Test du Fujifilm Finepix X100

Test du Fujifilm Finepix X100

FujiFilm a officialisé le FinePix X100 lors de la Photokina 2010, alors
que l’appareil était loin d’être finalisé, mais il déchaina
instantanément les passions des photographes de par le monde. Ce boîtier
à la finition premium et à l’ergonomie d’appareil télémétrique est doté
d’un intéressant capteur APS-C de 12 mégapixels et d’un objectif à
focale fixe Fujinon 23mm ouvert à F/2.0 donnant un équivalent 35mm. Le
X100 innove avec une visée hybride: soit optique, soit électronique
(avec un EVF 1,44 mégapixel), soit combinée : à la manière de la réalité
augmentée, la visée optique est enrichie d’informations en temps réel
comme l’histogramme par exemple. Annoncé à Cologne en septembre dernier,
le FinePix X100 est confirmé pour une disponibilité en mars 2011 et
FujiFilm France le commercialisera 999 euros TTC.

Publié le 4 octobre 2011 - 0:00 par La rédaction

Fuji X100 : finition luxe

Vous êtes prévenus : le FinePix X100 vous est livré dans un véritable écrin, comme pour mieux affirmer son côté luxe, premium, exclusif. Et le sentiment de qualité est perceptible lorsque l’on utilise l’appareil, qui est résolument un bel objet réalisé avec des matériaux nobles et dont la finition bénéficie d’ajustements précis. Mais ce sentiment est contrasté par quelques imperfections indignes de son rang à commencer par des boutons un peu légers et un couvercle de trape de batterie peu en adéquation avec le reste du boitier. Clairement, un éventuel X200 devra apporter plus d’homogénéité dans le finition. Mais ne ternissons pas l’image de ce bel appareil, c’est une réussite.

 

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Ergonomie d’appareil télémétrique

Une bague d’ouverture sur l’optique ! Le raffinement suprême pour un appareil « expert » et si pratique aux yeux des photographes adeptes du mode priorité ouverture. La bague des vitesses et de la correction de l’exposition sont en acier. On se croirait en présence d’un petit Leica et l’instinct de photographe est stimulé par l’adoption de commandes traditionnelles. Un petit bémol cependant : la molette de la correction de l’exposition est bien trop lâche et tend à prendre sa liberté ce qui peut entrainer des séries entières de photos sur ou sous exposées, et ce,
involontairement. Ce petit défaut, très agaçant sur le terrain, penche un peu plus pour le travail en RAW, travail facilité par l’implémentation d’un bouton RAW qui active et désactive le format brut à la volée. Toujours très pratique ! Le second bémol est de taille car il nous a littéralement gâché le plaisir que nous aurions eu à manipuler le X100 : la molette et les boutons divers sont quasiment impilotables comme le bouton de validation qui fait presque systématiquement tourner la roue codeuse ce qui change certains paramètres. Le X100 souffre d’un conception de ses commandes, quel dommage !

 

Le Fuji X100 n’est pas un télémétrique, mais il en prend l’apparence et l’ergonomie traditionnelle.


La molette de la correction d’exposition mériterait à être vérouillée de manière plus ferme…

 

La molette de la vitesse d’obturation pour le mode priorité vitesse.

Visée optique hybride

Reprenant une vieille innovation, Fujifilm implémente sur le Finepix X100 un viseur hybride. Le X100 peut permuter entre l’affichage optique et la visée électronique via un EVF de 1 440 000 points. Mais il peut aussi mixer les deux vues. La visée électronique a le mérite d’être WYSIWYG (What You See Is What You Get) et permet donner un meilleur aperçu de l’exposition ou de l’effet d’une correction de balance des blancs (qui peut être brackettée au passage). La visée optique a été soignée avec une conception galiléenne inversée et l’intégration
d’éléments en verre à haut indice de réfraction et c’est une pure réussite : il est large et lumineux. On en  redemande sur d’autres compacts ! En mode mixte, l’appareil ajuste la luminosité des incrustations sur l’image optique en fonction de sa luminance. On apprécie ce viseur pour sa grande luminosité mais son maniement est ardu et nécessite  jusqu’à 3 boutons. On s’y perd parfois. Le viseur est très large, bien plus large que le cadre de l’image réellement photographiée ce qui présente l’avantage de pouvoir anticiper l’arrivée d’un sujet dans le champ.

