Test du photophone Sony Ericsson Cyber-shot C905

Test du photophone Sony Ericsson Cyber-shot C905

Le photophone Sony Ericsson C905 appartient à la famille des « Cyber-shot » chez Sony ce qui correspond en fait à la gamme d’appareils photo compacts. Le message est clair : le C905 se veut être un appareil photo et un téléphone mobile et non simplement un téléphone mobile doté d’un petit APN rudimentaire comme ils en sont désormais presque tous équipés. Le C905 frappe par sa double ergonomie : une face APN et une face téléphone, mais aussi par sa résolution photo de 8 mégapixels. Alors le C905 tient-il ses promesses photographiques ?

Publié le 4 mai 2009 - 0:00 par La rédaction

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Ergonomie : une face par fonction
Applaudissons en premier lieu l’ergonomie du C905 qui est un excellent compromis sans concession pour l’utilisation. Pour cela, Sony Ericsson a intelligemment spécialisé chaque face du mobile sur une tâche précise : côté pile, nous avons un téléphone type « candybar » avec le pavé numérique et les diverses touches dédiées à la téléphonie. Côté face, on trouve un APN dont l’objectif est caché sous un capot protecteur qui va activer l’appareil quand on le glisse sur le côté. On retrouve le design qui a fait le succès des Sony T300, T900, etc? C’est pratique et efficace : chaque face étant spécialisée, si on veut téléphoner, on a les commandes qu’il faut et pour la photo, c’est la même chose : on glisse le capot sur le côté, l’APN est activé, on prend alors le téléphone de manière horizontale comme un appareil photo classique et on retrouve, sur le côté du téléphone qui devient le haut de l’appareil photo (oui, il faut suivre), les commandes comme le déclencheur par exemple. Le bouton de basculement du mode photo au mode vidéo est aussi bien vu et très pratique.


Clapet refermé, l’objectif du C905 est à l’abri.

 


Faire coulisser le clapet active l’APN.

Fonctions photo
En plus de ses 8,1 mégapixels le Cybershot C905 dispose de fonctions d’assistance photo nombreuses comme l’autofocus, la reconnaissance des visages, une nouvelle fonction appelée Smart Contrast, la fonction BestPic et anti yeux rouges. On parle même d’un stabilisateur d’image, mais qui reste hélas un simili stabilisateur puisque le dispositif est uniquement numérique. L’appareil est également équipé d’un flash au xénon en lumière continue et d’un flash à déchargement plus classique en photo, chose rare sur les photophones qui, en général, se contentent d’une petite lampe illuminatrice. Les fonctions typées photo sont nombreuses et on trouve même des modes scènes. Les réglages comme la balance des blancs ou la correction d’exposition sont disponibles et contribuent au caractère « photographique » du C905.


Choix du mode de prise de vue

Objectif
Mais voilà, la base d’un APN depuis toujours est avant tout un objectif digne de ce nom et sur le C905, il faut se satisfaire d’une focale fixe de type tête d’épingle minimaliste. Tout photographe sait que l’élément principal en photo est l’optique. Les utilisateurs de ce SE C905 devront donc se passer de zoom optique. Dès lors, peut-on réellement parler d’appareil photo ?


Quelques modes scènes, rares sur les téléphones, assoient le côté appareil photo du Cyber-shot

Un flash puissant
Oui, le double flash du Sony Ericsson C905 est efficace et puissant. Mais cette puissance semble peu maîtrisée par les algorithmes d’exposition qui ne dosent absolument pas la lumière du flash dont la puissance de l’éclair semble irrémédiablement fixe. Attention donc aux premiers plans délavés par la lumière du flash et aux arrière-plans plongés dans le noir. Pas très photogénique comme résultat?


Le flash est puissant mais les possibilités de réglage sont à minima : automatique, yeux rouges ou désactivé. On ne peut pas le forcer ni opter pour une synchro lente…


On peut choisir le mode de fonctionnement de l’autofocus.

GPS
Il y a très peu d’appareils photo équipés d’un module GPS intégré comme l’est le Nikon P6000 par exemple. Par contre, un module de géolocalisation sur un téléphone mobile, voilà une chose plus commune. Le C905, synthèse des deux mondes, est donc équipé d’une puce GPS qui lui permet de géotagger automatiquement vos photos. Fans de Google Earth, le C905 est à considérer, ne serait-ce que pour cela !


Le choix du mode de mesure de l’exposition : la mesure spot sera un allié important pour les situations très contrastées, surtout vu la très faible dynamique du capteur.

Lenteur
Souvenez-vous des premiers APN et de leur lenteur au démarrage, au déclenchement, à la mise au point, au traitement des photos et enfin à leur enregistrement qui mobilisait l’appareil le rendant indisponible durant de longues secondes. Et bien le Sony Ericsson C905 est pire encore et son anémie appartient à un autre temps en photo numérique. Cette lenteur le rend horripilant à l’usage et réellement frustrant. Avec les C905, tout est lent : de l’activation du mode photo à l’autofocus en passant par le décalage au déclenchement qui vous fait rater à coup sûr la bonne photo. Les processeurs des appareils photo ont énormément évolué ces dernières années et en 2009, nous voyons même apparaître des processeurs bi-c?ur dans les compacts. Mais en photophonie, Sony Ericsson a indubitablement laissé un processeur de téléphone faire le travail d’un processeur photographique. Le résultat est là : le cybershot C905 est ok pour dépanner et prendre des photos de temps en temps, mais totalement irréaliste pour remplacer dignement un appareil photo au quotidien ou en voyage. Peut-être faudrait-il commencer par partir d’un appareil photo pour faire un téléphone-APN plutôt que l’inverse?


