Test du Nikon Coolpix S8000

Test du Nikon Coolpix S8000

Le Nikon Coolpix S8000 fut annoncé début février 2010 dans le cadre du CES de Las Vegas. Doté d’un objectif 10x faisant appel au verre ED, il se veut « superzoom » et offre l’enregistrement vidéo haute définition. Il est fin, doté d’un bel et grand écran 3″ / 921 000 pixels et Nikon nous le promet « ultraréactif ». Voici le test du Nikon Coolpix S8000.

Rappelons les principales caractéristiques du Coolpix S8000

– 14 mégapixels

– Zoom optique 10x équivalent 30-300mm

– 2 lentilles en verre ED
– Mode macro 1 cm
– Stabilisation optique VR + détection de mouvements
– 100-3200 ISO
– Vidéo 1280 x 720 pixels (720p) à 30 i/s encodées en H.264
– Ecran LCD 3″ de 921 000 pixels
– Batterie lithium (environ 250 photos selon Nikon)
– 184 grammes
– 21,7mm d’épaisseur

Publié le 22 mars 2010 - 0:00 par La rédaction

La finition du Nikon Coolpix S8000
Le Nikon Coolpix est un appareil plutôt bien construit et nous avons particulièrement apprécié la finition de sa face avant satinée d’une robe marron chocolat très discrète et complètement insensible aux traces de doigts. Avec une épaisseur de 21,7mm, il sait se faire oublier dans une poche malgré son optique 10x. L’ergonomie de l’appareil est améliorée par la roue codeuse qui permet de naviguer aisément dans les menus.

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Zoom optique 10x dans 21,7mm d’épaisseur…

Automatismes de prise de vue
Le fonctionnement du Nikon S8000 est simplifié à l’extrême : un mode auto, un mode scène à choisir parmi 15 modes et le mode de détection de scène automatique puis un mode « portrait optimisé » et enfin un mode « suivi du sujet » qui aurait pu être apprécié si le S8000 pouvait photographier en rafale plus facilement : pour activer le mode rafale, il faut passer par le menu… mais hélas, le mode rafale reste assez lymphatique (0,7 i/s soit une photo toutes les 1,42 seconde) à moins d’activer « rafale sport » dans le menu. Cette rafale, plus rapide (3 i/s sur 45 vues), photographie alors en 3 mégapixels. Devoir passer par le menu pour activer la prise de vue en rafale est assez alambiqué et on aurait aimé trouver un mode scène typé « sport » pour activer l’autofocus avec suivi du sujet et la rafale. Le réglage de la sensibilité passe également par le menu et si on opte pour la sensibilité automatique on peut imposer des limites à l’appareil : de 100 à 400 ISO et de 100 à 800 ISO.

Ecran 3″ – 921 000pixels
Le confort d’utilisation du
S8000 sera renforcé par le bel écran LCD de 3″ mais surtout  par une
résolution de 921 000 pixels « Clear Color ». Il est efficace en toute
situation et reste visible, mais quand l’appareil est incliné à
l’extrême. Par contre, en plein soleil, il ne fera pas de miracle et on
regrette toujours l’absence d’un viseur optique dans ces cas là, mais un
appareil avec viseur optique devient une espèce menacée d’extinction.
Et pourtant….

Ecran 3″ de 921 000 pixels, molette de sélection et raccourcis aux fonctions de retardateur, macro, correction d’exposition en plus du réglage du flash. Classique. On aurait aimé une touche d’accès rapide à la sensibilité. L’enregistrement vidéo se lance par la touche rouge.

Objectif 10x
Si l’objectif du S8000 offre une amplitude de 10x, on regrette que cette dernière ne débute qu’au 30mm quand la concurrence offre une position grand-angle plus généreuse de 28mm comme l’Olympus Mju 9010 vendu le même prix que le Coolpix S8000 ou 25mm sur le Sony HX5 et le Panasonic TZ10, deux appareils aussi plus chers. Le zooming du S8000 est assez précis et on traverse l’intégralité de l’amplitude de focales en 3 secondes. Hélas, en mode vidéo, le zoom est désactivé. Côté optique pure, Nikon a intégré deux éléments en verre ED connu pour ses excellentes propriétés optiques, mais avec le capteur 14 mégapixels et le lissage important opéré par le processeur de l’appareil, il est difficile de se faire une idée quant à la qualité réelle de l’objectif. Nous avons apprécié le mode macro qui offre une distance minimale de mise au point de 1 cm en grand angle.

