Test Bloodborne, l'exclusivité Playstation 4 qui fait (très) mal

Test Bloodborne, l’exclusivité Playstation 4 qui fait (très) mal

Disponible en exclusivité sur Playstation 4, Bloodborne est une expérience vidéoludique à ne pas rater, sous peine de passer à côté de l’un des jeux les plus marquants de ces dernières années. Explications.

Publié le 3 avril 2015 - 15:14 par Stéphane Ficca

Bloodborne, la grosse exclu qui tâche

Attendu de pied ferme, Bloodborne, des studios From Software, est enfin disponible sur Playstation 4. Exclusif à la console de Sony, le jeu se devait de taper fort, après un The Order 1886 moins spectaculaire qu’attendu (mais néanmoins très agréable). Développé par l’équipe à l’origine des très populaires (et très corsés) Dark Souls et Demon’s Souls sur Playstation 3 et Xbox 360, Bloodborne est une expérience absolument époustouflante, un jeu qui, malgré une difficulté déroutante, happe littéralement le joueur qui aura eu le malheur (ou plutôt le bonheur ici) de persévérer après quelques premières heures de jeu douloureuses.

BB Art

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En effet, ceux qui espéraient retrouver un beat’em all frénétique à la God of War déchanteront très (très) rapidement avec Bloodborne. En premier lieu, le jeu va vous demander de créer votre personnage, on peut donc opter pour un homme ou une femme, et personnaliser quasiment tous les aspects physiques de son héros, afin d’en faire une copie de soi ou au contraire un personnage totalement imaginaire. Au premier coup d’oeil, l’ensemble ne parait pas franchement flatteur pour la rétine, soyons francs. Une fois l’intro passée, le jeu vous place immédiatement dans l’arène, et sans trop savoir quoi faire, on progresse dans cette clinique bien sombre, avant de tomber nez à nez avec un premier ennemi… et mourir.

Bloodborne 4

Oui, car vous allez mourir dans Bloodborne… comme jamais auparavant. Loin des standards actuels, le jeu ne vous prend jamais par la main, et ne vous indique que très brièvement quelques commandes, mais rien en revanche en ce qui concerne votre objectif. Le joueur se retrouve ainsi livré à lui-même, au coeur d’un univers ultra hostile, avec des ennemis qui peuvent vous occire en un coup. D’abord déroutant et frustrant, on finit peu à peu par apprivoiser le système, et on découvre par soi-même les différentes subtilités du jeu, comme les combats, très stratégiques, la progression prudente, l’évolution du personnage… Si bien qu’au bout de quelques heures seulement, on se retrouve littéralement happé par le jeu, et on a de cesse de vouloir découvrir de nouvelles zones, de nouvelles armes, de nouveaux boss.

Bloodborne 1

En effet, en plus des ennemis « classiques », Bloodborne propose son lot de boss. Des ennemis uniques au gabarit souvent démesuré, qui promettent des séquences de combats d’anthologie. A noter que le jeu propose de nombreux boss dans la quête principale, mais également de nombreuses zones optionnelles (dont certaines assez gigantesques), avec là aussi des boss optionnels. Autant vous dire que le jeu est tellement prenant, que l’on a de cesse de vouloir fouiller chaque recoin pour trouver les différents secrets, et cela en vaut vraiment la peine. Il faudra également savoir gérer ses points d’expérience, qui permettront d’augmenter les capacités de son personnage, avec le choix d’augmenter la Vitalité, la Force ou encore l’Energie. Toutefois, si vous venez à mourir sur le champ de bataille, vos points d’expérience retombent à zéro, et il vous faudra alors retourner sur le lieu de votre décès pour espérer les retrouver, ces derniers étant au sol, mais parfois aussi volés par un ennemis, qui sera trahi par ses yeux. Attention, car une mort pendant la recherche de vos points d’expérience, et c’est la perte définitive de ces derniers…

Bloodborne 2

Techniquement, on sent que ce Bloodborne a été codé un peu à l’ancienne, notamment au niveau des déplacements, même si certains environnements, certains effets et certaines textures sont sublimes. Mention spéciale aux boss et à la modélisation de certains ennemis, absolument terrifiants. On retrouve néanmoins quelques jolis bugs de collision, des impacts qui manquent de localisation (on est loin d’un Dying Light par exemple), et surtout des temps de chargement bien longuets. Mais cette technique un peu branlante parfois est mille fois rattrapée par une direction artistique époustouflante, avec des décors torturés et fourmillant de détails, avec une ambiance qui rappelle des films comme Van Helsing ou encore Dracula.

