Test de la Sony Tablet S

Test de la Sony Tablet S

Avec sa Tablet S, Sony se lance dans la guerre des tablettes tactiles
plusieurs mois après les autres. Le pari est audacieux, d’autant plus
que la concurrence sous Android peine à faire de l’ombre à l’iPad (1 et
2). Pourtant, la Sony Tablet S affiche de bons arguments face à ses
homologues, aussi bien à l’extérieur avec son design innovant qui offre
une prise en main confortable, qu’à l’intérieur avec un large catalogue
de contenus et de programmes estampillés Sony.

Publié le 4 novembre 2011 - 0:00 par La rédaction

Rappel des caractéristiques techniques de la Sony Tablet S

– Écran 9.4″ True Black (résolution 1280 x 720 pixels)
– Processeur Nvidia Tegra 2 cadencé à 1 GHz
– 1 Go de RAM
– 16 Go de stockage (extensible jusqu’à 64 Go par carte SDXC)
– Port mini USB
– Port de recharge propriétaire
– Appareil photo 5 mégapixels (enregistrement vidéo 720p)
– Webcam 1.3 mégapixel
– Sortie audio jack 3.5 mm
– Émetteur/Récepteur infrarouge
– Connexion WiFi, Bluetooth, DLNA
– Android 3.2 Honeycomb
– Dimensions :  241.2 x 174.3 x 10.1 mm
– Poids : 590 g

Sony Tablet S : un design innovant pour une prise en main optimale

Sony voulait une tablette Android différente de ses concurrentes. Au
premier coup d’oeil, on peut dire que c’est réussi. Esthétiquement, la
Tablet S ne ressemble à aucune autre grâce à un design audacieux. La
coque en plastique propose un format en goutte d’eau (ou un ultrabook)
avec sa partie basse plus fine que la partie haute. Posé à plat, l’écran
de la Tablet S permet une lecture agréable.

Test Sony Tablet S
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Posée à plat, la Tablet S offre un confort de lecture agréable

Test Sony Tablet S

Le design atypique de la Tablet S la différencie de ses concurrentes

On pourrait croire qu’un tel design nuirait au confort de prise en main.
Il n’en est rien, et c’est même le contraire, puisque la prise en main
est vraiment adéquate. La sensation de légèreté de la Sony Tablet S
s’avère incroyable grâce à son centre de gravité plus haut et ses 590 g
sur la balance. Même en mode portrait, la tablette est agréable à tenir.

À l’arrière, le grip est assuré par deux petits picots. La coque arrière
en plastique noir brillant est légèrement rugueuse, ce qui apporte
encore plus en confort et réduit (mais pas de beaucoup) les traces de
doigts.

Test Sony Tablet S

Grip et surface granuleuse pour une meilleure prise en main

Les traces de doigts, justement : si vous souhaitez utiliser la Sony
Tablet S régulièrement, munissez-vous impérativement d’un chiffon !
L’écran, s’il restitue de jolies couleurs et un assez bon contraste, se
révèle être un nid à empreintes digitales.

On retrouve sur le côté de la Tablet S une LED pour signaler les
notifications ou indiquer la charge de la batterie, ainsi que les
boutons de volume et d’allumage, malheureusement mal placés. On aurait
en effet préféré les trouver sur la tranche latérale et non légèrement
au-dessus pour une meilleure accessibilité.

Test Sony Tablet S
Les boutons auraient été mieux placés sur la tranche latérale, juste au-dessus

Au sujet des petits reproches toujours, on regrette le port de recharge propriétaire qui empêche de facto
la recharge de la tablette via USB. Les sorties audio sont mal situées
(elles se retrouvent sous les paumes lorsqu’on a la tablette en main en
mode paysage). Le cache du port mini USB et carte SDXC paraît vraiment
trop fragile. On attendait mieux de la part de Sony qui nous a habitués à
une finition irréprochable sur ses appareils. Il faut toutefois nuancer
en précisant que la qualité des plastiques et d’assemblage offrent une
sensation de robustesse.

Test Sony Tablet S

Le connecteur propriétaire permet une recharge plus rapide, mais empêche la recharge par USB

Test Sony Tablet S

Les haut-parleurs de la Tablet S sont mal placés : en mode paysage les paumes de mains les recouvrent !

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Le cache USB/SDXC est fragile et fait « cheap »

Globalement, la Sony Tablet S est bien conçue, ses quelques défauts
esthétiques et ergonomiques sont compensés par la vraie bonne idée d’une
tablette au design atypique, qui fera oublier les nombreuses tablettes iPad-like et qui apporte en outre un confort jusque-là inégalé.

Interface sobre, navigation internet rapide

On retrouve évidemment sur la Sony Tablet S l’interface sobre d’Android
Honeycomb avec ses cinq bureaux personnalisables : applications,
widgets, etc. Les applications de Google sont optimisées comme le client
Gmail ou le service YouTube qui propose par défaut les vidéos en HD, ce
qui est plutôt bien vu.

