Ce téléobjectif est un gros bébé de plus de 1,5 kg ce qui résume la philosophie de l’objectif et la qualité de fabrication. On appréciera son mécanisme de mise au point interne et une motorisation ultrasonique (SWM) silencieuse et rapide. Sa formule optique comporte 21 éléments répartis en 7 groupes dont pas moins de 7 lentilles en verre ED qui permettent de corriger les aberrations chromatiques. L’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ reçoit le traitement de surface Nano Crystal Coating qui permet de réduire les reflets et le ghosting tout en améliorant de facto le contraste est le piqué des images. Il est commercialisé au prix de vente officiel de 2089 euros TTC. Nous l’avons reçu à la rédac juste au moment du passage du Rallye Monte-Carlo dans la région, une occasion rêvée pour le test du Nikon AF-S 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ.

L’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ est naturellement stabilisé, et c’est le système de génération II Nikon VR qui agit ici pour corriger jusqu’à 4 diaph les mouvements de l’appareil photo. L’optique est un téléobjectif ce qui induit une distance minimale de mise au point relativement élevée, ici de 1,4 m depuis le plan focal et ce, à toutes les distances focales. Le diaphragme de l’objectif est composé de 9 lamelles circulaires afin d’obtenir des flous d’arrière-plan esthétiques, le fameux bokeh.

 

test nikon 70-200mm
La plage de mise au point peut être raccourcie pour augmenter la vélocité de l’AF sur l’AF-S 70-200mm f/2,8G ED VR II

 

Avec un poids de 1540 g sur la balance le Nikon AF-S 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ fait office de mastodonte dans la gamme de téléobjectifs à zoom Nikon. Par exemple, il est presque deux fois plus lourd que la version F/4 que Nikon vient juste de sortir (AF-S Nikkor 70-200mm F4G ED VR). Certains photographes peuvent être attirés par la grande ouverture de F/2,8 mais il faudra prendre en compte l’embonpoint de l’objectif par rapport à la version F/4 en plus du surcoût non négligeable. L’objectif F/4 coute 900 euros de moins et est 40% plus léger. Il faut anticiper la fatigue musculaire quand on tient à bout de bras un 70-200 mm f/2,8 monté sur un reflex numérique qui peut être lui aussi assez lourd. Monté sur un D4, l’ensemble pèse près de 3 Kg.

 

test 70-200mm nikon
L’AF-S Nikkor 70-200mm F2.8G ED VR II est fabriqué au Japon, signe de qualité affichée. Il bénéficie aussi du traitement Nano Cristal Coating.

 

Cette génération du téléobjectif Nikon offre une certaine richesse fonctionnelle à commencer par le mécanisme de mise au point interne (IF) qui fait que la lentille avant ne va pas bouger lors de la mise au point pour faciliter l’usage de filtres polarisants. La motorisation de l’autofocus ultrasonique Silent Wave Motor (SWM) est toujours aussi agréable, rapide et silencieuse. On peut d’ailleurs l’utiliser en positionnant l’autofocus sur le mode M/A qui permet d’utiliser l’AF pour la mise au point tout en autorisant la retouche manuelle du point. Le système de stabilisation d’image optique Nikon VR II est annoncé capable de compenser 4 vitesses de diaphragme. Comme toujours sur ce type de téléobjectif, on peut l’utiliser sur le mode classique qui va stabiliser l’image sur tous les axes ou sur le mode actif qui n’agit que sur un seul axe. C’est dans cette configuration que l’on va utiliser l’objectif par exemple pour réaliser des prises de vue d’une voiture en mouvement avec un filé d’arrière-plan.

La réalisation de ce Nikon AF-S 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ est tout à fait exemplaire et malgré l’intégration de nombreuses parties en plastique, on a un solide sentiment de sécurité et de robustesse avec cet objectif qui est résolument une optique professionnelle. A l’utilisation, nous avons réellement apprécié que le mécanisme soit interne et que la lentille frontale ne se déploie lorsque l’on zoome. Côté filtre, ce sont des filtres de 77 mm que l’on utilisera avec d’autant plus de plaisir et de facilité que comme nous le disions plus haut, la lentille frontale ne tourne pas lors de la mise au point. Filtres polarisants et filtres à densité de gris dégradé sont donc pleinement utilisables. L’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ est livré avec son pare-soleil en corolle ainsi qu’un collier de trépied.

L’objectif offre une fenêtre qui affiche la distance de mise au point, sans pour autant afficher de repères de profondeur de champ. Cette dernière peut être réduite comme peau de chagrin du fait de la longue focale et de la grande ouverture de l’objectif. Cet effet peut être décuplé sur un appareil de type Full Frame. Ceux qui n’ont pas l’habitude pourront opter pour une solution logicielle mobile qui permet d’indiquer la profondeur de champ en fonction de la distance de sujet, de l’ouverture et de la longueur focale utilisée via une application pour smartphone comme True DoF Pro pour iPhone. Les photographes plus aguerris qui ont l’habitude de travailler au téléobjectif ont le rendu de la profondeur de champ dans la peau.