 

Ecran 460 000 points… on aurait bien vu un écran mieux définis sur
le X100, mais avec un tel viseur, l’écran est moins vital que sur un
compact privé de visée optique.
Visée électronique vers visée optique : ce petit taquet hérité des
appareils télémétriques est repris ici avec pour fonction d’alterner
entre les modes.
Ce que l’on peut voir dans le viseur du X100 en visée hybride : image
optique avec incrustations d’informations comme l’histogramme par
exemple.

Objectif 23mm F/2.0 Fujinon : équivalent 35mm

Le Finepix X100, c’est un viseur, c’est un boitier luxueux, mais c’est aussi un objectif premium : cette focale fixe, non interchangeable, a été conçue pour optimiser l’angle d’incidence des rayons de l’image sur les photodiodes du capteur APS-C. D’une longueur focale équivalente à 23mm, soit équivalente 35mm sur le X100, elle est intéressante par son ouverture généreuse de F/2.0, mais on n’y a pas toujours accès, frustrant. 8 éléments en 6 groupes composent sa formule optique qui fait également appel à un élément moulé asphérique. Au sein de l’objectif, on retrouve un filtre ND (-3EV) intégré pour exploiter les poses longues. Fuji sait parler aux photographes amateurs de belles optiques et de jolis fonds flous et a greffé un diaphragme à 9 lamelles circulaires. Avec une distance minimale de mise au point de 80 cm, il faut souvent passer en mode macro lorsque l’on photographie un sujet proche.

 

 

 

Qualité d’image : le FinePix X100 au banc d’essai

 

Fujifilm X100 sur dxomark.com
Retrouvez tous les résultats et plus, sur dxomark.com.

Le capteur du Fujifilm X100 face à ceux des reflex APS-C experts, les Canon EOS 60D/7D et Nikon D7000 :
Avec un prix de vente (certes objectif inclus) de 1000 euros, immanquablement, on compare le Fiepix X100 aux reflex experts du moment comme le Nikon D7000 ou le Canon EOS 7D / EOS 60D. Impossible de détrôner l’excellente forme du capteur 16 mégapixels d’origine Sony qui équipe le Nikon D7000 ou le Pentax K-5. Mais le X100 vient se positionner entre le capteur 18 mégapixels des Canon EOS 60D / EOS 7D et le 16 mégapixels du Nikon D7000 : le capteur APS-C de 12 mégapixels du FinePix X100 est donc plus performant que le capteur APS-C Canon actuel.

Fujifilm X100 sur dxomark.com

 

Hautes sensibilité : la feinte du X100
Dans ce diagramme qui représente les mesures des sensibilités réelles des capteurs, on remarque que celle du Fuji stagne à 1000 ISO : en réalité, positionné sur 1600, 3200 ou 6400 ISO, le Finepix X100 se contente de rester en fait à 1000 ISO. Le processus d’augmentation du gain est donc purement logiciel. Fujifilm exploite ainsi un signal plus propre, amplifié par le firmware de l’appareil qui agit directement sur le RAW. C’est une manière de faire et l’apparence des photos du X100 aux hautes sensibilités (même s’il ne s’agit finalement que de leurres), est assez convaincante. Avec une sensibilité basse lumière de 1005 ISO, le Fujifilm X100 fait mieux que le canon EOS 60D qui plafonne à 813 ISO. En conjonction avec l’objectif très lumineux, ce capteur permet de recourir aux hautes sensibilités sans arrières-pensées pour finalement se passer de flash dans bien des situations.

Fujifilm X100 sur dxomark.com

 

Belle plage dynamique
Avec 11,5 EV pour le Canon EOS 60D, 12,4EV pour le X100 et 13,9 EV pour le Nikon D7000, le capteur CMOS du X100 se classe entre les deux reflex-étalons du marché. Sur le terrain, cela signifie plus de latitude d’exposition et des RAW plus modelables. Sur le X100, on bénéficiera donc de la dynamique d’exposition et de la profondeur des
couleurs, leur degré de subtilité dans les dégradés, d’un très bon reflex, meilleur que le Canon EOS 60D, déjà performant. Cela permet ensuite au X100 de proposer des modes « EXR » à dynamique étendue, pratique pour le JPEG, superflu pour ceux qu travaillent en RAW.

Fujifilm X100 sur dxomark.com
Les résultats détaillés sont sur dxomark.com.