Vélocité
Lors de l’annonce du Coolpix S8000, Nikon vantait sa vélocité et il est vrai qu’entre le moment où l’on presse le déclencheur et le moment où la photo est prise, il s’écoule à peine une demie-seconde pour qu’il fasse la mise au point et prenne la photo. Mais cette performance est entachée par la lenteur du S8000 à sa mise sous tension et entre deux photos. A la mise en route, l’appareil, comme de nombreux compacts, a besoin de 2-3 secondes pour être opérationnel, mais quand en général, les APN permettent pendant ce temps de naviguer dans les réglages ou de commencer à zoomer, le S8000 est simplement gelé et appuyer sur les touches ne sert à rien. Il ne répond alors qu’au déclencheur, mais à aucune autre commande, ni bouton… Même chose pendant que l’appareil enregistre la photo prise sur la carte : l’appareil ne répond plus. Nous avons testé le S8000 avec une carte SDHC 16 Go Lexar de classe 4.

Capteur de position : la douche froide


Rentré d’une première séance de prise de vue, j’importe les photos dans Aperture et là, douche froide : le S8000 n’a pas de capteur de position qui permettrait aux photos de toujours être visualisées dans le bon sens : il faut redresser à la main toutes les photos prises en orientation portrait. Déjà sur l’appareil, les photos prises en portrait son affichées inclinées à 45°…. voilà une absence qui fait vraiment premier prix, mais le S8000 n’est pas un compact d’entrée de gamme. Ses propriétaires ont intérêt à apprendre le raccourci clavier pour faire pivoter les photos dans leur logiciel de gestion de photothèque.



Le flash escamotable, étrangement placé sous votre index quand vous tenez l’appareil…. horripilant.

Flash escamotable : redouche froide
Le détail ergonomique qui tue ! Le flash est escamotable : parfait. Mais
voilà, lorsqu’il sort, ou plutôt tente de sortir de son logement, il
s’érige juste à l’endroit où on tient l’appareil avec son index… A tous les coups, quand le flash tente une
sortie, il est bloqué par votre doigt et un message d’alerte s’affiche
sur l’écran : « le flash n’est pas complètement relevé ». C’est très
agaçant et ce choix oblige à replier le flash pour le ranger dans son
logement à l’extinction de l’appareil. Ce type de mécanisme avec des
éléments mobiles est forcément source de panne à la longue. Le seul
atout de ce système est d’éloigner peu plus la source lumineuse du flash
du centre optique pour éviter les yeux rouges.

Vidéo HD
Le Nikon S8000 est doté de l’enregistrement vidéo haute définition en 720p en 1280 x 720 pixels à 30 i/s, encodées en H.264. Pas de format AVCHD ici mais le bon vieux format Motion JPEG qui a l’avantage d’être plus facilement géré par les logiciels de montage sans devoir extraire la vidéo. Par contre, il devient assez encombrant et il faut compter environ 1 Mo / seconde. La plus grosse limitation du mode vidéo du Coolpix S8000 réside dans la désactivation du zoom optique en vidéo. S’il y a quelques années cela était courant, aujourd’hui, avec l’essor de la vidéo, de plus en plus d’appareils permettent de conserver la possibilité de zoomer durant l’enregistrement vidéo. Oui, s’il vaut mieux éviter de zoomer lors d’une séquence vidéo pour un film plus agréable à regarder, il est dans la culture « amateur » d’user (et souvent d’abuser) du zoom en vidéo. Le S8000 s’en tire en recadrant la vidéo si on insiste sur le zoom en filmant avec un zoom numérique 2x. Vous savez combien nous craignons les zooms numériques. Le S8000 offre une sortie HDMI pour visionner directement les vidéos sur une télé HD.


Dans cette vidéo, on entend les bruits parasites du frottement des doigts sur les micros, eux aussi positionnés sur le dessus de l’appareil. Cela génère de petits cliquetis.



Les saccades dans cette vidéo tendent à nous faire penser que la stabilisation optique d’image est désactivée en vidéo ce qui serait dommage…  mais il n’en est rien, le système VR rste actif en vidéo aussi.

Menu visualisation riche
Le menu visualisation du Coolpix S8000 est riche de fonctions :
– en zoomant dans une photo, il suffit d’appuyer sur « menu » pour confirmer un recadrage.
– on peut choisir a posteriori d’appliquer le D-Lghting à l’image pour déboucher les ombres
– on peut choisir le niveau de « maquillage » (lissage de la peau et effet bonne mine)
– on peut appliquer la « retouche rapide » qui agit sur plusieurs points pour une image prête à imprimer.
– lors de la visualisation, on peut classer les photos par date ou par mode dans lequel elles ont été prises. Vous pouvez alors voir toutes vos photos macro, tous vos portraits, etc…

Recharge par USB
Très appréciable : le Nikon Coolpix S8000 se recharge par le port USB. Si on peut le brancher sur le secteur, on peut aussi, en voyage, charger son Coolpix en le connectant à son ordinateur. De plus en plus de gens partent en voyage avec leur ordinateur portable ou netbook et cela permet de s’affranchir d’un chargeur de plus dans la valise. Au quotidien, en connectant votre S8000 à votre ordinateur, sa batterie lithium sera toujours chargée.

