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Test du Nikon V1
Trois ans après que Panasonic eut ouvert la voie avec le lancement du premier compact hybride, le Lumix G1, à la Photokina de 2008, Nikon suit la tendance et arrive sur le segment des compacts à objectifs interchangeables avec une nouvelle gamme baptisée « Nikon 1″. Nikon arrive sur un segment de marché encore naissant avec un concept inédit qui adopte un capteur plus petit qu’un APS-C (Sony NEX, Samsung NX) ou qu’un Micro 4:3, mais bien plus grand que le minuscule capteur 1/2,3″ du Pentax Q ou d’un compact numérique classique, même qu’un APN expert comme le LX5 de Panasonic ou le G12 chez Canon. Nikon promet une révolution dans l’usage de l’appareil avec un fonctionnement qui inaugure quelques modes intéressants comme l’instant animé, un mélange de vidéo slow motion avant et après la prise de la photo, un sélecteur de mode scène avec présélection des photos les plus réussies ou une prise de vue en rafale à très haute vitesse.
La gamme Nikon 1 est lancée cet automne avec deux représentants :
– le Nikon J1 : appareil pour amateurs, débutants, le plus compact et léger des deux
– le Nikon V1 : appareil moins compact s’adressant à un public plus expérimenté.
Taille du capteur : qualité d’image vs compacité, un parti pris
Le parti pris technologique de Nikon sur l’adoption d’une taille de capteur relativement petite par rapport à ses concurrents s’apparente à un pari un peu risqué, mais qui pourrait être payant s’il était gagné. L’imageur CMOS du Nikon V1 mesure 13,2 x 8,8mm, soit une surface sensible deux fois plus modeste qu’un Micro 4:3 (cf Panasonic G3, GF3, Olympus Pen E-PL3, E-P3…) et trois fois moins conséquente que la surface d’un capteur APS-C, le choix retenu par Sony pour ses NEX et Samsung pour sa gamme NX. Petit le capteur du V1 ? Et bien non, pas tant que cela puisqu’il reste encore 4 fois plus grand qu’un capteur de compact numérique, celui-là même que l’amateur va vouloir troquer contre un hybride pour bénéficier d’une meilleure qualité d’image.

Le capteur CMOS 10 mégapixels de 8,8 x 13,2mm du Nikon V1 et la monture CX.
Pour quoi un capteur plus réduit ? Et bien pour gagner en compacité
et cela vaut pour le boîtier comme pour les objectifs. Avec un capteur trois fois plus petit que sur un NEX, la gamme Nikon 1 a une marge de miniaturisation trois fois plus importante.
Pari gagné ? Non, pari perdu et de loin : le J1 est petit certes, mais pas tant que cela. Quant au V1, il ne fait pas de la compacité son credo,
mais quand même, on est dans l’ordre de grandeur du Canon G12 ou du Nikon P7100. Les optiques aussi sont plus encombrantes que ce que l’on pouvait imaginer, surtout comparées aux nouvelles optiques Panasonic, comme le petit caillou télescopique et motorisé, le 14-42 X, qui va équiper le non moins minuscule GF3 dans quelques semaines. Il aura fallu trois générations à Panasonic pour réellement miniaturiser sa gamme et exploiter les caractéristiques de son petit capteur, gageons que les Nikon 1 des années à venir vont progresser sur ce plan-là . En tout cas, si par rapport à un NEX, du fait de la grande taille des objectifs Sony E, le V1 avec son objectif 10-30mm VR est bien plus compact, le boîtier reste plus gros qu’un NEX-5N… pour un capteur trois fois plus petit. Les ingénieurs Nikon vont donc pouvoir retourner à leur planche à dessin et inviter leurs petits copains opticiens Nikkor à faire de même.

