"Canon n'a pas besoin d'une gamme de compacts à objectif interchangeable"

« Canon n’a pas besoin d’une gamme de compacts à objectif interchangeable »

Voici la déclaration choc du patron de Canon Consumer Image en Europe.

Publié le 21 mars 2011 - 14:39 par La rédaction

Rainer Fuehres laisse transpirer la confiance qu’a Canon au sujet de son avenir et des bouleversements annoncés par les promoteurs des compacts à objectifs interchangeables. En effet, dans une interview livrée au magazine photo britannique Amateur Photographer, le patron de la branche « consumer imaging » du groupe Canon en Europe dit que « Canon n’a pas besoin d’une gamme de compacts à objectif interchangeable ». Son argument ? Les fabricants qui se sont lancés dans l’aventure des compacts à objectif interchangeable, an Anglais, les « mirror less camera », reflex sans miroir, sont tous des acteurs du monde de la photo qui ont été tenus en échec sur le marché du reflex. En effet, face à Canon et Nikon, les reflex Olympus, enfermés dans le format 4:3, n’ont jamais réellement convaincu, Samsung, souffrant d’une image encore peu typée photo n’a pas pu imposer sa gamme de reflex GX issue d’un partenariat avec Pentax. De son côté, Panasonic, absent du marché, après une incursion sur le segment avec le L1, a choisi une nouvelle voie pour doper ses parts de marché en photographie.


Premier arrivé, premier servi, Panasonic a su imposer ses produits Micro 4:3 en Asie. Depuis notre test du Lumix GF1 avec son objectif 20mm F/1,7, c’est avec un pancake que nous apprécions le mieux le Micro 4:3.

Si le marché potentiel des appareils hybrides est important (la compacité et la simplicité sont sensés séduire tous les déçus des compacts qui ne veulent pour autant pas se lancer dans le reflex), on est loin, en Europe, du phénomène annoncé par les uns et les autres. Il faut dire qu’un Samsung NX11, un Panasonic GH2 et même un Sony NEX-5 avec un zoom, sont des appareils certes plus compacts qu’un reflex, mais encore trop encombrants pour séduire les foules. A nos yeux, seuls les modèles très compacts, comme les Sony NEX-5, Panasonic GH2, Samsung NX100 et Olympus Pen E-PL2 et accompagnés d’un objectif plat de type pancake donnent un ensemble de qualité pour un encombrement réellement réduit, mais alors, la focale fixe les réserve aux amateurs aguerris, les autres étant naturellement effrayés par l’absence de zoom alors que les compacts dépassent aujourd’hui 15x d’amplitude de focales.

Cette même réflexion mène Canon à envisager ce segment de marché sous un autre angle. Pour Rainer Fuehres, ce n’est pas l’absence de miroir sur un appareil qui est déterminante, mais de manière plus conceptuelle, seulement le fait de pouvoir, avec un système plus compact, réaliser des photos de qualité. Il précise « si Canon se lance sur ce marché,  j’espère que nous ne lancerons pas une copie de ce qui existe, mais que nous saisirons cette opportunité pour faire quelque chose de différent. Pour Canon, ce serait proposer un outil compact capable d’offrir une bonne qualité d’image en étant connecté. » Ces déclarations sont une première, Canon ayant toujours refusé de communiquer sa position sur le marché émergent du compact à objectif interchangeable même si on ne sait toujours pas si Canon a l’intention d’investir ce marché.


Un Samsung NX11 avec objectif 20-50mm non stabilisé… est-il suffisamment plus compact qu’un reflex entrée de gamme pour séduire plus qu’un Nikon D3100 avec 18-55mm VR ?

L’autre grand absent de ce segment est Nikon, qui, plus loquace sur le sujet, tout en restant assez flou, précise, comme Canon, vouloir l’aborder sous un angle différent de ce qui se fait actuellement, mais confirme, via son président en personne, en fin d’année dernière, penser lancer quelque chose dans les deux ans qui viennent.

La stratégie des fabricants d’appareils varie en fonction que l’on se place du côté asiatique où les compacts à objectif interchangeable rencontrent un réel succès ou du côté occidental où la part de marché de ces appareils reste anecdotique, bien que l’on en parle beaucoup. De même, la position sur le marché du reflex, que se partagent Canon et Nikon pour l’essentiel, n’est pas la même que celle de Panasonic, absent, ou d’Olympus qui était à la peine, avec le risque de voir les ventes de ses produits cannibalisés par ses autres produits.

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