L’exposition
La mesure de l’exposition est la grande spécialité de Nikon. Ce savoir-faire se retrouve sur le S8000 qui, même à contrejour, allie mesure fine de la lumière et traitement de la photo pour à la fois illuminer les tons foncés et préserver autant que faire se peut, les hautes lumières. Nous avons été agréablement surpris lors de notre test de trouver autant de ciels bleus et de nuages non délavés comme souvent avec les compacts. Malgré ses 14 mégapixels, le capteur du S8000 offre une dynamique intéressante. On peut régler la compensation de l’exposition dans différents modes avec le raccourci situé sur la roue codeuse, à droite, et faire remonter l’histogramme en temps réel à l’écran. En mode auto classique, on aura également accès au réglage de la teinte pour refroidir ou réchauffer une image et à la saturation.

Stabilisation optique
C’est le système Nikon VR (Vibration Reduction) qui officie sur le Coolpix S8000 pour stabiliser l’image. Plus efficace qu’un système mécanique à translation de capteur (choix opéré par Olympus sur le Mju 9010 qui partage de nombreuses caractéristiques avec le Nikon S8000), la stabilisation optique du Coolpix S8000 permet de descendre à 1/15s sans problème et dans notre test, nous avons réussi de nombreuses photos nettes à 1/10s et jusqu’à 1/5s. Si c’est le sujet qui bouge, Nikon a doté le S8000 d’un détecteur de mouvement qui augmente alors la vitesse d’obturation et la sensibilité au besoin.

Rendu colorimétrique
Les photos issues du Coolpix S8000 sont bonnes à tirer telles quelles. Le processeur retravaille les photos et le moins que l’on puisse dire, c’est que les couleurs sont au rendez-vous, ce qui ravira les acquéreurs du compact Nikon leur assurant des photos assez spectaculaires : en mode paysage, le bleu du ciel est intense, le bleu de l’Océan est bien restitué et la végétation revêt une robe émeraude flatteuse. La balance des blancs du S8000 est assez fiable même s’il ne faudra pas lui demander de miracle sous les lumières artificielles et comme le flash du S8000 est bien dosé, on pourra y recourir sans dénaturer sa photo, ce qui permet de rétablir la bonne température de couleur.

Un mode scène « photo culinaire » permet
d’ajuster la teinte froide<=>chaude. Intéressant. Le zoom macro
permet de s’approcher à 1 cm du sujet en grand-angle.

Rendu des détails et sensibilité
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le rendu du Nikon S8000 est très particulier. En effet, il opère un lissage très fort du bruit généré par le capteur, et ce, dès 100 ISO ! Il accentue aussi de manière parfois presque caricaturale la netteté des bords des sujets tout en floutant les textures comme la peau. Surprenant au départ, ce rendu très particulier pourrait quand même bien séduire le public auquel se destine le Coolpix S8000. En mode portrait optimisé, le lissage type « mode beauté » est appuyé.

Voici quelques photos exemples de ce que l’on peut obtenir avec le Coolpix S8000


Le rendu du ciel est certes un peu artificiel mais, malgré les tonalités sombres de la rivière, le ciel reste bleu et les nuages conservent leur matière en partie. Cliquez sur la photo pour en télécharger la version 14 mégapixels qualité normale.

Même le jaune fluo ne fait pas peur au capteur du S8000. En général, le jaune fluo photographié tend vers le vert. Cliquez sur la photo pour en télécharger la version 14 mégapixels
qualité normale.

Ici, la photo est prise à 400 ISO. Déjà, on perd de l’information dans les détails du fait du lissage du bruit généré par le capteur 14 mégapixels. Sur tirage papier, le bruit est dilué dans la forte résolution. Si dessous, un détail à 100% de la photo du haut. Cliquez sur la photo pour en télécharger la version 14 mégapixels
qualité normale.

Voici le détail à 100% de cette photo prise à 400 ISO sur laquelle on décèle facilement le lissage opéré par le S8000.


Mais relativisons, une photo n’est pas faite pour être regardée à 100%. Surtout en 14 mégapixels. Voici une simulation de vue à 50%, plus proche de ce que l’on pourra obtenir en tirage. Le lissage reste très perceptible, surtout en qualité normale comme ici.



On mesure ici la différence de qualité (sur un extrait à 100%) entre le mode normal et le mode « Fine » du S8000. Le mode normal est plus « lessivé » que le mode fine
. En bas, la photo issue du Panasonic TZ10, un 12 mégapixels, affiche paradoxalement une sensation de détail plus intense, elle est plus contrastée et moins lissée.

