Test Gran Turismo 5, entre plaisir et frustration ?

Test Gran Turismo 5, entre plaisir et frustration ?

Maintes fois repoussée, la simulation automobile la plus attendue de ces dernières années est enfin disponible sur Playstation 3. Retrouvez notre verdict complet concernant Gran Turismo 5.

Publié le 13 décembre 2010 - 15:04 par La rédaction

Initiée sur Playstation, la saga Gran Turismo s’est très rapidement imposée comme un standard du genre automobile sur consoles, avec une approche réaliste de la conduite, un souci du détail sans pareil, du contenu à profusion et une profondeur de jeu exemplaire. Mais après un troisième opus exceptionnel sur Playstation 3, la série a commencé à accumuler les retards, avec notamment un Gran Turismo 4 qui aura pris son temps (trop d’ailleurs) avant de sortir sur Playstation 2, puis une version PSP, sortie simultanément avec la PSP Go mais qui aura déçu bon nombre d’amateurs,  faute à une progression presque anecdotique. En gestation depuis 5 ans, Gran Turismo 5 a donc lui aussi subi son lot de retards, et Sony avait (comme pour GT4 à l’époque) proposé une version Prologue, pour permettre aux plus pressés de jauger des nouveautés attendues dans la version finale. Après de nombreux reports, voilà enfin Gran Turismo 5 disponible en boutiques depuis le 24 novembre, et quelques jours auparavant au sein de notre rédaction. Le temps pour nous de décortiquer comme il se doit les modes A-Spec et B-Spec, sans oublier le mode en ligne, pour vous proposer ce verdict sans concessions.
 
 
 
Entre euphorie et doute
Attendu au tournant, Gran Turismo 5 se devait de proposer l’expérience ultime en matière de course automobile sur Playstation 3, et les premiers tours de roue effectués en mode Arcade sont relativement agréables avouons-le, mais pas vraiment du niveau escompté. L’ensemble est très agréable à regarder, les véhicules sont parfaitement modélisés, la sensation de grip est bien là, mais on constate immédiatement de vilains effets de tearing (coupures au niveau de l’image) et un manque de vie dans les décors, là où Gran Turismo 3 nous émerveillait notamment dans Deep Forest et la lumière tamisée par les arbres. Bref, on comprend rapidement que non, Gran Turismo 5 ne nous infligera pas la claque escomptée, celle que l’on aurait tellement appréciée recevoir en plein visage. Outre le mode Arcade, qui permet de s’essayer à diverses courses en solo ou avec un ami, Gran Turismo 5 propose évidemment un mode GT Life, qui promet quelques dizaines d’heures de jeu.
 
 
 
Comme à l’accoutumée, Gran Turismo 5 propose en premier lieu d’acquérir une voiture avec les quelques deniers fournis au départ, et il faudra donc se rabattre irrémédiablement sur un modèle d’occasion. En effet, si les concessionnaires (Ferrari, Lamborghini, Ford, Fiat, Renault, Peugeot, Lotus…) proposent des voitures neuves, ces dernières se révèlent bien trop onéreuses en début de parcours. Une fois les permis passés (contenant chacun 10 épreuves à accomplir), il est possible d’opter pour la course de son choix via les 6 catégories proposées. Bien sûr, toutes ne sont pas accessibles dès le départ, et il faudra faire monter son pilote en grade pour s’ouvrir les portes des compétitions les plus glorieuses. De même, certaines courses requièrent un véhicule en particulier, sans oublier les évènements de Rally, Nascar et Karting. A ce titre, les Evenements Spéciaux sont incontestablement les épreuves les plus réussies, avec des courses de Karting sympathiques, du Nascar pour les passionnés, un défi AMG sensationnel, sans oublier les défis Sébastien Loeb et Sébastian Vettel. Pour le reste, on retrouve des épreuves plutôt classiques, et généralement en 3 ou 5 tours…
 
 
 
Entre incohérences et aberrations…
En effet, l’immense majorité des épreuves de Gran Turismo 5 se font en 3 ou 5 tours…de quoi inciter au pilotage sauvage en bousculant ses adversaires, et pas vraiment de quoi voir ses pneus s’user ou même sa jauge d’essence chuter. Paradoxal pour un jeu qui se veut « The Real Driving Simulator » ! Et malheureusement, ces incohérences s’accumulent au gré des compétitions, et l’on s’étonne de pouvoir terminer une course de karting en marche arrière, tirer le frein à main (en kart toujours), apposer une puce électronique de compétition à un modèle des années 70, constater les aberrations des adversaires… A ce titre, le niveau de difficulté est relativement ridicule puisqu’il est possible de prendre la première place d’une course au bout de 3 ou 4 virages à peine, et terminer premier avec une avance de plusieurs dizaines de secondes sur le second… Mais la plus grosse aberration de ce GT5 réside sans doute dans la répartition des véhicules, avec des modèles dits Standard et d’autres Premium. Si les seconds bénéficient d’une modélisation impeccable, d’une vue intérieure et des dégâts, les premiers se révèlent parfois sortis tout droit de GT4, avec un rehaussement HD, et ne bénéficient d’aucune vue intérieure et d’une gestion des dégâts plus que minimaliste. Un contraste énorme entre les deux classes de véhicules, d’autant plus flagrant que les voitures Standard et Premium sont fréquemment amenées à courir ensemble… Certes, c’est sûrement le prix à payer pour bénéficier de plus de 1000 voitures dans le jeu, mais les joueurs n’auraient-ils pas préféré bénéficier de 300 bolides Premium en tout et pour tout, plutôt que de 1000 voitures dont 80% ne seront jamais utilisées ? De même, il est absurde de voir que certains véhicules (Yaris, Fiat 500…) ont bénéficié du soin Premium, tandis que d’autres (Bugatti Veyron, Lancia Delta Rally Car, Minolta…) sont classés en Standard. Une incohérence de plus, sans compter l’absence notable de Porsche…au profit de RUF, mais en Standard….
 