En mode rafale, le V1 peut atteindre la cadence folle de 60 i/s en pleine résolution.
Expeed 3 et AF hybride
Le nouveau processeur bicoeur EXPEED 3 qui équipe le V1 offre au boîtier une réactivité très appréciable sur le terrain. Le
fonctionnement est fluide et se fait sans délai, mise au point comprise. Seule l’attente entre deux photos est un peu longuette. La sensibilité du capteur 10 mégapixels va de 100 à 3200 ISO, elle peut être poussée à 6400 ISO grâce à la puissance de traitement du
processeur. Le processeur Expeed 3 est sollicité en prise de vue en rafale, une spécialité du V1, et peut avaler 600 mégapixels par seconde.
Nikon a conçu un autofocus hybride pour le V1. Il évolue entre détection de phase comme sur un reflex, rapide quand la luminosité est
bonne, et détection de contraste, plus sensible en basse lumière. Il assure le suivi du sujet, y compris lors de la prise de vue en rafale Ã
10 i/s et offre pas moins 73 points différents en détection de phase et 135 zones en détection de contraste. Les promesses de rapidité faîtes par Nikon lors de l’annonce du V1 sont au rendez-vous, l’autofocus des Nikon 1 est une réussite en termes de rapidité de mise au point, la prise de vue est instantanée, le temps de latence au déclenchement imperceptible. Les AF des compacts hybrides ont fait de nets progrès avec l’arrivée de la nouvelle génération et le V1 vient coiffer le podium des compacts à  objectif interchangeable en la matière, sans toutefois ridiculiser ses congénères comme les Panasonic G3/GF3 qui assurent aussi une mise au point très très véloce. La mise au point rapide du V1 donne à regretter une certaine lenteur dans la digestion de la photo puisque l’appareil est indisponible durant environ deux secondes, étrange quand on sait qu’il est capable de digérer 600 mégapixels de données par seconde. Si nous avons un reproche à faire à l’autofocus du V1, ce serait le peu de jugeote dont il fait preuve dans le choix du sujet à mettre au point. Il donne l’entière priorité au sujet le plus proche, ainsi, appareil posé au sol, retardateur allumé pour une photo de groupe, ce sont les petits
brins d’herbe du premier plan que l’AF a choisi comme sujet principal. Dommage pour un compact dont on nous a promis une utilisation
extrêmement simple et révolutionnaire…
Avec la mise au point verrouillée, le Nikon 1 atteindra la vitesse de prise de vue en pleine résolution de 60 i/s, soit une seconde. Heureusement, d’autres cadences sont disponibles comme 30, 10 et 5 i/s. A 5 i/s, la rafale peut durer 6 secondes.
Flash
Un flash ? Quel flash ? Si son petit frère le J1 embarque un petit flash
pop up, le V1 en est hélas privé et il faudra acheter le petit Speedlight SB-N5, d’un nombre guide de 8 pour bénéficier d’un flash avec le Nikon V1. Il se connecte sur la griffe porte-accessoire
dont est par contre équipé le V1. Hélas, pour ce faire, il faut enlever
la protection plastique du connecteur et la conserver sur soi, car elle
n’est pas reliée à l’appareil par un quelconque lien, vous avez toutes
les chances de le perdre. Le flash n’est pas compatible avec le système flash sans fil Nikon CLS, une des grandes forces du système reflex de la marque par sa souplesse et sa facilité de mise en oeuvre, ni avec les flashs Speedlight.
Même modeste, un flash intégré reste très pratique pour déboucher un portrait en contre-jour. Nikon est d’autant plus fautif que le V1 ne
fait pas de la compacité sa priorité et pouvait donc accueillir un flash
intégré. Il va falloir compter sur le D-Lighting et la dynamique du
capteur.

La batterie du D7000
Comme un appel du pied aux utilisateurs de reflex Nikon, D7000 en tête, le V1 utilise la batterie EN-EL15
du boîtier expert plébiscité par la presse spécialisée et les
consommateurs. Cet accu lithium de 1900 mAh assure une autonomie très
confortable au V1 qui atteint les 350 photos annoncées par Nikon lors de
sa présentation à la presse. Un compact avec une batterie de reflex, ce
choix technologique sera apprécié des nikonistes.

