Test de l'objectif AF-S Micro Nikkor 40mm f/2.8G

Test de l’objectif AF-S Micro Nikkor 40mm f/2.8G

Il est disponible depuis quelques semaines, le petit objectif macro pour reflex Nikon à capteur APS-C, l’AF-S Micro Nikkor 40mm f/2.8G est vendu moins de 200 euros. Voici le test.

Publié le 2 novembre 2011 - 0:00 par La rédaction

Nikon n’a pas été très vaillant dans le développement d’objectifs à focales fixes dédiés à la monture « DX » des reflex équipés de capteurs APS-C (famille D3100 / D5100 / D7000 / D300s). L’unique focale fixe non spécialisée est le 35mm DX. En macro, en revanche, Nikon avait déjà sorti l’AF-S DX Micro Nikkor 85mm f/3.5 G ED VR, une longue focale macro, heureusement stabilisée. Cet été, Nikon a sorti l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G, une optique légère et compacte équivalente, mais en monture DX, à l’AF-S Micro Nikkor 60mm f/2.8G ED en monture FX compatible avec les boitiers Full Frame.

Ergonomie, qualité de fabrication
Léger, avec seulement 235 grammes sur la balance, l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G offre une construction moyenne gamme, à des années-lumière de l’AF-S VR Micro Nikkor 105mm f/2.8G, la référence du marché en optique macro, doté d’une focale bien plus longue et en monture FX (compatible avec les reflex Full Frame), mais aussi trois fois plus chère (900 euros vs 250-300 euros). La finition du petit 40mm macro en monture DX est toutefois correcte et l’objectif offre un abaque de profondeur de champ selon le rapport de reproduction. Optique compacte oblige, sa bague de mise au point manuelle est un peu étroite à notre goût, mais c’est un compromis pour bénéficier d’une optique moins encombrante que la magnifique Micro Nikkor 105mm.
Toujours appréciable chez Nikon, l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G est livré avec son pare-soleil et son étui souple. Notez que le pare-soleil est assez proéminent et qu’il faut l’ôter pour se rapprocher du sujet (courte focale) si l’on veut tutoyer le rapport 1:1.
Sa baïonnette en métal est tropicalisée avec un joint d’étanchéité pour prévenir la venue de poussières sur le capteur de l’appareil.

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6,5cm de long et 235 grammes seulement
pour l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm f/2.8G ici comparé à l’autre objectif
macro DX et aux deux focales fixes macro en monture FX, le 60mm f/2.8G
ED, l’équivalent de celui que nous testons aujourd’hui et le 100mm
f/2.8G ED VR, le meilleur objectif macro, tout simplement.

On les oublie souvent, mais Nikon
propose également les objectifs macro à décentrement, les PC-E Micro
Nikkor 45mm et 85mm, tous deux ouverts à f/2.8.

Rappel des caractéristiques de l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G
– Focale : 40mm (équivalent 60mm sur reflex APS-C)
– Monture DX pour reflex APS-C
– Objectif Macro : rapport de reproduction de 1:1
– Ouverture : F/2,8 à F/22
– Motorisation AF : SWM
– Formule optique : 9 éléments en 7 groupes
– Diaphragme circulaire à 7 lamelles
– Diamètre des filtres : 52mm
– Diamètre de l’objectif : 68,5mm
– Longueur de l’objectif : 64,5mm
– Poids : 235 grammes
– Accessoires fournis : pare-soleil et étui souple
– Distance minimale de mise au point : 16,3 cm

Optique polyvalente
Le choix de la focale a son importance : avec une focale nominale de 40mm, on est sur un angle de champ équivalent à un 60mm une fois monté sur un reflex à capteur APS-C, en monture DX donc, puisque, rappelons-le, cet objectif DX est fait pour ces reflex et ne se montera pas sur un reflex Full Frame, en monture FX. Ainsi donc, sur un D7000, un D5100 ou un D3100, l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G deviendra un 60mm macro. On pourra donc faire d’une pierre trois coups : naturellement, il sert d’optique macro avec son rapport de reproduction maximal de 1:1, mais il peut aussi remplacer un traditionnel 50mm en échange d’un angle de champ un peu plus étroit, et enfin, avec une focale équivalente un peu courte, il s’approche d’une focale à portrait pour ceux qui aiment un cadrage type plan américain. Son ouverture maximale de f/2,8 offre une luminosité confortable même si on sera loin des f/1,4 et f/1,8 des 50mm Nikon (et du f/1,8 de la seule focale fixe DX non spécialisée, l’AF-S DX 35mm f/1,8G) que l’on trouve pour respectivement 350 et 150 euros environ. Par contre, son diaphragme à 7 lamelles circulaires donnera un arrière-plan doux et joliment velouté qui le rend tout à fait apte à la photo de portrait et ce positionnement de focale fixe polyvalente est d’ailleurs clairement revendiqué par Nikon.

