Test du Sony NEX-6 : ergonomie

Annoncé en amont de la Photokina 2012, le Sony NEX-6 se positionne dans la gamme Sony entre le modèle amateur NEX-5R / NEX-5N (avec Wi-Fi) et le compact « super évolué » NEX-7. D’ailleurs à première vue, on pourrait largement confondre le NEX-6 avec le NEX-7. Comme ce dernier, le NEX-6, malgré son format compact, offre un bosselage prononcé de la poignée qui assure une excellente préhension. C’est dans cette poignée que se loge évidemment la batterie et le compartiment pour la carte mémoire, au format SD ou MemoryStick.

Le Sony NEX-6  jouit d’une excellente qualité de fabrication et d’une finition exemplaire. Il procure un sentiment de sécurité et de robustesse lorsqu’on le tient en main et offre un certain confort d’utilisation grâce à sa poignée proéminente. Toutefois, il reste relativement compact et notre NEX-6 équipé du zoom Sony E PZ 16-50mm f/3,5-5,6 OSS pouvait se loger dans une poche de blouson lors de notre test, le critère-clé qui permet de savoir si le compact est bien un compact… Nous avons donc bien à faire un compact ! Clairement, avec le 18-55 mm classique monté dessus, nous n’aurions pas pu loger l’appareil dans notre poche.

test du compact NEX-6
Une bague de sélection de mode… une nouveauté sur un NEX ! En dessous, notez la molette de réglage, très agréable à utiliser.

 

L’obturateur du Sony NEX-6 est relativement bruyant et rappelle finalement un peu le bruit d’un reflex dont le miroir doit se relever pour la prise de vue. Pourtant, ici, pas de miroir ! Difficile à dire si Sony a travaillé ce point pour justement offrir un déclenchement informatif qui fait remonter l’information au photographe, via des vibrations par la main et un son par l’oreille ou si Sony a échoué dans la mise au point d’un obturateur plus discret. En tout cas, cela ne nous a pas gênés et rappellera même à beaucoup le bruit d’un reflex. Peut-être ce bruit est-il plus sérieux qu’un petit clic d’obturateur de contact est le résultat d’une volonté marketing ?

sony nex-6
L’écran 921 000 points du NEX-6 est orientable. C’est très appréciable au quotidien.

Vers le déclencheur, on trouve un bouton de fonction personnalisable qui, dans son réglage usine, offre l’accès à un réglage rapide de quelques paramètres : la mise au point, la balance des blancs, la mesure de l’exposition ou les effets photo. On peut naturellement changer les fonctions assignées à ce bouton depuis le menu de l’appareil.

Le NEX-6 est équipé d’une griffe porte-accessoires sur laquelle nous pourrons monter un flash externe Sony, mais aussi remonter jusqu’à des générations plus anciennes de flash Minolta par exemple. Justement, le NEX-6 est équipé d’un flash intégré et c’est important. De nombreux compacts hybrides sont inutilement privés de flash intégré. C’est le cas d’ailleurs de la gamme Sony aussi avec les modèles plus amateurs… Le petit flash pop-up du NEX-6 se déploie à l’aide d’un bouton dédié et dans cinématique intrigante. Il sera très utile pour déboucher un contre-jour. Si vous utilisez beaucoup le flash, sachez que le bouton de mémorisation de l’exposition peut être programmé afin d’assurer un accès ultrarapide à la compensation d’exposition du flash puisque l’appareil n’est pas à l’origine équipé d’un bouton dédié à cette fonction. Ce flash intégré offre un nombre guide de 6, ce qui est plus ou moins la norme sur des appareils de cet acabit et suffisant pour dépanner.

