Une vidéo intéressante pour ceux qui veulent s’équiper et pour les autres aussi !

Le choix du matériel photo est à la fois terriblement compliqué pour les novices, et intrinsèquement simple pour les pros. Car les « pros » gagnent leur vie avec leur matériel, et connaissent exactement les points essentiels et nécessaires qui leur permettront de capturer les images dans les meilleures conditions possibles. Les novices quant à eux, sont noyés dans un marché saturé rempli de niches, laissant le matériel dicter leurs envies de photos.

A7S_2Le Sony A7s, l’appareil photo sans miroir à capteur 24 x 36 mm capable d’atteindre 409 600 ISO

Jason Lanier a quitté Nikon pour Sony. Dans l’absolu, on se ficherait totalement de la vie de Jason Lanier. Mais sa décision mérite d’être étudiée, car il est intéressant de voir pourquoi un photographe pro a décidé d’abandonner le reflex au profit de l’hybride, puisque, malgré son comparatif entre Sony et Nikon, c’est réellement de ça dont il est question. Je vous laisse avec la vidéo (en anglais, les sous-titres sont disponibles) et je reviens dessus après.

Donc Jason Lanier a énuméré plusieurs points dans cette vidéo, points que nous allons détailler :

1) Prix : Jason compare le prix du Sony A7S au Nikon D4s, seul appareil selon lui, à atteindre une telle sensibilité avec la même qualité d’image. Et forcément, le D4s coûte trois fois le prix du Sony A7s…

2) Poids : il n’y a pas photo, les hybrides sont incroyablement plus légers que leurs équivalents reflex. Jason oppose le Sony A7s au Nikon D4S. Le Sony pèse 489 g (le plein fait), contre 1350 g pour le Nikon.

3) Viseur électronique : « tu vois exactement le résultat de l’image avant de déclencher, tu n’as pas besoin de vérifier l’image après, tu gagnes du temps. »

4) Focus peaking : au moment de déclencher, on sait exactement où est la zone nette. Même avec une ouverture à f/0.95 ! Alors que sur un reflex, en dessous de f/2.8, on ne distingue plus la différence de profondeur de champ (à moins de changer le verre de visée pour un verre de précision qui diminuera la luminosité du viseur.). Ajoutez également au focus peaking, l’exposition des zones en temps réel, qui permet de voir les endroits sous-exposés et surexposés. Cela permet de trancher, pour un portrait que l’on souhaite éclairci, ou une image que l’on veut plus sombre. Fini le calcul ou l’estimation, encore une fois, avant de déclencher, on sait exactement comment sera l’image. Et on n’a encore une fois plus besoin de vérifier l’image après capture.

5) Ecran orientable : Jason aime pouvoir shooter à bout de bras. Chose permise par l’A7s et impossible sur le D4s, mais on y reviendra.

6) Les cartes mémoires : selon Jason, si on prend des photos avec un D7100 et que l’on glisse la carte dans un D4S, on ne peut voir les raw capturés avec le D7100 sur le D4S. Je n’ai jamais eu ce souci avec un boîtier, mais je shoote en Raw+Jpeg.

7) Transfert vers son téléphone : en fait Jason remarque que le WiFi embarqué (et le NFC par la même occasion) permet de transférer les images sur son téléphone. Forcément, il aborde immédiatement l’aspect gadget, sauf qu’il ajoute une phrase vraie : « nous vivons dans les réseaux sociaux. » Instagram, Facebook, Google Drive, Cloud, Mail, … La liste est longue comme un jour sans pain, et pros comme passionnés ont besoin d’outils de partage simples et rapides. On s’affranchit du lecteur de cartes, de l’ordinateur, du processus qui engendre oubli et perte de photos.

8) Smart Remote : déclencher depuis son smartphone. C’est pour Jason, un moyen de capturer des images, sans la contrainte d’être derrière le boîtier.