Full HD – Instant Animé – Photos à la volée
Avec son capteur CMOS, le V1, comme le J1 d’ailleurs, permet de filmer en Full HD
en 30p ou 60i. Un mode slow motion accélère la cadence des vidéos à 400
et 1200 i/s. Le
V1 est équipé d’un micro intégré stéréo et d’une entrée pour micro stéréo. Le mode vidéo du V1 autorise la
prise de photos en pleine résolution (en 16:9, soit 8,3 mégapixels) sans
interruption de la vidéo. Fonction très appréciable.
Le mode « instant animé » vous laisse prendre votre photo
normalement, mais en créant une vidéo annexe en .mov qui enregistre 0,6s
avant et 0,4s après le déclenchement. Le tout est diffusé au ralenti (40%) avec
ajout de musique, dont vous pourrez choisir le thème dans le petit catalogue embarqué. Ce petit moment avec
ralenti, photo et musique est une fonction très sympa des Nikon 1, mais de là à lui allouer un mode dédié sur la bague de réglage…
Ergonomie
L’interface du V1 est un dilemme à elle toute seule : c’est un
compact grand public, loué pour sa facilité d’utilisation, mais destiné,
à l’inverse du J1, à un profil plus expert. On évolue donc entre des
automatismes envahissants et une ergonomie quelque peu incohérente.
Si on a bien accès aux modes PSAM, leur utilisation n’est pas des plus
logiques : la molette arrière n’aura aucun effet sur l’ouverture de
l’objectif en mode priorité ouverture, il faudra actionner le taquet
« loupe » pour changer ce paramètre. Vous voulez accéder au réglage de la
sensibilité ? Ne cherchez pas le bouton ISO, il faut passer par le
menu. Le Nikon V1 possède un bouton « F », évoquant le bouton « fonctions »,
mais hélas, d’une part il n’est pas programmable (et on espère bien une
mise à jour du firmware pour revenir sur cette lacune), d’autre part,
il ne règle qu’un seul paramètre en fonction du mode de prise de vue. On
aurait aimé qu’il ouvre un menu condensé donnant accès à plusieurs
paramètres comme la rafale, la sensibilité, le bracketting, ou autre.
En mode instant animé, le bouton « F » donne accès aux thèmes sonores de la vidéo, en
sélecteur de photo optimisé, il ne donne accès à rien, en mode
auto/PSAM, il donne accès au type de déclencheur (mécanique/
électronique / haute vitesse) et en mode vidéo, il donne le choix entre
vidéo HD ou ralenti. Bref, un bouton pour rien alors qu’il aurait pu
être très utile.
En revanche, dans le mode visualisation, conjointement avec la molette
arrière, il sert à noter les images en étoiles ou à les marquer
rejetées.
On regrette un recours trop systématique au menu sur le V1 (un
menu dont l’interface graphique aurait gagné à être un peu plus
travaillée). Par exemple, en mode auto, le mode vert, il faut passer par
le menu pour choisir le mode d’exposition (scène, PSAM…) choix que
l’on aurait aimé voir sur la bague de réglage, et il en va de même pour
accéder au réglage des ISO. Etrange quand il reste pourtant un maximum
de place sur la bague des modes de prise de vue, une bague étonnamment
chichement peuplée sur laquelle on retrouve certains modes un peu
gadgets tout de même. Sur cet appareil « expert », le mode priorité
ouverture est absent de la bague de commande, mais le mode « instant
animé » est présent. La bague du choix du mode était un peu lâche sur
notre exemplaire de test et nous nous sommes à maintes reprises
retrouvés dans un mode différent de celui attendu, c’est toujours très
agaçant.

vidéos Full HD et, sur l’optique 10-30mm, le fait que le bouton de
déverrouillage a pour effet d’activer l’appareil.

Viseur / Ecran
Une qualité du V1 est l’adoption d’un viseur optique qui est un
viseur électronique. Il est satisfaisant même si Sony, sur le NEX-7, a
pris une longueur d’avance avec l’EVF OLED de 2 millions de points. Le
V1 offre un
viseur électronique tout ce qu’il y a de plus classique de 1,44 million
de points, TFT, avec
dégagement oculaire de 17mm et un grossissement de 1,5x. On peut en
ajuster la luminosité et régler la dioptrie. Le V1 est équipé
d’un système de détection type « Eyestart » apparu sur les Minolta il y a
bien longtemps, qui bascule l’affichage de l’écran vers le
viseur lorsque l’on s’approche de ce dernier, réactif et très pratique Ã
l’usage. On aurait quand même bien apprécié que ce viseur soit
orientable.

