Test The Last Guardian : le miracle de Noël de la PS4

Test The Last Guardian : le miracle de Noël de la PS4

Après un développement chaotique et le saut d’une génération de consoles, The Last Guardian est enfin disponible sur PS4. Pour notre plus grand bonheur ?

Publié le 19 décembre 2016 - 20:24 par Stéphane Ficca

Après ICO et Shadow of the Colossus, The Last Guardian

Après un développement pour le moins chaotique, qui s’est étalé sur plusieurs années, et un jeu initialement pensé pour la PS3 et qui a finalement été porté sur PlayStation 4, The Last Guardian faisait figure d’arlésienne dans le monde vidéoludique. Pourtant, à l’instar d’un Final Fantasy XV, lui aussi attendu de longue date, le jeu signé Fumito Ueda est enfin réalité depuis quelques jours maintenant, pour le plus grand bonheur des possesseurs de PlayStation 4. Ouf !

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En effet, il y a quelques années, le studio en charge de ce The Last Guardian, proposait un certain ICO sur PlayStation 2, un véritable ovni vidéoludique, avec une aventure assez magistrale, emprunte d’entraide et de poésie, le tout, avec une patte technique immédiatement identifiable. Quelques années plus tard, on a pu découvrir Shadow of the Colossus, dans un registre un peu différent. Avec The Last Guardian, on retrouve un style plus proche d’ICO, avec toutefois des rôles inversés ici.

En effet, si le joueur incarnait un jeune guerrier intrépide dans ICO, et devait protéger la fragile Yorda, The Last Guardian nous permet lui aussi de prendre le contrôle d’un mystérieux enfant, nettement plus inoffensif ici, et dont le salut viendra souvent ici de Trico, une créature mythologique, sorte de griffon revisité, qui se chargera d’assister le jeune héros dans sa quête. The Last Guardian, c’est clairement une invitation au voyage, à la réflexion, à la coopération et à l’imagination du joueur, la trame narrative se contentant de distiller ça et là quelques bribes d’informations.

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On dirige donc ce jeune garçon, qui fera dès les premières minutes du jeu la rencontre de Trico, qu’il faudra tout d’abord libérer pour gagner sa confiance. A partir de là, on suivra cette relation toute particulière qui lie les deux personnages, avec un Trico qui n’hésitera pas à sortir les griffes lorsqu’il s’agira de défendre le jeune garçon face à de mystérieuses entités en armure. Un Trico qu’il faudra également prendre le soin de cajoler, mais aussi de nourrir, via de mystérieux tonneaux cachés dans les niveaux, et même de guérir lorsque ce dernier ressortira blessé de certains affrontements.

Les premières minutes de jeu servent évidemment de tutoriel, et on apprend petit à petit à dompter ce géant Trico qui, comme tout animal, conserve néanmoins son propre instinct, avec ses craintes, ses peurs, ses réactions inattendues. En effet, s’il sera possible de donner des « ordres » à son géant de plumes et de poils, il n’est pas rare de voir Trico rechigner, comme le ferait votre chien ou (pire), votre chat. Les équipes ont voulu insuffler une vraie âme à votre compagnon, et même si ce dernier s’avère assez docile, il pourra parfois refuser pendant quelques minutes de vous suivre dans ce plan d’eau en contrebas, juste comme ça.

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Esthétiquement, ce The Last Guardian est une vraie petite oeuvre d’art, avec une progression essentiellement basée sur de la logique pure, et de l’exploration. Pas de casse-tête introuvable ici, bien souvent, il suffit d’observer les alentours pour trouver comment débloquer cette porte ou passer par-dessus ce mur. De même, Trico sera très souvent mis à contribution, et c’est parfois même lui qui se chargera de mettre la puce à l’oreille du joueur, en regardant par exemple cette corniche au-dessus qui nous avait échappée. En effet, si le jeune garçon peut grimper, escalader certains murs et marcher sur des corniches à des centaines de mètres de hauteur, Trico sera souvent mis à contribution pour atteindre certaines plateformes et détruire certains éléments, sans compter les quelques sauvetages in-extremis du jeune garçon.