9) La compatibilité avec les autres objets : selon Jason, les marques Canon et Nikon sont trop fermées. On ne peut utiliser que les accessoires et objectifs des marques pour une parfaite compatibilité. Avec Sony, il peut monter ce que bon lui semble, que ce soit des flashs ou des objectifs, moyennant des bagues. Mais la monture ultra courte du Sony autorise tous les objectifs imaginables. Dès lors, se procurer un vieux 50mm f/1.2 manuel pour pas trop cher permet d’en bénéficier sur son boîtier.

10) Expand Focus ou l’agrandissement du point : l’appareil effectue un agrandissement de l’image au moment de la mise au point, afin d’assurer la netteté. Associé au focus peaking, ce système permet des mises au point manuelles très précises dès la grande ouverture (comme vu précédemment, avec un éclairage très faible.

Voilà donc les dix raisons du switch de Jason Lanier de Nikon à Canon.

L’avis de la rédaction

Maintenant, pour les plus courageux et si le cœur vous en dit, voici une analyse rapide des 10 points abordés. Vous allez voir que certains sont légitimes, et d’autres beaucoup moins.
Jason compare le Sony A7S au Nikon D4s, mais il aurait dû, ou pu, le comparer au D750. Car c’est le boîtier qui s’en rapproche le plus. C’est ce que nous allons faire.

D750_24_85_SLup_frt-600x588

d750 vs a7s vs d4s dxoSelon DXO, en sensibilité, le Sony A7S explose tout, mais pour le reste, le Nikon D750 est intouchable, y compris face au D4s

1) Prix : Jason exagère. Le Nikon D4s est assez exclusif. Le Nikon D750, qui vient de sortir, se trouve à 2199€ en prix officiel. C’est 80€ de moins que le Sony A7s, qui de plus, souffre d’une distribution plutôt confidentielle. Et au passage, le D750 offre 24 megapixels contre 12 pour le Sony.

2) Le Poids : Le Sony A7S pèse 490 g, soit la moitié des 840 g du Nikon D750. Sur ce point, rien à dire, le Sony est clairement devant.

3) Viseur électronique : si nous pouvons reconnaître une chose au viseur optique, c’est son confort et le plaisir qu’il procure. Cela se traduit par une certaine façon de photographier. Mais les EVF (viseurs électroniques) ont incroyablement progressé. Ils sont lisibles, offre des grossissements supérieurs à 1x, un rafraichissement imperceptible et un rendu réaliste. Et là, Jason a raison : ils permettent de voir exactement ce que l’on photographie, même dans une quasi-obscurité. Aussi, la seule chose qu’il reste aux viseurs optiques est le plaisir. Ce même plaisir offert par les vieux appareils argentiques, ou par la visée télémétrique d’un Leica. Aussi, on peut aisément comprendre qu’un pro s’affranchisse d’un « petit plaisir » pour un gain de temps et d’efficacité.

evf exempleLes viseurs électroniques permettent de paramétrer totalement les données affichées, mais également d’afficher exactement l’image capturée, en tenant compte de l’exposition, de la profondeur de champs, mais également du rendu (noir et blanc, couleurs, etc)

4) Focus Peaking : Là encore, le focus peaking dans le viseur est un plus non négligeable. Allez faire une mise au point précise à f/1.2 en faible lumière avec un viseur optique… Et quand bien même vous choisissez d’utiliser l’autofocus, il mettra plus de temps à pomper, que vous  faire une mise au point manuelle avec focus peaking sur un viseur électronique. Moralité, ce que vous perdez en « plaisir » avec le viseur optique, vous le gagner dans la mise au point manuelle qui pour le coup, est rapide et fiable.

5) Ecran orientable : Le Nikon D750 propose cela également. Mais son autofocus en liveview n’est pas aussi rapide que celui du Sony (ce ne sont des propos donnés au hasard, puisque j’ai pu essayer les deux appareils).

D750_24_85_back34r_2-600x465

6) Les cartes mémoires : un faux problème.

7)  Transfert en WiFi avec le téléphone : Jason se trompe là encore, puisque le Nikon D750 embarque le WiFi. Sauf que c’est le premier Nikon semi-pro/pro à le faire. On comprend l’impatience de Jason à ce niveau, mais ce n’est plus un argument désormais chez Nikon.