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Contrairement à l’ergonomie des autres compacts hybrides Sony NEX, le NEX-6 est équipé d’une bague de sélection du mode de prise de vue. Nous nous réjouissons du changement de direction chez Sony, car ce type d’interface a tout de même fait ses preuves depuis de nombreuses années sur nos appareils photo. En plus des modes photo classiques comme le programme automatique, les modes priorité ouverture, priorité vitesse ou manuel, on trouve les modes « intelligent auto » et « supérieur auto » en plus des modes scènes et du mode panoramique par balayage. Comme sur le Sony Cyber-shot DSC-HX20 que nous avions testé au printemps dernier, et comme c’est le cas sur les appareils hauts de gamme Sony, le mode supérieur auto se distingue du mode auto classique par l’utilisation d’une rafale de plusieurs expositions pour améliorer les images. Cela peut se traduire par une photo HDR lorsque la scène est trop contrastée pour la dynamique d’exposition du capteur, cela peut être également pour mieux exposer une photographie au flash et éviter l’effet « fromage blanc sur fond noir » ou encore obtenir une photo nette en environnement sombre et sans trépied. Nous apprécions toujours ces modes chez Sony qui sont réellement efficaces et apportent un plus indéniable à vos photos quotidiennes.

le test du sony nex-6
Pouvait-on plus mal choisir l’emplacement du bouton d’enregistrement vidéo ?

L’arrière de l’appareil est agrémenté de trois boutons dépourvus de toute inscription. En effet, ces boutons contextuels n’appellent pas les mêmes fonctions selon le mode sur lequel on est positionné. Les deux plus proches de l’écran voient leur fonctionnement rappelé sur ce dernier, pas le troisième qui se trouve au centre de la roue arrière. On appréciera également la molette qui est intelligemment située sous la bague de réglage du mode de prise de vue et qui est très très agréable d’utilisation à la fois douce et franche bien crantée, un modèle du genre. La qualité d’une molette n’est pas un détail sur un appareil photo.

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L’écran 921 000 points du NEX-6 est orientable. C’est très appréciable au quotidien.

 

Le viseur au NEX-6 est le même que celui que l’on a apprécié sur le NEX-7. Il couvre 100 % de l’image cadrée, il est lumineux et contrasté, les couleurs sont vives et s’avère efficace aussi bien dans des conditions de forte luminosité qu’en basses lumières. Nous ne sommes pas très amateurs de viseurs électroniques, mais dans le cas de viseurs de qualité comme cet EVF OLED 2,36 mégapixels, nous devons bien avouer que le viseur électronique offre quelques atouts non négligeables. Cela commence par une vue WYSIWYG qui permet de constater tout de suite les changements opérés sur certains paramètres comme la correction d’exposition, la balance des blancs, etc. Le NEX-6 peut s’utiliser avec les deux modes de visée activés en même temps : on peut viser via l’EVF tout en vérifiant les paramètres de l’image sur l’écran. Ce double centre de commande est très efficace. L’écran arrière est également de grande qualité : il offre une définition de 921 000 points, mais est aussi orientable sur un axe. Cette liberté de mouvement est très appréciable pour effectuer des cadrages originaux, pour photographier au-dessous d’une foule ou au raz du sol dans des positions qui seraient autrement plus qu’acrobatiques. Il n’est pas tactile.

Wi-Fi

À l’inverse du NEX-7, le Sony NEX-6 est équipé d’une connexion WiFi intégrée qui permet de faire de multiples choses. On peut commencer par personnaliser les menus de son appareil et y rajouter des applications photo que l’on télécharge sur la boutique d’applications Play Memories. On peut par exemple connecter le NEX-6 à son smartphone en WiFi pour utiliser son iPhone son terminal Android (comme un Xperia Z nous soufflerait-on chez Sony), pour contrôler l’appareil à distance. Nous avions déjà expérimenté cela avec les compacts numériques Wifi Samsung. Ce système permet d’afficher sur l’écran du smartphone ou de la tablette ce que l’on va capturer avec l’appareil photo. On peut régler quelques paramètres de prise de vue comme la compensation d’exposition et naturellement déclencher à distance. On peut connecter l’appareil en WiFi un réseau domestique, mais au prix d’une saisie fastidieuse de la clé Wep de votre réseau WiFi puisque le NEX-6 n’est pas pourvu d’écran tactile… Une fois connecté à un réseau domestique on pourra par exemple uploader des photos ou vidéos sur un espace de stockage en ligne comme PlayMemories. C’est aussi une fois connecté à un réseau WiFi que l’on pourra aller chercher des applications gratuites ou payantes pour personnaliser son appareil photo. Un des usages certainement les plus répandues du WiFi sur un appareil photo sera de le connecter à son smartphone pour y déverser les plus jolies photos que l’on vient de prendre en vue de les partager sur les réseaux sociaux sans attendre d’être revenu derrière son ordinateur. Pour cela, il faut télécharger l’application mobile PlayMemories Home pour iOS ou Android.