La majorité du temps, le jeu se déroule en intérieur, dans de mystérieux temples, mais il arrivera fréquemment de se retrouver à l’extérieur, avec alors un côté organique très marqué, grâce notamment à des effets de lumière assez saisissants, de la végétation, mais également une multitude de détails comme des plans d’eau assez magnifiques et le vol de quelques papillons. Un style visuel très zen donc, qui n’empêchera pas quelques longues sessions de réflexion parfois, et des phases de plateformes délicates, mais jamais insurmontables.

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A ce sujet, si l’esthétique de ce The Last Guardian est absolument irréprochable (à condition bien sûr d’apprécier le style ICO), on ressent dans le gameplay les quelques années de développement. En effet, si les mouvements du jeune garçon sont d’une fluidité absolue, avec parfois la sensation de visionner un film d’animation, les contrôles sont relativement rigides, et on soulignera notamment l’absence d’une course « modérée », le garçon étant simplement en grade de marcher très prudemment, ou au contraire de sprinter. Rien de bien grave toutefois, mais on aurait aimé pouvoir profiter soit d’une marche rapide ou d’une course lente.

Néanmoins, ce qui risque de désarçonner la plupart des joueurs, c’est le jeu de caméras de ce The Last Guardian. En effet, s’il est possible de recadrer cette dernière comme on le souhaite via le stick droit, les endroits les plus confinés seront souvent le théâtre de cadrages bien malheureux, encore plus quand le géant Trico sera dans les parages… A tel point que, par moments, il devient presque impossible de distinguer la position exacte du jeune garçon. On appréciera en revanche la possibilité d’appuyer sur L1 pour focaliser la caméra sur Trico. Là encore, rien d’insurmontable, mais il faudra s’habituer à jouer à la fois avec le stick gauche pour déplacer son personnage, et à la fois avec le stick droit pour conserver autant que possible une visibilité digne de ce nom. Enfin, ceux qui disposent d’une PS4 Pro profiteront de performances accrues par rapport au jeu sur PS4 classique, avec la compatibilité UHD et HDR d’une part, mais aussi un frame rate plus constant, calé à (presque) 30 images/seconde.

Côté durée de vie, comptez entre dix et quinze heures de jeu pour voir le fin mot de cette aventure atypique. Fidèle à son esprit minimaliste, The Last Guardian ne propose pas une myriade de bonus et autres items cachés à récupérer. Idem en ce qui concerne l’affichage à l’écran, totalement épuré, pour ne laisser de la place qu’au décors et aux personnages. Pas de barre de vie, pas de bordure scintillante pour vous indiquer la corniche à escalader, pas le moindre texte à lire, pas le moindre point de sauvegarde à activer… seules quelques pensées viendront parfois vous mettre sur la voie. Tout au long de l’aventure, on reste parfois pantois face aux réactions très naturelles de Trico, et on s’attache très rapidement à ce duo pour le moins adorable.

Notre Verdict

Malgré un jeu de caméra parfois calamiteux, The Last Guardian parvient à concrétiser de manière assez magistrale un projet vieux de quelques années maintenant, dont certains n’attendaient plus grand chose. Certes, la réalisation technique n’est pas exempte de défaut, et le gameplay procurera quelques jolis moments de frustration, mais The Last Guardian propose une aventure assez hors du commun, presque hors du temps, bien loin de ce que le jeu vidéo propose en général. Un vrai petit chef d’oeuvre artistique, qui joue sur les émotions du joueur, sans oublier cette relation unique qui lie le jeune héros au gigantesque Trico. Un jeu très « nature et découvertes » en somme, parfait pour les fêtes de fin d’année.


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