8)  Smart Remote : il est également possible de déclencher depuis le Nikon D750.

9) Compatibilité : pour la compatibilité, il serait intéressant de rationaliser un peu. Qui va utiliser un flash Nikon avec un boîtier Sony ? De plus, les griffes flash de Nikon, Canon, mais également Pentax sont de type standard. Seule la mesure TTL ne sera pas gérée. Et j’irai même plus loin. Les flashs de type Cactus  KF36 sont 100% manuel. Ils sont compatibles tout boîtier équipé d’une griffe flash standard. Griffe qui au passage, a mis du temps à arriver sur les boîtiers Sony…
Enfin, concernant les flashs déportés, la limite de synchro flash est liée au rideau. Seul un obturateur central permet d’obtenir de réelles grandes vitesses. Des obturateurs que l’on trouve sur les boîtiers de type moyen format.

dicflacackf36_1

10) Expand Focus : certes c’est une fonction intéressante. Mais elle s’ajoute à l’exposition en temps réel et à l’EVF. Donc pour moi, pour tout le monde d’ailleurs, c’est un avantage supplémentaire du viseur électronique. Comme le focus peaking, ou encore l’affichage des zones surexposées et sous-exposées. Car cette fonction existe sur tous les reflex en mode Liveview.

Bref, sur 10 points, 4 sont des faux problèmes, pro ou pas : l’écran orientable, les cartes mémoires, le prix, la compatibilité.

Ensuite,  3 points sont corrigés sur le Nikon D750 : le transfert via WiFi, l’écran orientable, et le contrôle à distance via WiFi.

Deux autres points concernent les avantages du viseur électronique : l’expand focus et la gestion du rendu en temps réel, avec surbrillance des zones cramées et bouchées. Et on ne peut qu’admettre qu’ils sont justes.

Enfin, il reste le poids et le focus peaking. Arguments contre lesquels le Nikon D750 ne peut pas lutter.

 

Conclusion :

A7S_-_CX78500_wVX9111_image_3-1200-53429d446fb3f

On comprend ce qui a motivé Jason Lanier à passer sur Sony. Mais de là à autant dénigrer le reflex, c’est un peu trop. Car il y a bien un point sur lequel Jason ne s’est pas attardé : l’autonomie ! Les bons viseurs électroniques sont très énergivores. Et le Sony A7s permet à peine 300 clichés, quand un D750, écran éteint, peut dépasser les 1200 photos et le D4s, plus de 3000. Et c’est un point essentiel.

En revanche, il est intéressant de voir la démarche du photographe pour l’acquisition du matériel. Ici, le boîtier n’est qu’un outil. Et il devrait être plus souvent considéré comme tel. Le meilleur appareil du monde n’est rien sans sujet, lumière et photographe. Dès lors, il vaut mieux choisir ce dont on a besoin pour être confortable, plutôt que ce qui a obtenu les meilleurs scores aux tests. Pour Jason, ce snt les A6000 et A7s de Sony. Un combo qui fonctionne bien, il faut l’avouer !

Source de la vidéo

10 Commentaires

  1. Je cite:
    « On comprend ce qui a motivé Jason Lanier à passer sur Sony. Mais de
    là à autant dénigrer le reflex, c’est un peu trop. Car il y a bien un
    point sur lequel Jason ne s’est pas attardé : l’autonomie ! Les bons
    viseurs électroniques sont très énergivores. Et le Sony A7s permet
    peine 300 clichés, quand un D750, écran éteint, peut dépasser les 1200
    photos et le D4s, plus de 3000. Et c’est un point essentiel. »

    C’est diablement exact.. mais çà aussi, finalement, c’est un faux problème : se procurer des batteries supplémentaires ne coute finalement pas bien cher, et mis-à-part quelques circonstances exceptionnelles, il faut moins de 15s pour en changer.. ce qui est vraiment rarement un handicap si on a su anticiper.