test appareil sony nex-6
Le NEX-6 est résolument compact.

Vidéo

Le mode vidéo du NEX-6 est de qualité. C’est d’ailleurs devenu la marque de fabrique des appareils Sony. On peut filmer en AVCHD Full HD jusqu’à 60 i/s en 1080p ou utiliser le MP4 plus facile d’utilisation par la suite jusqu’à 30 i/s. Le son est enregistré en AAC via un micro intégré stéréo. Par contre, le NEX-6 n’est pas pourvu de prise micro et ne permettra donc pas de prises de son via un micro externe de qualité. On pourra également critiquer le choix de la localisation du bouton de lancement de l’enregistrement vidéo peu pratique qui ne permet pas de lancer ou d’arrêter la vidéo sans faire bouger l’appareil. Cela forcera à couper les plans au début et à la fin de la scène lors du montage.

Autofocus hybride

Son autofocus hybride est effectivement très rapide et il réalise la mise au point sans réel délai perceptible. Que dire de plus ?…

 

Un appareil ludo-créatif

La fonction HDR intégrée est efficace pour les scènes très contrastées. Naturellement, elle ne fonctionne qu’en JPEG et sur des sujets immobiles puisqu’elle compile plusieurs images prises en rafale. Heureusement, le Sony NEX-6 photographie à la cadence élevée de 10 i/s. Cela limite les chances d’avoir des photos HDR contenant des sujets mobiles flous. C’était hélas le cas lors de notre test du Canon Powershot G1 X dont la prise de vue en rafale s’opère à un train de sénateur tant et si bien qu’il nous a été rigoureusement impossible d’obtenir une photo HDR nette à main levée. Le NEX-6 et sa rafale rapide évitent cet écueil. (lire le test du Canon Powershot G1 X)

Une autre fonction photo que nous avons largement appréciée comme toujours chez Sony est la prise de vue panoramique par balayage, efficace et ludique.

Nous avons également beaucoup aimé exploiter les 11 effets artistiques que l’on peut appliquer directement à la prise de vue sur les photos ainsi que les 6 styles créatifs que l’on peut appliquer à aux JPEG pour leur donner un rendu particulier. Parmi ceux-ci, citons le soft focus, l’effet maquette ou le rendu rétro typé Instagram. D’ailleurs, lors de notre test du Sony NEX-6, nous avons pris bon nombre de photos en noir et blanc avec un rendu extrêmement satisfaisant.

test sony nex-6
Le capteur APS-C de 16 mégapixels du NEX-6, un capteur bien connu et parmi les plus performants.

Test du Sony NEX-6 : Qualité d’image

On connaît ce capteur 16 mégapixels, un CMOS EXMOR APS HD qui s’est illustré sur toute une génération de reflex numériques et de compacts hybrides grâce à son excellente qualité d’image. Sa grande surface sensible alliée à son excellente conception permet d’accéder aux hautes sensibilités sans complexe. Il offre également une plage dynamique record qui sera pleinement exploitée si l’on choisit l’option d’activer le format d’images RAW. Lors de notre test, nous nous sommes concentrés sur la qualité des photos en JPEG. Une qualité excellente, et cela va presque sans dire tellement nous connaissons ce dont est capable le capteur du NEX-6.