Test Sony Tablet S
L’interface Honeycomb est toujours aussi sobre et soignée

En revanche, on regrette (cela vaut pour toutes les tablettes Android
Honeycomb) l’impossibilité de fermer les pages et les applications dans
le menu déroulant. Bien que Google a expliqué que les programmes sous
Honeycomb, une fois mis en tâche de fond, ne consommaient que très peu
d’énergie et rendaient le multitâche plus performant, cela s’avère assez
gênant dans la gestion et la navigation globales (surtout après une
journée d’utilisation intensive !). Même remarque pour la prise de
copies d’écran, inexistante de manière native. Fort heureusement, il
sera possible de clore les applications et pages internet indésirables
(et de prendre des copies d’écran) sous Android Ice Cream Sandwich, mise
à jour qui sera sûrement disponible sur la Sony Tablet S d’ici le
printemps 2012.

La navigation internet n’est pas en reste avec une bonne vélocité,
améliorée par son moteur QuickView, qui permet de charger dans un
premier temps le texte, puis le contenu visuel (notamment les vidéos
Flash particulièrement gourmandes). La Tablet S intègre dans son clavier
tactile un dictionnaire intuitif, mais surtout un clavier numérique
lors de la saisie des mots de passe. La fonctionnalité se révèle très
pratique, dommage que Sony ne l’ait pas intégrée de manière permanente,
d’autant plus que la présence du clavier numérique ne gêne pas la saisie
de texte.

Test Sony Tablet S
Même en portrait, l’affichage de la Tablet S est agréable

En plus des applications natives (mails, contacts, transferts de
fichiers, réseaux sociaux), Sony incorpore sa surcouche logicielle et
graphique. L’affichage est sobre, le rangement des applications et
widgets facile. Nous reviendrons en détail sur l’apport des applications
multimédia propre à la Tablet S un peu plus bas.

L’autonomie est plutôt satisfaisante, entre 7 h et 8 h en utilisation
mixte (surf, lecture vidéo, jeux, etc.), mais se révèle assez faible en
veille (4 jours maximum) comparée à ses concurrentes.

Lecture et enregistrement multimédia : peut mieux faire

Sans vouloir entrer dans le débat sur l’utilité d’un appareil photo sur
une tablette, Sony ne semble pas avoir fait du capteur dorsal de sa
Tablet S un argument de vente. L’appareil photo 5 mégapixels est
quelconque et la qualité des images se détériore rapidement dès que
l’éclairage est réduit. L’enregistrement vidéo (en 720 p) est pire : la
partie vidéo est loin d’être transcendante, quant au son, il est tout
simplement déplorable. Si vous souhaitez enregistrer de la vidéo sans
passer par un appareil photo, nous vous suggérons de regarder davantage
du côté d’un smartphone comme le Galaxy S II que nous avons testé récemment.

Test Sony Tablet S
La qualité de l’appareil photo est quelconque. Quant à la vidéo, elle est tout simplement médiocre !

La Tablet S ne se rattrape guère sur la lecture de vidéos, avec un
lecteur qui se contente du format MP4. Pour lire des fichiers au format
Avi, Mkv Divx ou autre, il faudra passer par l’Android Market (qui
heureusement dispose de plusieurs lecteurs gratuits), en raison de
l’incompatibilité native d’Android Honeycomb avec des formats pourtant
courants. Là encore, la mise à jour vers Ice Cream Sandwich devrait
corriger le tir.
En attendant, il faudra se passer de la lecture en HD, qui saccade en
raison du processeur Nvidia Tegra 2 embarqué. Maigre consolation : les
sous-titres sont pris en charge, ce qui ravira les amateurs de VO.

Test Sony Tablet S
Heureusement que la qualité de l’écran rattrape les fonctions limitées du lecteur

Enfin le gros point noir de la Sony Tablet S est l’absence d’un port
HDMI (même une connexion avec la norme MHL via un adaptateur USB est
impossible). Certes, Sony mise davantage sur la connectivité sans fil
DLNA (fonction Throw), et c’est plutôt simple et réussi. Il suffit,
lorsqu’on lit un fichier multimédia, de le « jeter » vers le haut de la
tablette pour l’envoyer vers un autre périphérique. Mais dans une
utilisation multimédia, la sortie HDMI fera vraiment défaut.

Applications Sony : le point fort de la Tablet S

Fort heureusement, Sony a le mérite de se rattraper en termes de
multimédia avec sa propre offre de contenus et d’applications. En plus
des applications traditionnelles (gestionnaire de mails, de contacts, de
fichiers, lecteur de flux sociaux, etc.), Sony propose un véritable
catalogue de musiques, de vidéos ou de livres et journaux (ebooks aux
formats ePub et PDF supportés par son lecteur, Reader).

