Le Leica S2 est un gros, très gros bébé. Son format est au moins deux fois plus gros qu’un full frame classique. Il est lourd comme un âne mort et sa construction respire la qualité légendaire Leica : pas de doute, c’est un digne descendant dans l’esprit de Solms. Pourquoi est-il si gros ? C’est la capteur 30 x 45 mm qui induit une taille aussi monstrueuse. Pourquoi est-il si lourd ? Il est tropicalisé mon enfant : joints d’étanchéïté à la poussière et aux éclaboussures d’eau, gainage caoutchouc. C’est du costaud.

Une fois bien en main avec ce gainage caoutchouté extrêmement efficace pour un grip jamais vu ailleurs, regardez le centre de commandes du S2 : un simple écran secondaire et la bague de sélection Programme, priorité ouverture, pose B ou priorité vitesse. La molette située à l’avant sert à changer d’ouverture en la faisant glisser comme d’habitude. Mais elle est aussi clicable et alors, on alterne du mode P au mode priorité ouverture ou vitesse à la volée. Simple, pratique, rapide, magnifique !

Le dos du Leica S2 : en tout et pour tout, 4 boutons, le taquet de sélection du type d’obturateur et la molette. C’est tout !

L’écran secondaire coloré affiche en grand les principaux réglages : le mode, l’ouverture, la vitesse d’obturation, la sensibilité ISO et le nombre de photos restant sur la carte ou encore la jauge batterie. Les fichiers du S2 en TIF feront 80 Mo…. mais il pourra faire des JPG aussi. La sensibilité ISO est, pour l’heure, limitée à 1600 ISO et les ingénieurs travaillent sur une ou deux EV de plus et valideront à la fin en fonction de la qualité d’image : si à 3200 ISO Solms trouve que la qualité n’est pas optimale, ils brideront le S2 à 1600 ISO.

L’écran 3″ arrière ne possède pas les désormais traditionnels 920 000 points des Nikon D700 ou Canon EOS 5D MKII mais reste à 500 000 pixels environ. Cependant, nous l’avons tout de même trouvé très agréable à utiliser. Il faut dire que visualiser une photo 37 mégapixels sur un écran 3″ est assez illogique. L’écran du S2 ne servira donc qu’à naviguer dans le menu. Les quatre boutons servent à activer chaque quart de l’écran et à valider. On peut les programmer pour, au moins, mettre un accès direct au changement ISO.

 

Ici avec le 180mm à venir, le Leica S2 pèse dans les 2,5-3 kg. Ce n’est pas un pro du reportage, c’est bien un moyen format, version refex, c’est tout. Son pendant chez Hasselblad est le H3DII-39, un reflex moyen format qui assume plus son côté studio et le S2 sera forcément bien plus à l’aise en studio qu’en photo de sport pour laquelle il n’est absolument pas taillé. Lors de notre brève prise en main, il s’est montré très lent et son autofocus (ah, oui, ses objectifs sont autofocus) nous a gratifiés d’une mise au point à un train de sénateur. (le modèle que nous avons essayé est naturellement encore un prototype, mais on sait déjà que le S2 ne sera pas une bête de course). En plus d’être lente, la mise au point est fort bruyante.

Leica cède à la mode de la prise HDMI ! Assurément, les trappes sont sérieusement construites et restent étanches une fois refermées.

Le viseur du leica S2 : le grand spectacle ! Large, confortable, lumineux, magnifique ! Poser son oeil dans un oeilleton aussi « real life » est une joie quand on vient de tester le Pentax K-m et son mini viseur APS-C….. Le grand capteur du leica S2 rend, en gros, son viseur 50% plus grand que celui d’un Nikon D3 ou Canon EOS 1Ds, c’est dire le confort. Au centre, on aperçoit le seul et unique colimateur autofocus : ici, exit les 51 collimateurs avec suivi 3D dynamique du sujet etc… Un point d’AF et c’est tout. C’est un autre positionnement. Vu le viseur, beaucoup vont redécouvrir le plaisir de la photo. Enfin beaucoup… tout est relatif car le tarif du Leica S2 sera dans la gamme de prix de ses concurrents moyen formats.

La suite avec les optiques et la double obturation du leica S2 : ici.

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