Prise en main du Canon Powershot G10

Prise en main du Canon Powershot G10

Un compact expert aussi avancé que le Canon Powershot G10 déchaîne systématiquement les passions et on le comprend car sa fiche technique est, pour le moins, alléchante : capteur 14 mégapixels, objectif 28-140mm stabilisé, grand écran 3″, format RAW etc? les « prosumers », ou les amateurs passionnés se demandent donc légitimement que ce G10 est LE second boîtier qui vendra compléter leur fourre-tout en complément de leur lourd et encombrant reflex pour les sorties plus « light ». Le G10 a été présenté en avant-première à la Photokina 2008 qu s’est tenue il y a un mois.
 
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Publié le 30 octobre 2008 - 0:00 par La rédaction

Le G10 s’adresse à un public à qui on ne la fait pas sur la qualité de fabrication. Et le G10 assure avec un aspect assez monolithique rassurant et une qualité de finition exemplaire. Le G10 offre une excellente prise en main grâce à un petit bossage de la poignée qui, sans gonfler l’encombrement de trop, aide énormément à la préhension de l’appareil. Le G10 bénéficie de près de 10 années de Canon G derrière lui et aujourd’hui, le concept ergonomique est très abouti.

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En effet, l’ergonomie du G10 est quasiment pro. Fini le recours aux menus pour des réglages affectionnés par les pros tels la sensibilité ISO (devenue un paramètre aussi basique que l’ouverture et la vitesse), la correction d’exposition? Le G10 offre donc cette géniale bague de sélection manuelle de la sensibilité ISO. Du coup, on peut changer en un clin d’?il la sensibilité de la photo à chaque prise si on le souhaite. Et, comme nous le verrons, ce n’est pas un luxe car le G10 n’est pas le champion des hauts ISO? La bague de commande de la correction d’exposition suit la même logique, elle est manuelle et sera donc plus utilisée que s’il fallait passer par des boutons.

Toujours au chapitre des réglages typés pros, le G10 bénéficie de bouton d’accès direct au choix de la méthode de mesure de l’exposition ou du collimateur autofocus. On se croirait sur un reflex. Il faut dire qu’en ce moment, la frontière compact/reflex fond comme peau de chagrin. La bague de sélection du mode de prise de vue affiche ses changements sur l’écran sous forme de roue. C’est la même présentation que sur les nouveaux IXUS et c’est très lisible.

Le grand écran de 3″ mange carrément toute la surface arrière. Il est assez bien défini avec ses 460 000 pixels. Il est aussi très lumineux : avec un tel écran, rares seront les photographes qui iront encore viser avec le petit viseur optique que Canon a cependant conservé. Ce dernier est aussi petit que peu lumineux. Il est vraiment désagréable à utiliser. L’écran est donc réussi mais tout de même, un écran articulé nous aurait comblés. Faute de place, certainement, Canon a fixé l’écran au corps du G10 mais vraiment, un écran articulé est un apport extraordinaire du point de vue pratique et créatif.

Le déclencheur est d’un velouté rarement vu sur un compact, Canon qu plus est. On a été surpris de retrouver une progressivité au déclenchement, un long débattement et une douceur que l’on était jusqu’alors plus habitué de trouver sur un Leica M. Le déclencheur est entouré par la bague de zooming.

Justement, parlons un peu de cet objectif. Pour nous, son amplitude de 5x est idéale puisqu’il couvre un bon grand angle de 28mm (avec ouverture maximale de F/2,8) et la position déjà assez télé de 140mm. Sur nos quelques photos test, le piqué est excellent, les photos sont lumineuses et très bien contrastées. D’ailleurs, le développement JPG est assez typé « éclatant » pour un tirage sympathique immédiat. Cet objectif est vraiment réussi. On ne regrettera que l’ouverture encore plus généreuse de F/2.0 des anciens G des années 90 ! La stabilisation optique Canon IS est toujours aussi efficace. Sa présence sera d’un grand secours si on considère la petite faiblesse du G10 en hautes valeurs ISO.

On l’a compris : la qualité de fabrication et l’ergonomie du G10 en font un best seller annoncé. De même, le processeur DIGIC IV assure une mise au point rapide, le G10 bénéficie également de la détection des visages et des modes scènes comme tout autre compact et peut par contre évoluer avec des accessoires Canon comme un flash externe Canon Speedlight. Mais que vaut sa qualité d’image ? Sur l’appareil pris en main rapidement, les photos accusent un piqué excellent. Le capteur 14,7 mégapixels joue là tout son rôle. Le recadrage sera facilité sans trop grosse perte de détails et l’excellente qualité optique de l’objectif assure une qualité d’image optimale sur ce petit capteur 1/1,7″ gavé de près de 15 megapixels. Les couleurs sont vives, l’accentuation très bien gérée, tout est pour le mieux? jusqu’à 200 ISO. Car en effet, si on ne fait pas de photo sans lumière, il n’empêche qu’à l’heure actuelle, la possibilité de photographier décemment à 800, 1600 ou 3200 ISO avec un reflex, et surtout un full frame, est une nouveauté à laquelle nous nous sommes tous habitués. Or, Canon a fait le choix de la définition sur le Powershot G10 au détriment de la sensibilité. L’appareil manipulé étant annoncé comme un appareil de pré-production, nous ne pouvons tirer de conclusion définitive ni publier de photo en hautes valeurs ISO. En tout cas, pour résumer ce que nous avons vu : le G10 n’est pas un champion à 800 ISO et au delà mais grâce à son processeur DIGIC IV, Canon limité la casse pour selon que le capteur accuse 14,7 mégapixels. D’ailleurs au final, cette même résolution élevée tend à diluer les grains du bruit pour finalement offrir des tirages plus propres que ce que l’on peut observer à l’écran à 100%. Le choix du format RAW sera le meilleur remède à ce manque de sensibilité.

Doublure presque parfaite d’un reflex Canon EOS dont il partagera une certaine logique dans l’utilisation et le flash Speedlight, le Canon G10 est un concept ultra abouti d’appareil pour amateur passionné. Sa grosse définition est finalement plus un atout qu’un handicap, surtout bien servie par cette belle pièce d’optique 28-140mm stabilisée. Le recours au format RAW est un plus considérable pour atteindre la cible à laquelle le G10 est destiné par nature. Le principal handicap du G10 sera finalement son prix de vente assez élevé qui le met en concurrence directe avec les reflex entrée de gamme qui offrent tout de même, une qualité d’image et un agrément d’utilisation supérieurs, mais au détriment de la compacité.


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