Bloodborne 3

La mauvaise nouvelle, c’est que vous allez mourir dans Bloodborne, à de nombreuses reprises. La bonne, c’est que non seulement cela vous poussera à vous améliorer, mais également que vous pouvez décider de ne pas être seul dans votre quête, et d’appeler à l’aide des chasseurs du monde entier. En effet, à travers un système un peu obscur (faire sonner une cloche d’appel et espérer qu’un chasseur sociable soit dans les parages…), Bloodborne permet à plusieurs joueurs de joindre leurs efforts pour venir à bout d’un boss un peu ardu. En ligne, le jeu propose également un ingénieux système, qui permet à chacun de laisser un message au sol, afin de prévenir d’un danger par exemple. On peut également visionner les spectres des autres joueurs, et observer leurs derniers moments.

Coté durée de vie, ce Bloodborne vous demandera facilement entre 40 et 50 heures de jeu si vous souhaitez connaitre le fin mot de l’histoire, tout en farfouillant un minimum les différentes zones. Une fois l’aventure bouclée, le jeu vous proposera de recommencer en NG+, et il s’agira de revivre la même aventure, mais avec des ennemis encore plus coriaces. Pas de panique toutefois, vous démarrerez avec votre personnage amélioré, ainsi que toutes les armes que vous aviez à votre disposition. Encore une fois, nous ne saurions que trop vous conseiller de ne pas vous fier à la difficulté des premiers moments et ce sentiment d’être perdu, sans la moindre aide. Bloodborne fait fi des standards actuels, et ne propose aucune map, aucun objectif, aucune barre de santé auto-régénérante, aucun indice… et c’est pour cela que chaque porte déverrouillée, chaque boss abattu, chaque niveau passé, chaque zone découverte procurent un plaisir de jeu absolument unique. Sans conteste l’une des expériences vidéoludiques les plus marquantes depuis de nombreuses années… et un certain Resident Evil 4 en ce qui me concerne.

Verdict

Un peu rebutant de prime abord, Bloodborne s’avère rapidement intéressant, puis très prenant, avant de s’emparer littéralement de l’esprit de celui qui aura le courage de braver les premières heures. Impossible de prime abord, le jeu de From Software livre le joueur à lui-même, et certains seront forcément perdus. Toutefois, l’ambiance, la direction artistique exceptionnelle, la durée de vie gigantesque, le fond archi travaillé et surtout cette impression de fouler une terre plus hostile que jamais, font de Bloodborne l’un des jeux les plus incroyables de tous les temps. Certes, on note quelques carences techniques, mais si vous bravez les premières heures, préparez-vous à être happé comme jamais auparavant. Une tuerie, dans tous les sens du terme.



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4 Comments

  1. Zimon

    6 juillet 2015 at 19 h 11 min

    Bel article et très bonne description !

    • Steph_ZN

      7 juillet 2015 at 9 h 50 min

      Merci ! 😉

      • Zimon

        8 juillet 2015 at 11 h 31 min

        Un seul petit désaccord sur les temps de chargement que vous décrivez comme « bien longuets ». Je trouve au contraire qu’ils sont très raisonnables comparés à beaucoup de jeux.

        • Steph_ZN

          8 juillet 2015 at 11 h 42 min

          Il y a eu quelques mises à jour du jeu depuis la publication de l’article pour corriger les chargements justement ;). Ils sont « dans la norme » désormais oui.

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