Le challenge de la mise au point
Ceci n’est pas du fait de la conception de l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G mais simplement des lois de l’optique : plus on se rapproche du rapport de reproduction maximal, plus la profondeur de champ (la zone de netteté dans l’image) devient ténue. A telle point qu’elle ne dépasse pas une poignée de millimètres à 1:1 diaphragme fermé.
Voici la profondeur de champ illustrée avec une photo de gouttelettes de rosée non loin du rapport 1:1, sur la première image, prise à f/5, l’ouverture maximale à cette distance (l’optique réduit automatiquement son ouverture maximale au fur et à mesure que l’on se rapproche du sujet), la profondeur de champ est de seulement 3 mm. Diaphragme fermé à f/16, elle atteint environ 8 à 10 mm.
Le moindre mouvement du branchage ou du photographe se traduit par un
sujet flou. L’astuce consiste à photographier en rafale pour optimiser
les chances d’avoir une photo de nette sur la série. Nous avions déjà
mis en garde les amateurs sur le challenge que constitue la mise au
point en macrophotographie lors de notre test du Canon EF 100mm f/2,8L macro IS USM.
Cela force à fermer le diaphragme de manière peu habituelle pour ceux
qui n’en ont pas l’habitude. En macro, un testeur de profondeur de champ
n’est pas un luxe et on bénit la technologie numérique qui nous permet
de multiplier les essais sans se ruiner en pellicule et en
développement.


f/5 – 1/800s


f/16 – 1/80s


f/3,8 – 1/800s
Illustration de la profondeur de champ en macro ici sur une simple feuille de rosier.

AF-S, retouche du point et motorisation interne
Optique de la famille AF-S, ce 40mm macro autorise la retouche manuelle
du point à la volée sans avoir à désactiver l’autofocus qui est
débrayable via le bouton M/A situé sur le fût de l’optique. Pour gagner
en vitesse de mise au point et éviter à l’AF de balayer tout le champ
inutilement, l’objectif possède une position 20cm à l’infini.
La mise au point se fait en interne et la lentille frontale ne pivote
donc pas ce qui permet l’utilisation de filtres polarisants circulaires.

AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G

Pas de stabilisation
Non, il n’est pas encore courant de stabiliser une optique qui n’est pas dotée d’une longue focale. Chez Nikon, comme chez Canon d’ailleurs, les 100 et 105mm macro sont stabilisés, tout comme le DX 85mm Micro Nikkor d’ailleurs, mais le petit 40mm que nous avons testé ne l’est pas et c’est bien dommage, car aux plus grands rapports de reproduction, sa profondeur de champ fond comme peau de chagrin et on doit impérativement diaphragmer à f/11, f/16 pour obtenir son sujet entièrement net. A cette position de fermeture du diaphragme, la vitesse d’obturation est en chute libre. Un dispositif de stabilisation optique aurait été grandement apprécié. D’ailleurs, en photo « non-macro » aussi, bénéficier d’un stabilisateur optique aurait permis de l’utiliser à la place d’un 50mm f/1,4 ou f/1,8 sans trop augmenter la sensibilité quand on veut travailler en faible luminosité sans flash. L’absence de système VR lui fait donc perdre un peu de polyvalence. L’utilisateur y gagne cependant en termes de piqué et de légèreté et bénéficie d’un prix plus intéressant.
Nous devrions voir de plus en plus de courtes focales et de grands-angles stabilisés dans les années à venir.

Qualité d’image
Le piqué de l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G est excellent au centre de l’image dès sa plus grande ouverture mais on constate un léger ramollissement dans les angles, ramollissement qui s’estompe à f/4 et disparaît dès f/5,6. Avec un piqué mesuré au centre de 49 paires de lignes à f/2.8 avec le D7000, il tient la comparaison par rapport à son petit concurrent chez Canon, une référence en optique macro pour capteur APS-C : l’EF-S 60mm f/2.8 macro arrive à « distinguer » 51 paires de lignes au centre. L’écart se creuse à f/2.8 par contre sur les bords de l’image où le Nikkor ne perçoit que 37 paires de lignes contre 46 pour le Canon qui prouve ici son homogénéité. L’écart entre les deux optiques Nikon et Canon s’amenuise à f/5,6 pour s’inverser à partir de f/11, une ouverture largement utilisée en macro lorsque l’on s’approche du rapport de reproduction maximal. Ainsi, à f/11, le 40mm micro Nikkor voit 52 paires de lignes contre 45 pour le Canon EF-S Macro. Mais sur les bords de l’image, le Canon, plus homogène, rattrape le Nikkor.
Comparé à la plus belle réussite en optique macro du marché, même si sa focale est bien différente, l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G n’est pas ridicule face au 105mm Micro Nikkor avec un piqué mesuré en retrait de 10% seulement par rapport au maître de la discipline, un monstre d’homogénéité cependant quand le 40mm DX a tendance à se ramollir au fur et à mesure que l’on s’éloigne du centre de l’image aux plus grandes ouvertures.

Retrouvez toutes les mesures du Micro Nikkor 40mm f/2.8G sur le site dxomark.com.

Le 40mm macro peut avantageusement remplacer le 50mm f/1.4G. Mise à
part la grande ouverture et une qualité de fabrication plus ambitieuse,
le 40mm macro en monture DX offre un piqué du même accabit.