 
 
Entre plaisir et frustration
Attention toutefois, malgré son lot d’incohérences, Gran Turismo 5 se classe aisément parmi les meilleurs titres disponibles à l’heure actuelle, et certaines courses sont d’une intensité et d’une beauté à tomber à la renverse. Il suffit par exemple de laisser le jeu en Démo pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Mais à trop vouloir en faire, il semblerait que Polyphony Digital ait oublié de finaliser certaines choses. De même, l’interface est relativement « lourdingue », les chargements sont ultra fréquents (malgré une installation de 7 Go tout de même…) et l’on sent bien trop fréquemment ce contraste graphique qui existe entre certains circuits, à l’instar des véhicules Standard/Premium. On notera au passage l’arrivée de la pluie (sur certains circuits seulement…), et de la neige en Rally, mais le rendu des deux est assez décevant (il suffit de comparer avec l’effet de pluie de F1 2010…), et fait même ressortir une vilaine pixellisation à l’arrière des véhicules… De même, les dégâts font leur grande entrée dans le monde de Gran Turismo 5…mais autant dire qu’il va falloir taper fort et souvent pour voir sa voiture se déformer, ou perdre un élément de carrosserie.
 
 
 
Les petits défauts sont légion dans ce Gran Turismo 5, et pourtant, grâce à un gameplay accrocheur et une réalisation globale aguicheuse (la réverbération du soleil sur piste humide, ou l’effet d’éblouissement en sortie de tunnel sont sublimes par exemple), le jeu parvient à tenir le joueur en haleine. Sans jamais faire abstraction des incohérences et autres aberrations, on prend du plaisir à enchaîner les tours de piste et évoluer dans le mode A-Spec ou en Arcade. Le B-Spec propose de son côté de gérer un ou plusieurs pilotes, et de n’être que spectateur des courses… Ennuyeux dès la première seconde donc, bien que le fait que l’intégrer au mode A-Spec eut sans doute été nettement plus intéressant, ne serait-ce pour les courses d’endurance, qui demandent de jouer pendant 24 heures consécutivement. Un éditeur de circuits est également de la fête, mais celui-là ne permet que de générer des circuits de manière quasi-aléatoire…aucun intérêt. Enfin, le mode Online fait également le minimum, avec la possibilité de faire des courses entre amis, mais sans aucun gain à la clé en terme d’expérience ou de crédit. De même, impossible de comparer ses temps au tour avec le reste du monde, la fonction est tout simplement absente alors qu’elle était implémentée dans Gran Turismo 5 Prologue…. Non vraiment, même si le plaisir de conduite est là, on ne peut que se demander en permanence comment ont été utilisées les 5 années de développement qu’a nécessité ce Gran Turismo 5…
 
 
 
Les Plus :
– Des sensations de conduite au top
– Les voitures Premium magnifiques
– Quelques environnements à couper le souffle, et en Full HD à 60 images/seconde !
– Les Evenements Spéciaux
– Le nombre de circuits
– Les vues internes et les marques de pneu sur la piste
– Les replays toujours aussi jouissifs à regarder
– Un plaisir de conduite indéniable
– Quelques modèles historiques
– Le mode Photo, extraordinaire
Les Moins :
– Les multiples incohérences et aberrations en tout genre
– L’interface lourdingue
– La différence Premium/Standard
– Certains circuits bien fades (Trial Mountain…) et l’éditeur de circuits anecdotique
– 1000 voitures….pourquoi faire ?
– Quelques bugs, quelques effets ratés, du clipping, quelques ralentissements
– Le B-Spec, ou le comble de l’inutilité et de l’ennui
– La très mauvaise répartition des crédits et de l’XP en A-Spec
– Le mode Online (pas de classement en ligne, impossibilité d’inviter des amis autrement qu’en passant par un code…)
– L’IA des adversaires…notamment vers la fin du mode A-Spec
– Où est Porsche ??
 
 
Verdict
Il y a énormément à reprocher à ce Gran Turismo 5, mais le jeu est sauvé par une conduite toujours aussi accrocheuse, une réalisation globale magnifique et un moteur physique impeccable qui permet de ressentir d’excellentes sensations une fois au volant. Pourtant, au fur et à mesure de la progression, les incohérences et autres aberrations s’enchainent, à commencer par ce clivage Standard/Premium absolument incompréhensible… De même, la météo n’apporte rien (si ce n’est un effet de pluie raté), idem pour les dégâts et le mode Online, que l’on aurait souhaité un minimum intégré au mode solo (impossible de comparer ses temps au tour avec la communauté par exemple). Gran Turismo 5 constitue cependant un fleuron du genre automobile sur consoles, mais également une véritable perle d’inégalité, tant du point de vue technique que dans ses modes de jeu, et les fans de la saga (dont nous faisons partie) seront tous aussi ravis que frustrés. A noter toutefois que de nombreux patches (3 sont déjà disponibles) devraient venir corriger le jeu dans les mois à venir.
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