L’écran 3″ / 921 000 pixels bien connu est toujours agréable à utiliser.
Il est un plus pour le V1 comparé à l’écran moins résolu du J1 (3″ /
460 000 points) mais aurait gagné à offrir un fonctionnement tactile,
surtout pour un appareil annoncé révolutionnaire. L’expérience utilisateur aurait été
toute autre.
Obturateur mécanique
Sur le papier, cela peut sembler un point de détail, mais sur le
terrain, ça voudra dire beaucoup : la présence d’un déclencheur
mécanique sur le V1 est un gros atout, car il donne d’autres sensations
au photographe et procure un retour d’information du déclenchement dans
le doigt utile et agréable.
Nikon Picture Control
Nikonistes, si le V1 n’est pas compatible avec vos flashes Speedlight, il
est en revanche doté des Picture Control. Vous pourrez ainsi utiliser
vos réglages de rendu d’image favoris, que vous aurez crée sur votre
reflex ou sur Capture NX.
Télécharger la fiche technique du Nikon V1
Le parc optique
La famille Nikon 1 vient tout juste d’être lancée. Son succès dépendra
fortement de la variété d’objectifs que Nikon pourra développer et de
leur compacité, nous en avons déjà beaucoup parlé, et ce, d’autant plus
que le management japonais nous a confirmé ne pas dévoiler les
spécifications techniques de la monture CX aux opticiens indépendants
comme Tamron, Sigma ou Samyang. L’offre de base, d’ici Noël sera
constituée de trois optiques : le 1 Nikkor VR 10-30mm que nous avons
utilisé avec le V1 pour ce test, le téléobjectif 1 Nikkor VR 30-110mm et
le pancake 1 Nikkor 10mm f/2,8. Rappelons que le coefficient
d’allongement de focale induit par le capteur du V1 est de 2,7x, ainsi,
le pancake 10mm est un équivalent 27mm.
Nikon nous promet 7 autres objectifs 1 Nikkor sous 3 ans.
Notez que si vous aimez le Nikon V1 en blanc, et c’est vrai qu’il est
magnifique, vous ne pourrez acheter un
objectif assorti que si vous le prenez en kit avec votre V1. Achetés
seuls, les objectifs 1 Nikkor ne seront pas disponibles dans les
différents coloris.

Nous avons testé le Nikon V1 avec l’objectif 1 Nikkor 10-30mm VR.
1 NIKKOR VR 10-30mm f/3.5-5.6
Ce sera l’objectif des kits J1 (549 euros) et V1 (799 euros), ce 3x est
équivalent 27-81mm et est stabilisé par le dispositif Nikon VR. Il est
aussi rétractable pour une compacité optimale un peu comme le Panasonic Lumix G
X Vario PZ 14-42mm, qui fait pourtant mieux que le Nikkor dans ce domaine.
Téléobjectif 1 NIKKOR VR 30-110mm f/3.8-5.6
Téléobjectif équivalent du 81-297mm, il est équipé d’un système de
stabilisation d’image Nikon VR. L’optique est également rétractable et il sera proposé avec le 10-30mm dans les doubles kits.
Grand-angle 1 NIKKOR 10mm f/2.8
Sur Nikon V1, ce pancake devient un 27mm. Il ouvre à f/2,8 et Nikon nous annonce une qualité optique de haut vol.
Téléobjectif 1 NIKKOR VR 10-100mm f/4.5-5 optimisé pour la vidéo
Le 1 NIKKOR VR 10-100mm f/4.5-5, équivalent d’un 27-270 mm, est optimisé
pour la vidéo. Il offre une motorisation silencieuse avec vitesse
de zooming ajustable. Sa construction optique mobilise des éléments en verre ED et d’autres asphériques.