Retrouvez toutes les mesures du Micro Nikkor 40mm f/2.8G sur le site dxomark.com.

Retrouvez toutes les mesures du Micro Nikkor 40mm f/2.8G sur le site dxomark.com.

Il faut dire que les opticiens Nikkor ont simplifié cette optique et
fait l’impasse sur le verre ED habituellement utilisé dans les optiques
ambitieuses. Cela n’empêche pas ce petit objectif d’être peu sensible
aux aberrations chromatiques et d’offrir une distorsion quasi nulle, en
plus d’un piqué très bon et homogène à partir de f/5,6.

Recommandations d’usage de l’AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G
Le réglage de l’ouverture est en générale déterminé par la parti pris du
photographe qui seul maîtrise la profondeur de champ, mais sachez
toutefois que si vous utilisez un AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G, il
offre un piqué maximal entre f/5,6 et f/11. A partir de f/11, les
aberrations chromatiques commencent à se faire sentir sans jamais
devenir réellement problématiques, même à f/16, une ouverture encore
utilisable et f/22, une ouverture à prohiber comme toujours car le piqué
y est naturellement en chute libre.
Le vignetage se corrige très bien avec les logiciels comme DxO Optics
Pro ou Lightroom, de façon transparente pour l’utilisateur. En JPEG, un
boîtier récent compense également la perte de luminosité dans les angles
selon un dosage adapté à l’ouverture. Cela dit, à l’état brut, une
photo du 40mm macro Nikon accusera une perte de 1,1EV dans les angles à
pleine ouverture et de 0,7EVà f/4 pour devenir totalement imperceptible à
partir de f/5,6 (-0,1EV seulement).


Le vignetage disparaît complètement à f/5,6.
 

Monture DX ou monture FX ?

A l’heure du choix, le photographe amateur qui voudrait faire
l’acquisition de cette optique macro pour son boîtier Nikon à capteur
APS-C se couperait de la possibilité de l’utiliser plus tard s’il vient à
céder aux sirènes du capteur Full Frame. Qui peut le plus peut le moins
et investir dans son équivalent FX, l’AF-S Micro Nikkor 60mm f/2.8G ED a
tout son sens si on imagine passer un jour au Full Frame. Cela évitera
de devoir revendre son objectif et permettra de l’utiliser avec un
reflex 24×36 comme avec un APS-C.
A l’inverse, le tarif étudié de ce DX macro 40mm (300 euros en prix
officiel, mais il se négocie déjà aux alentours de 250-260 euros), sa
légèreté et sa compacité, alliées à une qualité optique très convaincante
en font une excellente affaire. Son pendant en FX se négocie environ
550 euros, soit le double. Opter pour le 40mm DX laissera un peu de
budget pour investir dans un flash annulaire macro par exemple.

Conclusion
L’objectif Nikon AF-S Micro Nikkor 40mm f/2.8G est pleinement au
rendez-vous des promesses faites par Nikon lors de son annonce : avec un
prix très compétitif, un format compact et léger, il offre une qualité
d’image digne d’un bon Nikkor avec un piqué excellent au centre à toutes
les ouvertures et qui gagne en homogénéité dès que l’on diaphragme de
deux stops, une qualité optique qui fera oublier une fabrication un peu
plastique et une bague de mise au point peu généreuse. Pour le prix, il
est même livré avec son étui et son pare-soleil quand Canon est toujours
plus chiche, même avec l’EF-S 60mm f/2.8 macro USM, vendu pourtant 200
euros plus cher.
La polyvalence de sa focale moyenne permettra à ses acquéreurs de
l’utiliser pour bien d’autres sujets que de la macro : l’AF-S Micro
Nikkor 40mm f/2.8G a sa place dans le fourre-tout de tout nikoniste
équipé en capteur APS-C en recherche d’un petit caillou macro,
performant, polyvalent et en plus, bon marché.

+ Piqué excellent dès f/2,8, optimal à partir de f/5,6
+ Aucune distorsion
+ Compact et léger
+ Objectif polyvalent
+ Rapport qualité-prix
+ Motorisation AF-S, retouche du point

– Léger manque d’homogénéité jusqu’à f/5,6
– Construction assez légère
– Un système de stabilisation d’image aurait été bienvenu

Test du Nikon AF-S DX Micro Nikkor 40mm F/2.8G : Galerie de photos téléchargeables

Voici une série de photos prises avec un Nikon D7000 et l’AF-S DX Micro
Nikkor 40mm F/2.8G. Cliquez sur les vignettes pour en télécharger les
originaux en plaine résolution.


f/3,3 – 1/13s


f/3,3 – 1/400s


f/3,3 – 1/5000s


f/6,3 – 1/250s


f/6,3 – 1/250s


f/13 – 1/160


f/11 – 1/160s


f/11 – 1/200s


f/11 – 1/200s


f/8 – 1/400s


f/8 – 1/400s


f/13 – 1/80s


f/13 – 1/160s


f/7,1 – 1/640s


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