitement du bruit qui est de loin le plus performant du marché. Ainsi, les couleurs d’origine de la zone sombre sont restituées sans grosse distorsion, le bruit de banding est indécelable. On comprend pourquoi DxO a absolument besoin du fichier RAW non développé pour tirer autant d’information de la zone sous-exposée, chose impossible à faire avec un JPEG. Etrangement, le logiciel a éclairci la zone du ciel qui perd un peu de saturation de son bleu azur d’origine. Ici, nous avons laissé DxO gérer lui-même la réduction du bruit. Au final, le résultat est très proche de la photo non sous-exposée traitée en HDR.

Nous avons réalisé un autre essai sur la même photo prise en
surexposition de +2V et dans cette situation, DxO s’en sort moins bien.
C’est logique vu que le logiciel compte plus sur le rétablissement des
zones sombres (DxO lighting) que sur la récupération des hautes lumières
qui pourtant, comportent plus de données de l’image que les zones
sombres. Notre conseil sera donc de suivre le posemètre de votre appareil à la prise de vue ou de sous exposer d’un diaph.

Autre gros atout de DxO en photo HDR de paysage ou d’architecture : la correction de la distorsion intégrée au logiciel. C’est d’ailleurs le fonds de commerce du logiciel avec les autres corrections automatiques des défauts optiques des objectifs comme l’aberration chromatique ou le vignetage.

Photo originale.


Avec DxO HDR One Shot en mode « Naturel ».


Photo HDR résultante de 3 expositions compilées avec HDR Efex Pro de Nik Software.

ici, nous avons réalisé une photo HDR avec le preset « naturel » du plug-in Photoshop HDR Efex pro de Nik Software à partir de trois photos prises en braketing de -2EV à +2EV. Si le logiciel tire plus parti des informations sur la zone du plancher de la photo à +2EV (sur laquelle il est assez bien exposé), le rendu est au final un peu plus artificiel et la couleur d’origine peu respectée. Nous aurions pu « fignoler » cela avec les corrections localisées autorisées par les fameux U-Points de Nik Software qui prennent tout leur sens dans cette solution HDR (cf notre prise en main de HDR Efex pro). Hélas, une fois de retour dans Photoshop, le plug-in nous laisse avec une photo qui souffre d’une forte distorsion (Canon EOS 5D MKII avec objectif Canon EF 17-40mm F/4 L IS USM). Photoshop CS5 ne reconnaîtra pas l’objectif utilisé sur cette photo assemblée avec son filtre de correction de l’objectif. Même en forçant le choix de l’appareil et de l’optique dont le profil existe dans CS5, Photoshop ne corrige pas la photo qui reste déformée par cette impressionnante distorsion en barillet. Voici un point sur lequel DxO conforte son avance. (Il aurait fallu utiliser HDR Efex Pro en plug-in sous Lightroom 3 en ayant au préalable validé les corrections des défauts optiques des objectifs).

Photo d’origine, -1EV par rapport à la mesure évaluative du D300.

Sur cette photo prise avec le Nikon D300 à 100 ISO (F/8 – 1/400s) avec une correction d’exposition de -1EV afin de préserver les détails du ciel en assombrissant volontairement l’arrière-plan, DxO apprécie cette démarche qui lui laisse une bonne latitude de traitement pour rehausser les zones sombres.

Joli travail ! Cette photo a été traitée avec le preset « Naturel / RAW » de DxO. A partir d’une photo sous ex à -1EV, c’est là que DxO semble le mieux s’en tirer pour la photo HDR One shot. On regrette juste que certains tons moyens à clairs comme le bleu du ciel soient eux aussi éclaircis ce qui fait perdre du peps à la photo. Le rouge du coussin avait été sursaturé par la solution Nik Software quand DxO laisse le rouge d’origine sur une note plus naturelle. Cela laisse présager le meilleur pour le plug-in HDR pour DxO Optics Pro qui doit sortir dans un mois tout juste.

Alors, le HDR « One Shot » par DxO, on adopte ?
Nous étions pour le moins circonspects à l’annonce de l’arrivée de cette nouvelle fonction HDR One Shot sur DxO V6.5 mais dans la pratique, il faut bien avouer que les résultats obtenus surpassent nos espérances et voilà un atout qui devrait rendre de nombreux services aux personnels des agences immobilières, aux photographes sd’architecture qui, par définition, capturant intérieur / extérieur, photographient des scènes extrêmement contrastées. Ensuite, le photographe en voyage pourra récupérer certaines photos grâce à cette technologie s’il a bien pris la précaution de photographier en RAW, le seul format qui donnera assez de latitude à DxO pour exploiter plus finement les hautes et basses lumières. Si nous pouvons d’ailleurs donner un conseil aux HDRistes qui souhaitent utiliser ce HDR One Shot : souexposer d’un EV la photo pour conserver l’information dans les hautes lumières sans noyer les basses lumières dans le noir et bien laisser DxO gérer la réduction du bruit.

Nous avons aimé :
– la simplicité du traitement
– l’efficacité du procédé
– la possibilité de faire du « HDR » sur des photos d’action (impossibles à capturer en braketing)
– la possibilité de récupérer les photos trop contrastées
– la finesse du preset « naturel / RAW » qui restitue ce que l’oeil percevait lors de la prise de vue
– le fait de bénéficier des corrections optiques en plus du rendu HDR

Nous aurions aimé :

– que DxO traite l’image moins globalement (a illuminé des ciels, lessivant un peu trop le bleu)
– que DxO laisse la main à l’utilisateur sur plus de critères HDR
– que DxO prévoit un curseur permettant de décider de l’intensité de l’effet HDR

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