Nous avons testé le Sony EX-6 avec l’objectif rétractable et motorisé 16-50mm OSS. La stabilisation d’mage intégrée à l’objectif nous a permis de frôler le 1/10 de seconde sans craindre d’avoir des photos floues en grand-angle et le 1/25 en télé. Cet objectif est de qualité, mais il est vendu un peu cher à notre goût. Il souffre d’un peu de vignettage aux grandes ouvertures, notamment en grand-angle. Une fois monté sur le NEX-6, il correspond à un 28-75mm.

Qualité d’image et sensibilité ISO

Comme nous le disions en préambule, l’excellent capteur de Sony NEX-6 délivre des images extrêmement propres de 100 jusqu’à 1600 ISO. Les effets du lissage se font sentir très légèrement à 1600 ISO et 3200 ISO jusqu’à devenir un peu plus évidents à 6400 ISO. 12 800 et 25 600 ISO seront des positions que l’on réservera toutefois à des situations désespérées. Les adeptes des expositions longues et de photo de nuit sur trépied apprécieront l’activation d’un second processus de réduction du bruit qui permettra d’enlever les pixels chauds de l’image.

 

Test du Sony NEX-6 : Conclusion

Lorsque nous avions découvert le Sony NEX-6, nous l’avions qualifié d’appareil photo de synthèse. En effet, il fait le pont entre les modèles amateurs NEX-5N/5R et le modèle très évolués, parfois peut-être trop avec une ergonomie alambiquée, le NEX-7. Pour un appareil compact hybride à moins de 1000 euros, le NEX-6 est indubitablement un appareil très avancé. Il offre des atouts puissants comme la qualité de son viseur OLED de 2,36 millions de points, une ergonomie travaillée avec des molettes de réglage et une bague de sélection de mode, un écran orientable, un autofocus efficace et rapide, une cadence de prise de vue non moins rapide de 10 i/s ou encore la connectivité WiFi, un must-have pour un appareil évolué cette année. La qualité d’image du Sony NEX-6 est naturellement au niveau de celle d’un reflex avec lesquels il partage le capteur. Cela fait maintenant trois ans que Sony travaille sur la maîtrise de son capteur APS-C 16 mégapixels, un capteur extrêmement bien né et désormais très bien exploité. Les 11 effets et les 6 rendus créatifs permettent d’ajouter un côté ludique à la prise de vue et la richesse fonctionnelle offerte par les modes HDR et photo panoramique par balayage font du NEX-6 une sorte de couteau suisse photographique. Un autre atout de l’appareil dans la configuration que nous avons testée est sans conteste son objectif compact 16-50 mm qui permet au NEX-6 de rester résolument compact, assez pour accompagner le photographe au quotidien. C’est grâce à des objectifs compacts que les compacts hybrides peuvent s’imposer sur le marché face aux reflex numériques en offrant enfin un encombrement réduit au plus juste ce qui est à la promesse d’origine de ce nouveau segment.

A l’heure du choix, on va certainement comparer le NEX-6 avec le NEX-7. Ce dernier est aujourd’hui quasiment au même prix que le NEX-6. Il bénéficie d’un capteur d’une définition plus élevée de 24 mégapixels, d’une interface Tri-navi bien particulière qui peut être très efficace et qui demande une certaine maîtrise sans quoi c’est l’échec assuré, ainsi qu’une prise pour micro externe, élément qui fait cruellement défaut au mode vidéo du NEX-6. L’équation est simple : si l’on a réellement besoin d’un des trois éléments que nous venons de citer et que nous n’avons rien à faire du WiFi, le NEX-7 sera certainement le meilleur choix. Si tel n’est pas le cas on pourra certainement mieux profiter de son appareil grâce à l’interface un peu plus traditionnelle offerte par le NEX-6.

Le prix. Voici un élément qui fait mal. Le NEX-6 en kit avec son objectif Sony E PZ 16-50mm OSS  est commercialisé 949 euros…

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