Le parc optique Nikon 1, le module GPS et le nouveau flash SB-N5.
La capacité de Nikon à étoffer sa gamme d’objectifs 1 Nikkor avec des
optiques spécialisées intéressantes et à les miniaturiser sera
déterminante pour que la famille Nikon 1 s’impose à terme.
Adaptateur FT-1
permet de monter les objectifs pour reflex de la marque sur les compacts
hybrides NEX tout en bénéficiant d’un module autofocus. Nikon sort un
adaptateur très proche de ce concept permettant de monter les objectifs
Nikkor que l’on aura acheté ces dernières années pour son reflex, sur le
Nikon V1. On pourra alors utiliser son parc d’optiques NIKKOR, que les
objectifs soient AF-I et AF-S. L’autofocus reste opérationnel. Avec le
coefficient d’allongement de focale du capteur CX de 2,7x, votre
70-200mm f/2,8 VR monté sur le V1 pourra
atteindre 540mm. L’intérêt est très limité pour les optiques
grand-angles qui perdent leur grand-angle de champ, mais l’adaptateur
devient vraiment alléchant pour utiliser son téléobjectif ou un objectif
spécialisé comme un Micro Nikkor par exemple.

L’adaptateur FT-1 qui permettra de monter ses objectifs Nikon sur un
V1 tout en conservant autofocus et transmission des données
d’exposition. Son prix de vente sera de 279 euros.
Qualité d’image
Le Nikon V1 est passé sur le banc d’essai de DxOMark et les résultats
respectent la logique de la physique : le capteur CX de 10 mégapixels
des Nikon 1 offre la qualité d’image de son rang, ou plutôt de sa
taille, entre un compact classique et un micro 4:3, distancé par les
excellents capteurs Sony APS-C.
Sans surprise aucune, la sensibilité basse lumière du V1 mesurée par
DxOMark atteint la valeur moyenne de 346 ISO. Comparée aux 667 ISO du
micro 4:3
Panasonic G3 et aux 1083 ISO de l’excellent capteur CMOS du Sony
NEX-C3, la solution retenue par Nikon est devancée par ses concurrents, Ã
près de +2 et +3EV tout de même.
Mais comme on le voit dans l’illustration (plus bas) des photos prises
de 100 à 6400 ISO, le nouveau processeur bicoeur Expeed 3 est à la tâche
pour nettoyer le bruit des photos issues du capteur de 13,3 x 8,8mm. Le
choix d’une résolution modeste, de 10 mégapixels seulement, est sage et
payant au final, car en « real life », les photos du V1 sont peu bruitées jusqu’à 800 ISO, voire 1600 ISO. Ce n’est qu’après 1600 ISO que le lissage devient gênant. Le V1 est quand même plus de 2 diaph plus sensible qu’un compact
classique (cf les 172 ISO mesurés du capteur 1/2,3″ du Nikon P7000), même trois
fois plus sensible que le capteur de l’Olympus XZ-1 (117 ISO) et 2,5 EV
plus réceptif à la lumière que l’imageur du Panasonic LX5.
La logique est donc respectée pour ce qui est de la sensibilité du
capteur des Nikon 1 : sa petite taille le positionne bien une classe en dessous des
capteurs M 4:3 et deux classes en dessous des capteurs APS-C des concurrents et bien
une à deux classes au dessus des capteurs des compacts numériques classiques, appareils
« experts » compris.

(Ã mettre en perspective avec les 10,1 EV de l’Olympus Pen E-P3 et les
10,6 EV du Panasonic
Lumix G3). La dynamique du V1 se situe donc entre celle des capteurs
M4:3, des capteurs à la conception un peu datée maintenant et la belle
performance en la matière du capteur Sony APS-C de 16 mégapixels qui
équipe le NEX-C3 ou le NEX-5N, un capteur qui se distingue par une
dynamique qui avoisine les 13 EV. Le D-Lighting actif du V1 exploite
cette réserve de dynamique pour rehausser les ombres et récupérer des
informations dans les très hautes lumières.