    Je ne suis personnellement pas sur A7s, mais sur A99, venant de Canon, et je comprends largement son argumentaire, qui plus est pour aller vers un boitier de taille aussi réduite.

    • Faux problème, ça dépend 🙂
      Sur un reportage de 15 jours sans possibilité de recharge, deux batteries de D4s assureront 6000 clichés. Il en faudrait 10 pour l’A7s. Mais en dehors de ce genre de cas particuliers, le Sony A7 (peu importe la version) est un appareil fantastique.

  2. Je croise beaucoup de photographes pros qui en ont marre du poids de leur reflex. J’ai eu aussi ce sentiment il y a quelques années quand je suis passé au Nex puis maintenant au A6000.

    Rien à voir mais je n’ai pas pu regarder la vidéo en entier sans un rechargement de la page. Pénible…

  3. Si il compare le Nikon D4 au Sony A7s c’est parce que le D4 a la qualité en haute sensibilité qui se rapproche le plus de celle du A7s, sans pour autant l’égaler. En comparent le Nikon D750 au Sony A7s l’écart de qualité en haute sensibilité se creuse encore plus.

    9) Compatibilité : La compatibilité des flash c’est une chose, celle des objectifs s’en est une autre.
    Exemples:
    -Vous faite du portrait vous voulez le meilleur objectif pour cette pratique, no problemo vous pouvez utiliser un « Zeiss Otus 85mm f/1.4 ».
    -Vous faite de la photo d’architecture, le « Canon TS-E 24mm f/3.5L II » sera excellent.
    -Vous avez toujours le 50mm f/1.2 qui était livré avec votre « Pentax LX millennium 2000 » et vous aimeriez l’utiliser avec un plein format numérique? c’est possible sur le Sony A7s.

    • C’est ridicule en effet car la vidéo est plus ancienne…je possède un Sony A65 et je pense acheter sous peu un A7…mais je trouve ça bien que cette comparaison est eu lieu et surtout qu’elle soit assez objective!

      Par contre la vidéo de monsieur Lanier est juste horrible on dirais de la vieille propagande…je comprend son switch, mais sa vidéo gluante…plus jamais ça!

  4. Sauf qu’on compare ici des boitiers équipés de plein format, donc comparer le A7s avec le D750 n’est pas complétement idiot, mais on peut comparer aussi le A7 qui lui a 24Mp et qui est en ce moment à environ 1000€ avec les D6xx ou D8xx, etc…le souci étant que le A7 est le seul hybride plein format, ça oblige à choisir forcément Sony si on veut ce type d’appareil.

    Comme toujours, c’est à l’utilisateur de connaitre ses besoins, et à lui de choisir quels avantages et contraintes il acceptera. Par contre, dans le 7), « Jason se trompe là encore »: FAUX! Jason ne peut pas s’être trompé sur ce point, puisque sa comparaison n’est pas avec le D750 mais le D4s, qui n’a effectivement ni le wifi, ni l’écran orientable.

  5. Le contre-argument de la capacité de la batterie est d’une bêtise rare. Quand on est capable de débourser des milliers d’euros en matériel, boitier et objectifs, on est capable de se prémunir de quelques batteries de rechange pour quelques centaines d’euros !
    Je ne suis cependant pas vraiment d’accord avec l’argument du « vol de matériel » de Jason Lannier. Je ne vois pas en quoi un Sony A7 II équipé d’un transtandard (ou plus gros) attirerait « moins » l’attention de voleurs qu’un 5D. Même équipé d’un petit 50mm, dans les 2 cas un voleur tout ce qu’il verra c’est un beau matériel qui semble avoir de la valeur ! Ici c’est plus une question de manque de chance qu’autre chose…
    Aussi, Jason Lannier semble ignorer l’argument principal avancé par les pro équipés en viseur optique traditionnel : ils connaissent leur métier, leur matériel, ils ont de l’expérience, de longues années de pratique derrière eux. Les pro savent l’incidence de la lumière dans chaque situation, ils savent faire un point précis à l’œil nu. Ils considèrent la visée élec comme un gadget, et leur argument est recevable !

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here