Et face aux compacts à objectif interchangeable ?
Les photographes intéressés par le X100 le seront par son compromis compacité / grand capteur / belle optique. Il sera donc mis en concurrence avec les appareils hybrides comme les Micro 4:3 et les Sony NEX, Samsung NX… L’étroitesse du capteur 4:3 des Panasonic Lumix G comme ici le GF2 le pénalise lourdement face au X100. Avec ne sensibilité basse lumière de seulement 506 ISO, le GF2 est enterré par les 1005 ISO du compact Fuji premium. La différence est d’un diaph tout de même…

Fujifilm X100 sur dxomark.com
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Et par rapport aux compacts experts  ?
Certains compacts baptisés « expert » embarquent des capteurs dits « de grande taille ». On reste cependant dans le domaine de la fraction de timbre-poste avec les capteurs CCD 1/1,63″ des Canon G12 ou du petit Panasonic LX5. Si l’issue du match n’a aucun suspens, il reste intéressant de mesurer l’écart de performances entre le capteur du X100 et ceux des G12 et LX5. L’avantage en dynamique et en profondeur de couleur du X100 par rapport aux compacts est finalement plutôt faible avec des valeurs d’environ 11 EV et 20 bits quand le FinePix X100 atteint 12,4 EV et 22,9 bits. Il y a une classe d’écart, pas plus. La sensibilité basse lumière est plus révélatrice de l’intérêt d’une grande surface de capteur avec des valeurs de 132 ISO seulement pour le LX5 et 161 ISO pour le G12, soit environ 3 EV de moins que sur le X100.

En conclusion :

Belle optique, capteur de qualité et processeur puissant : les images du X100 sont de grande qualité, à des années lumière d’un compact expert classique, du niveau d’un bon reflex, soit une classe au dessus d’un compact Micro 4:3. Le piqué est au rendez-vous, l’ensemble tient toutes ses promesses et en JPEG, le firmware du Finepix premium redresse les principaux défauts de l’objectif comme un vignettage forcément important à pleine ouverture. La dynamique du capteur, assez généreuse, ne donnera sa pleine mesure qu’en RAW : nos JPEG comportent quelques zones brulées. Mais en jouant plus précisément avec les modes EXR, on peut aussi sortir des JPEG très satisfaisants.

En conclusion, ce coup d’essai sur le marché de l’appareil compact luxueux à gris capteur et caillou de qualité n’est pas passé loin du coup de maître. La finition est exemplaire, mais entachée de petits détails à revoir, l’ergonomie ultra traditionnelle si prometteuse est gâchée par quelques boutons difficiles à opérer, le viseur si large et lumineux est ombragé par un fonctionnement compliqué de la gestion de l’affichage. Mais le constat sur la finition et l’ergonomie reste excellent.
La qualité d’image est à la hauteur de la combinaison grand capteur APS-C – focale fixe lumineuse de qualité : le piqué est bon, la profondeur de champ maîtrisable, la dynamique en RAW très confortable et la sensibilité du rang d’un bon reflex millésime 2011.
Très vite, on se prend à imaginer un X… doté d’un zoom 3x lumineux (le X100 a déjà un petit frère, le X10 à plus petit capteur CMOS et zoom optique), d’autres X… dotés d’autres longueurs focales, un équivalent 85mm f/1,4 pour des portraits, un 24 ou 35mm, etc., mais surtout, on peut penser que Fujifilm, avec le X100, a pris la température du marché pour éventuellement lancer une gamme de compacts APS-C à objectifs interchangeables, de l’acabi du X100.
On en rêve..

Lors des 15 jours passés avec le X100, nous avons adoré :
– le concept en lui-même
– sa qualité de finition
– son viseur et l’hybridation de son affichage
– sa qualité d’image
– son optique de qualité et lumineuse
– le bouton RAW
– les modes de simulation de films, très ludiques

mais nous avons regretté :
– quelques détails ergonomiques agaçants comme la molette de navigation ou la bague de la correction de l’exposition trop lâche
– la complexité du fonctionnement des différents modes de visée
– la distance minimale de mise au point trop importante
– l’absence de bouton d’accès direct au réglage de la sensibilité ISO

Galerie d’images issues du Finepix X100

Cliquez sur les photos ci-dessous pour en télécharger le fichier pleine résolution issu du X100.


200 ISO, f/8 et 1/300s

200 ISO, f/2,8 – 1/125s
200 ISO, f/11 – 1/28s
200 ISO, f/8 – 1/450s


200 ISO, f/100 – 1/300s


200 ISO, f/2,8 – 1/300s

 


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