Un peu de pixel peeping… Le V1 à différentes sensibilités. Affichage à 100%.
Taille du capteur et profondeur de champ…
Il faudra être conscient d’une chose lorsque l’on voudra acheter un
hybride Nikon. La petite taille du capteur ne favorise pas les photos
avec un sujet net sur un fond flou. Il sera plus difficile de détacher
le sujet du fond avec le Nikon V1 qu’avec un Panasonic G, un Olympus PEN
ou un Sony NEX et Samsung NX. Cet effet, très apprécié du grand public
qui voit en la capacité des hybrides de réaliser ce type de rendu, une
motivation pour adopter un compact à grand capteur, sera donc mineur sur
le Nikon V1 que sur les compacts hybrides concurrents, hors Pentax Q
naturellement. Un petit caillou en focale fixe équivalent 85mm ouvert Ã
f/1.4 pourrait changer un peu la donne, mais pour l’heure, la
luminosité maximale de l’offre optique n’est de seulement f/2.8 avec le
pancake, un grand-angle 27mm d’équivalence 24×36, peu enclin non plus
aux effets de bokeh.
En matière de flou d’arrière-plan comme en matière de sensibilité, le V1
s’intercale entre les solutions Micro 4:3 ou APS-C et les compacts
numériques.
Pour le reste, l’optimisation des modes de prise de vue, le traitement
des photos par le processeur EXPEED 3 et la modernité du capteur CMOS
employé font des photos du V1, des photos globalement réussies avec une
bonne gestion de l’exposition, l’appareil étant aidé en cela par le
D-Lighting et des couleurs vives qui satisferont le public visé par
Nikon. Du point de vue de la qualité d’image, le V1 est un appareil sans
souci.
V1, objectifs, accessoires et kits : les prix
- Kit NIKON 1 V1
Noir mat + 10-30mm : 799 euros
- Kit NIKON
1Â V1 Noir mat + 10mm : 949 euros
- Kit NIKON 1 V1
Noir mat + 10-30mm + 30-110mm : 949 euros
- Kit NIKON 1 V1
Noir mat + 10-30mm + 10mm : 949 euros
- NIKON 1 Flash SB-N5 : 159 euros
- Objectif 1 NIKKOR 10mm
f/2,8 Noir mat : 279 euros
- Objectif 1 NIKKOR VR
10-30mm f/3.5-5.6 : 219 euros
- Objectif 1 NIKKOR VR
30-110mm f/3.8-5.6 : 279 euros
- Objectif 1 NIKKOR VR
10-100mm f/4.5-5.6 PD-ZOOM : 839 euros
- Adaptateur
Monture F FT1 : 279 euros
- Module GPS Nikon GP-N100 : 129 euros
Le Nikon V1 n’est pas un premier prix. Sa plus-value par rapport au J1
s’élève à 250 euros, une somme justifiée à l’égard des nombreux
raffinements dont le J1 est privé, mais qui vient gonfler une addition qui dépasse les 1100 euros en double kit avec le flash externe SB-N5.
A titre de comparaison, le Panasonic G3, l’expert, en kit avec l’optique
3x est à 600 euros, son petit frère compact, le GF3 en kit avec le
14-42mm est à 450 euros… Champion de la compacité, le GF3X avec le
zoom périscopique et motorisé 14-42mm sera vendu 650 euros (moins 100
euros de cash-back jusqu’Ã fin 2011). Le NEX-C3, chez Sony, est
également à 450 euros dans le commerce avec l’optique 18-55mm
stabilisée, une solution qui mixe un appareil très compact et un
objectif franchement encombrant, mais emploie un capteur au top de ce
qui existe à l’heure actuelle, en APS-C et son grand frère, le NEX-5N,
est proposé à 579 euros dans cette même configuration.
J1 vs V1 Ã l’heure du choix
Très proches l’un de l’autre techiquement, les deux boîtiers Nikon 1
sont éloignés par leur approche de la prise de vue même si au final,
comme nous l’avons vu, l’interface du V1, l’appareil-expert, est peu
adaptée à l’utilisation en mode PSAM qu’en ferait un photographe dit
« expert ». 250 euros séparent le J1 du V1, c’est une somme. Elle se
justifie par les différences suivantes :
- un viseur électronique 1,44 million de points sur le V1 contre aucun viseur sur le J1
- un écran 921 000 points sur le V1 contre 460 000 points sur le J1
- un déclencheur mécanique à retour d’information sur le V1 en complément du déclencheur électronique
- des éléments en alliage de magnésium
- une griffe porte-accessoire
- un système antipoussière actif par vibration sur le V1 alors qu’il est passif sur le J1
- une entrée micro stéréo
- une batterie plus performante sur le V1
- mais pas de flash intégré sur le V1 alors que le petit J1 en est doté
Plus ouvert que son petit frère J1, le Nikon 1 est également équipé
d’une connectique plus riche comme une entrée micro stéréo comme le Nikon ME-1
(environ 135 euros). Sur le dessus, Nikon a
placé une griffe porte-accessoire pour y brancher le petit flash
Speedlight SB-N5 ou le capteur GPS GP-N100. Nikon prévoit une large
gamme d’accessoires dont des flashs macro annulaires, un système entier
est prévu. Le V1offre également un port USB 2.0 et un miniHDMI (Type C).