Cliquez sur la photo pour en télécharger la version 14 mégapixels
qualité normale.

En intérieur, un « petit pet de flash » permet de conserver une balance des blancs optimale. Notez l’exposition assez fine malgré le coup de flash.

Le plumage immaculé de ce héron a dépassé les limites du capteur 14 mégapixels du S8000 : perte totale d’information dans les plumes blanches et création d’un halo autour de l’oiseau sur fond plus sombre. Le contraste extrême a généré un peu d’aberration chromatique malgré l’utilisation de verre ED dans l’objectif. Le traitement du Coolpix S8000 crée des franges sur les bordures des sujets pour donner une impression de netteté. Le renforcement du microcontraste local est un peu appuyé.


Pour comparer, voici une photo en qualité « normale » 14 mégapixels. Cliquez dessus pour en télécharger la version 14 mégapixels
qualité normale.


La même photo en qualité Fine. Cliquez dessus pour télécharger la version complète en « Fine » et comparer avec celle du dessus en qualité « normale ».


Cette photo était en plein contrejour à l’écran, mais le S8000 a conservé le bleu du ciel et réhaussé le feuillage de l’arbre.


Ci-dessus, une photo 14 mégapixels qualité « normale » du Nikon S8000. Cliquez dessus pour télécharger la version pleine résolution et ci-dessous, la même photo en qualité « Fine », elle aussi à télécharger en pleine résolution.


En intérieur et sans flash à 1/25s.

En conclusion
Que penser du Nikon Coolpix S8000 ? On ne peut guère être aussi enthousiaste que le laissait espérer l’annonce de Nikon lors de sa sortie. Nous sommes contrastés à son sujet car sur certains points, il est très avancé :
– il est très fin pour un APN 10x
– il offre la vidéo HD 720p
– son autofocus est très rapide
– il est doté d’un magnifique écran 3″ / 921 000 points

– son stabilisateur optique est performant…
 

mais sur d’autres, il semble bien à la traine :
– il n’a pas de capteur d’orientation pour redresser les photos prises en portrait comme s’il s’agissait d’un appareil entrée de gamme
– son objectif ne démarre qu’au 30mm
– le zoom est désactivé en vidéo
– il est très mou à l’usage (hors déclenchement)
– quelques détails ergonomiques agacent au quotidien
– son rendu est très particulier et il est difficile pour nous de nous prononcer dessus, car il plaira à beaucoup par les traitements importants qu’il opère sur les photos les rendant plus spectaculaires et prêtes à être imprimées dès leur sortie de l’appareil, mais il en rebutera un certain nombre, les plus puristes, qui lui reprocheront de manquer de naturel. Ces utilisateurs-là, regarderont certainement un autre boîtier qui offrira aussi plus de possibilités de réglages manuels que le S8000 conçu pour être utilisé en automatique.

Le capteur 14 mégapixels qui anime le S8000 va se retrouver dans toute une génération de compacts annoncés en début d’année. On constate, et ce n’est pas une surprise, que son bruit important demande un lissage très appuyé, et ce, dès 100 ISO. Dans ces conditions, où est le progrès ?

Le rendu du Nikon S8000 est flatteur : les couleurs sont vives, les bords des arrêtes saillantes et l’exposition maîtrisée avec des hautes lumières souvent restituées et des zones d’ombre débouchées. Le savoir-faire Nikon en termes d’exposition est au rendez-vous, même si le résultat est artificiellement reconstitué à renfort de traitements appliqués à l’image. Les portraits vous donnent un coup de jeune instantanément grâce au lissage de la peau et vous donne bonne mine avec un teint hâlé à faire pâlir d’envie vos collègues de bureau… mais c’est artificiel.

Si on peut préférer au Nikon S8000 le mode vidéo Full HD du Sony HX5 (349 euros) ou son optique 10x qui débute au 25mm, ou encore le zoom 12x débutant au 25mm du Panasonic TZ10 (399 euros) avec son capteur GPS et aussi le magnifique écran AMOLED du Samsung WB650 (329 euros), doté d’un GPS également et d’un zoom plus puissant et plus ouvert en grand-angle (24mm), ces appareils ne sont pas au prix du Coolpix S8000. Ils oscillent entre 329 et 399 euros quand le Nikon Coolpix S8000 est un peu plus accessible puisque commercialisé à 279 euros. Il trouvera sur sa route l’Olympus Mju 9010, lancé au même prix, et le Canon Powershot SX210IS, un peu plus cher, à 329 euros, mais qui bénéficie d’une optique plus puissante et surtout démarrant au 28mm.

Ce positionnement tarifaire fera oublier ses quelques lacunes et sa capacité à réussir des photos flatteuses satisfera sans aucun doute le public auquel il s’adresse.



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