Nikon 70-200mm F/2.8G II ED VR
Nikon 70-200mm F/2.8G II ED VR

Mise au point

Cette optique est un téléobjectif dédié au mouvement, à la photographie d’action, à la photo de sport. Nous avons pu nous-mêmes tester l’autofocus de l’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ lors du passage du rallye Monte-Carlo entre Velay et Vivarais sur l’étape Saint-Bonnet-le-froid/Saint-Julien-Molsesabate. Un peu par défi technique, nous nous sommes amusés à tester cet objectif sur le Test Nikon D5200, un reflex numérique résolument amateur, mais aussi doté d’un autofocus performant, voire presque professionnel, puisqu’il s’agit ni plus ni moins de celui du Nikon D7000. Ce dernier n’a pas démérité et s’il a bien fonctionné, c’est en grande partie grâce à la performance de la motorisation autofocus du Nikon 70-200mm qui a permis d’assurer une accroche express du sujet et un suivi presque sans faille. Oui, presque sans faille, puisque pour l’anecdote, la mise au point a décroché sur deux photos en plein virage sur la neige de la voiture de Sébastien Loeb pour son dernier rallye en France… Dommage. À lui seul, l’autofocus du Nikon 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ peut justifier son achat si l’on est un fervent amateur de photo de sport, de photo de rallye, que l’on passe ses dimanches après-midi sur les meetings aériens, etc. Mais ce téléobjectif est polyvalent et de nombreux photographes de studio et portraitistes pourront opter pour lui et l’ont d’ailleurs largement déjà adopté.

Qualité optique

Comme souvent sur un téléobjectif, la distorsion n’est pas un problème, mais elle est particulièrement discrète sur l’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ et ce à toutes les focales. Les aberrations chromatiques sont également bien corrigées par les 7 lentilles en verre ED. On peut cependant les apercevoir surtout dans les angles sur les photos très contrastées et uniquement à l’ouverture maximale. À l’heure actuelle ces défauts optiques gênants il y a quelques années sont désormais parfaitement bien corrigés soit en JPEG par le firmware de l’appareil, soit sur le RAW par les logiciels comme Lghtroom ou DxO Optics Pro. Pour rappel, Apple Aperture ne corrige pas encore de façon automatique ce type de défauts optiques, mais permet tout de même d’y remédier avec une correction manuelle des couches colorées. On attend d’ailleurs toujours Aperture 4 qui devrait embarquer les corrections profilées des objectifs.

Le Nikon 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ n’est clairement pas un objectif macro. Toutefois, avec une distance minimale de mise au point de 1,4 m sur tout le range, il n’est pas ridicule à 200mm, distance focale à laquelle il offre un rapport de reproduction de 0,12x. Mais il y a bien d’autres choix dans la gamme d’objectifs Micro Nikkor pour faire de la proxyphotographie ou de la véritable macro.

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La qualité du flou d’arrière-plan est devenue un critère clé aujourd’hui et si l’on achète aussi un objectif longue focale à large ouverture c’est souvent aussi pour la facilité de maîtrise de la profondeur de champ que l’on veut parfois réduire pour mieux détacher le sujet du fonds. Avec 9 lamelles de diaphragme circulaires, on obtient un bokeh séduisant et des aigrettes circulaires assez sympathiques.

Netteté de l’optique

À 70 mm, l’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ est excellent au centre à partir de f/4 jusqu’à une ouverture très fermée de f/16 à partir de laquelle la diffraction œuvre et réduit le piqué. Les angles et les côtés donnent un piqué optimal entre f/5,6 et f/16. A 105 mm, on observe le même niveau de performance à ces ouvertures et à 200 mm, c’est encore excellent à partir de f/4 au centre et à partir de f/5,6 sur les angles. Cette nouvelle génération de 70-200mm f/2.8 Nikon est largement plus homogène à toutes les focales que la première génération qui souffrait d’un gros coup de mou à 200mm. La pleine ouverture est aussi complètement utilisable sans aucun complexe quand le besoin s’en fait sentir ou pour des raisons artistiques. Alors que Canon et Nikon s’affrontent sur le marché du photographe professionnel, l’ancienne génération était clairement un succès mitigé par rapport à la qualité de son équivalent de la gamme optique Canon EF. Cette génération II rattrape son retard et offre une qualité optique tout à fait comparable.

Test de l’AF-S NIKKOR 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ : conclusion

Clairement, si l’on fait l’acquisition d’un Nikon AF-S 70-200mm f/2.8G ED VR Ⅱ, c’est que l’on est bien décidé à payer un surcoût substantiel et à supporter un poids non négligeable pour bénéficier d’un objectif indubitablement professionnel et lumineux grâce à son ouverture de f/2.8. Le piqué est exemplaire sur toute la place focale dès que l’on tombe un diaph et il est pleinement utilisable dès f/2,8 même si à cette ouverture on pourra déceler parfois un peu d’aberrations chromatiques et que, c’est bien naturel à la peine ouverture, l’objectif ne délivre pas tout son potentiel. Cependant, on est séduit par l’extrême polyvalence de ce téléobjectif, par l’efficacité de son autofocus et de son système optique de stabilisation d’image comme par le sérieux de sa fabrication. Ajoutez à cela un diaphragme circulaire à neuf lamelles qui soigne les flous d’arrière-plan et vous avez un objectif polyvalent qui peut faire du sport comme du portrait, devenu à juste titre la coqueluche des photographes professionnels comme des photographes amateurs passionnés.

Cet objectif est un must, vous l’avez compris, mais Nikon fait payer encore une fois un peu cher son optique professionnelle….

Test du téléobjectif Nikon 70-200mm F2.8G ED VR II : galerie de photos

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