L’objectif 1 Nikkor 10-30mm 1:3,5-5,6 VR que nous avons utilisé lors
de ce test délivre une qualité d’image très convaincante avec un piqué
homogène sur tout le champ. Nous aurions aimé que Nikon profite du petit
cercle optique induit par le capteur utilisé pour monter en amplitude
de zoom sur son objectif « de base » pour offrir par exemple un 5x plus
polyvalent.
Le stabilisateur optique ne nous a pas bluffés par son efficacité dans nos essais en sous-bois.
Test du Nikon V1 – Conclusion
Très prometteur, le concept Nikon 1 nous laisse finalement un peu sur notre faim.
Les concessions que l’on peut faire sur la taille du capteur ne valent
que si l’ensemble appareil + objectif est réellement compact et sur ce
plan-là , le compte n’y est pas : le V1 avec le 10-30mm est plus gros et
plus lourd que certains concurrents à plus gros capteur… La révolution
à l’utilisation que Nikon nous avait annoncée lors du lancement du V1,
nous en sommes bien loin. Certes, on appréciera la qualité des photos du
V1, la réactivité record de son autofocus, la présence de modes sympas
comme « instant animé » ou encore la prise de vue en rafale, la vidéo Full
HD et la possibilité de prendre des photos sans interrompre cette
dernière, mais son ergonomie tombe à côté de la plaque et le recours
systématique au menu, perfectible qui plus est, frustrera l’amateur
comme l’expert. L’absence de flash intégré et un prix bien trop appuyé
viennent assombrir un tableau qui aurait pu être brillant, comme le sera
la seconde génération de Nikon 1.
Nikon a posé les bases d’un écosystème d’avenir dont on ne perçoit qu’un
amuse-bouche très perfectible. Nous sommes très impatients de découvrir
les générations futures de Nikon1.
Ce que nous avons aimé :
+ Réactivité de l’autofocus
+ Présence d’un viseur d’oeil
+ Qualité optique du zoom 10-30mm VR
+ Qualité d’image : dynamique, rapport Signal/bruit jusqu’à 1600 ISO
+ Vidéo Full HD
+ Rafales rapides
+ Bel écran 921 000 points
+ Finition qualitative
+ l’autonomie avec la batterie EN-EL15 du D7000
Ce que nous regrettons :
- Pas si compact que cela
- Stabilisation d’image du zoom 10-30mm VR perfectible
- Absence d’interface tactile
- Interface peu efficace
- Pas d’accès au réglage de la sensibilité
- Pas d’accès sur la bague aux modes PSAM
Notre wishlist pour le V2 :
- une autre interface utilisateur
- un menu icône / applications comme sur le Samsung MV800
- un gain de compacité et de poids
- un écran articulé et tactile
- un flash intégré et la compatibilité multiflash sans fil Nikon CLS
- un accès direct aux modes PSAM et à des réglages comme la sensibilité
- un prix revu, plus en adéquation avec le concept, les qualités de l’appareil et sa cible
Galerie de photos téléchargeables
Voici un panel de photos prises avec le Nikon 1 en conjonction avec
l’objectif 1 Nikkor 10-30mm VR. Cliquez sur la vignette pour en
télécharger la photo originale JPEG issue du V1, en qualité FINE.




100 ISO – f/5,6 – 1/800s – 30mm


100 ISO – f/3,5 – 1/80s – 10mm
Le débouchage des ombres opéré par le Nikon 1 tire parti de la bonne
dynamique du capteur et d’un signal savamment traité par le processeur
EXPEED 3.


100 ISO – f/5,3 – 1/320s – 26mm
Parfois, un petit coup de main au contraste serait bienvenu.


100 ISO – f/5,6 – 1/320s – 30mm

100 ISO – f/5,6 – 1/200s – 30mm





100 ISO – f/5,6 – 1/500s – 19mm
