En macro, l’appareil déclenche bêtement le flash ce qui crame inexorablement le premier plan.

Débrayer le flash donne un résultat bien meilleur, mais hélas, il faut y penser et celui qui espère de belles photos en mode automatique sera déçu.

Photo panoramique
Le mode photo panoramique par assemblage fonctionne plutôt bien et ce, de manière très simple avec une assistance à la prise de vue pour prendre des photos dans la continuité les unes des autres et être certain que la zone de recouvrement sera bonne. Nous avons été à la fois séduits par le panorama intégré du C905 qui marche plutôt bien tant qu’il n’y a pas de premier plan. Mais le côté peu « photographique » du photophone reprend le dessus quand on regarde la photo qui résulte de l’assemblage et sur laquelle on voit, comme ici, que la photo du milieu n’est pas exposée de façon identique à ses deux voisines et c’est pourtant le B.A. BA de la photo panoramique : même exposition, même balance des blancs, même mise au point, etc?. et ce, pour être complètement raccord. Mais sur le C905, Sony Ericsson a fait l’impasse sur ces principes de base tout comme sur la possibilité pour le logiciel interne de retraiter la photo finale pour unifier les tonalités.

Transfert par Blu-Tooth très pratique
Le C905 est avant tout un téléphone et possède donc le Blu-Tooth. Ce petit protocole de télétransmission permettra, de manière très pratique, de transférer vos photos vers votre ordinateur sans devoir brancher l’appareil ou de faire passer vos photos à des ordinateurs ou autres téléphones dans votre entourage.


Haute lumières cramées, dynamique ténue, compression JPEG dévastatrice : la marge de progression reste énorme.

Un téléphone avant tout
Le Sony Ericsson C905 reste avant tout un téléphone portable compatible 3G+, équipé du Wifi et du Bluetooth mais aussi d’un module GPS. Son écran mesure 2,4 pouces et affiche une résolution QVGA 240×320 pixels. En ce qui concerne le stockage, le C905 est compatible avec les cartes mémoire Memory Stick Micro M2. Pour un usage professionnel, le C905 est compatible avec la technologie de synchronisation Exchange ActiveSync de Microsoft. Le Sony Ericsson Cyber-shot C905 mesure 104 x 49 x 18 (19.5) mm et pèse 136 grammes.

Conclusion : Téléphone, photophone ou appareil photo ?
Il ne suffit pas de se voir apposé le nom de « Cyber-shot », nom de la gamme des compacts numériques Sony, pour devenir soudainement un appareil photo. En matière d’électronique, la méthode Coué ne fonctionne pas ! Si le Sony Ericsson est un excellent téléphone avec la 3G, le wifi, le blutooth et même le GPS, le tout dans un format « candy bar » compact et ergonomique, force est de constater, qu’une fois de plus, l’offre photographique, si elle reste supérieure à ce qui se fait habituellement en matière de photophones, reste bien en deçà de nos espérances. Certes, la résolution de 8 mégapixels est confortable et l’offre de fonctions photos avec quelques réglages rares sur des téléphones-APN est appréciable, le C905 reste un ersatz d’appareil photo numérique. Le C905, sans zoom optique et à la lenteur horripilante, produit des « photos » dont la très faible dynamique déçoit. Utiliser le Cyber-shot en dépannage, pour faire office de bloc note numérique, sera tout à fait envisageable et assez pratique grâce à son ergonomie double face bien trouvée ainsi qu’au transfert possible des photos par blue-Tooth. Par contre, laisser à ce téléphone mobile le soin d’immortaliser les événements de votre vie, là, non, il n’est pas taillé pour ça.

L’habit ne fait pas le moine

Malgré son nom évocateur, le Cyber-shot C905 n’est pas un appareil photo digne de ce nom, mais il reste le moins pire des photophone. Au royaume des aveugles….  Et comme à chaque fois que nous testons un photophone qui se veut très « photographiquement avancé », nous adressons ce voeux en Anglais (c’est moins brutal….) à son fabricant : « try again, but try harder… »
L’avenir des photophone, nos voeux…
On est en droit de se demander pourquoi, depuis bientôt 5 ans que les photophones sont légion, nous ne voyons toujours pas sortir de mobiles équipés d’appreils photos réellement décents. Mais peut-être que la réponse est dans la démarche même des fabricants : ils partent tous d’un téléphone portable pour y adjoindre un simili-objectif et un capteur minuscule gavé de mégapixels avec les résultats que l’on connaît. Forcément, Nokia ou Sony Ericsson ne sont pas des entreprises traditionnelles du marché de la photo et cela compte beaucoup. Ils se contentent de baptiser le téléphone Cyber-shot pour Sony  ou de sponsoriser les Rencontres photographiques d’Arles pour Nokia, mais on reste là dans des démarches marketing à sens unique qui ne changent rien aux piètres qualités d’APN de leurs photophones. Alors la solution ne viendrait-elle pas d’une inversion de la démarche : partir d’un appareil photo et y greffer les fonctions de communication adéquates pour en faire un véritable appareil photo communiquant, un vrai compagnon de route numérique. Un Canon Ixus 110 3G+, le public signe de suite ! Peut-être qu’un trublion technologique comme Apple serait susceptible de changer a donne et de mettre au point, enfin, LE photophone que tout le monde attend.


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