Test Sony Tablet S
Sony offre un large choix de films, séries, musiques, livres numériques, etc.

Évidemment, tout cela a un prix, puisqu’il faut s’abonner aux services
Sony Unlimited pour un minimum de 3.99 euros par mois (un abonnement
premium existe contre 9.99 euros par mois) pour bénéficier de ce
catalogue. En contrepartie, tous les contenus multimédias sont
consultables et synchronisables dans les nuages sur les téléviseurs
connectés Sony, les smartphones Sony Ericsson de dernière génération,
les lecteurs Blu-Ray, les ordinateurs Vaio, mais aussi la Playstation 3
ou la PSP.

Test Sony Tablet S
On peut synchroniser et accéder au contenu acheté directement
sur la Tablet S et ses autres périphériques Sony

Toujours du côté des jeux vidéos, la Sony Tablet S devrait plaire à tous
les amoureux du rétro-gaming puisque la Tablet S se transforme en
véritable Playstation One grâce à sa norme Playsation Certified. Certes,
le catalogue n’est pour l’instant pas très étoffé (on dispose
gratuitement de Medievil et d’un flipper) et c’est assez lent, mais on
espère que cela s’améliorera au fil du temps. Seule interrogation : on
se demande comment accéder aux traditionnelles « gâchettes » (boutons L1
L2 R1 R2 situés sur les tranches de la manette) qui se retrouvent en
haut de l’écran.
Pour les autres gamers, on se tournera plus volontiers vers le catalogue
de l’Android Market ou de celui de Nvidia, le Tegra Zone.

Test Sony Tablet S
La Tablet S est Playstation Certified, permettant à jouer à d’anciens jeux PS One

Télécommande universelle par infrarouge

Sony finit de se démarquer de la concurrence avec une
fonction télécommande universelle grâce à son capteur infrarouge
intégré, rarissime sur une tablette puisque pour le moment, c’est le
seule tablette a en être pourvu. Un port IR sera présent sur la Motorola
Xoom 2. Avec plus de 200 marques dans le listing, le catalogue est
quasi complet. On peut ainsi commander son téléviseur, sa chaîne HiFi,
son lecteur DVD/Blu-Ray, et même certaines box ADSL. La profusion des
marques et modèles rendra la configuration parfois difficile (il faut
essayer de nombreux profils avant de trouver la configuration adéquate à
son appareil), mais une fois terminée, tout fonctionne correctement.

Test Sony Tablet S
La fonction télécommande universelle de la Tablet S permet de
contrôler de nombreux appareils parmi un large choix de marques (plus de
200)

La Sony Tablet S face à la concurrence

Que vaut la Sony Tablet S par rapport aux (très nombreuses) tablettes
Android concurrentes ? Déjà, comme nous l’avons dit plus haut, elle se
démarque par son design, qui en plus d’être atypique, se révèle agréable
en termes de confort de lecture et de prise en main. Ensuite, elle
propose un catalogue d’applications et de contenus multimédias
supérieur. Hormis l’Amazon Kindle Fire, qui est attendue seulement aux
États-Unis à la mi-novembre (et encore, ce ne sont pour l’instant que
des spéculations, il faudra voir en pratique ce que cela donne), les
autres tablettes ne proposent pas (pour l’instant ?) une offre ludique
aussi large que Sony.

Pour le reste, ne vous attendez pas à des miracles : la Tablet S reste
une tablette Android avec la même architecture technologique (processeur
Nvidia Tegra 2 et 1 Go de RAM) que les concurrentes de dernière
génération, donc avec les mêmes qualités et les mêmes défauts. On attend
avec impatience le rendu des premières tablettes Ice Cream Sandwich
pour voir l’évolution d’une génération à l’autre. À ce petit jeu, Sony
pourrait pâtir de la jeunesse de sa Tablet S par rapport à d’autres
constructeurs (Samsung, HTC, Motorola, Acer, Asus, etc.) qui ont une
plus grande expérience.

Verdict

Globalement, nous sommes satisfaits de la Tablet S. Sony avait jugé bon
de prendre son temps pour sortir sa tablette tactile, et nous lui
donnons plutôt raison. Si la structure même de la Tablet S ne diffère
pas des autres tablettes Android, c’est sur son design innovant et sur
son offre multimédia que la Tablet S marque des points. Les fonctions
DLNA et télécommande universelle font de la Sony Tablet S un bon
périphérique audiovisuel, qui trouvera facilement sa place dans votre
salon. Toutefois, l’arrivée tardive de Sony sur le marché pourrait
également nuire à la Tablet S, qui devra bientôt se retrouver avec ses
concurrentes de nouvelle génération. Il faudra voir en l’état une fois
que la Tablet S aura elle aussi droit à sa mise à jour vers Ice Cream
Sandwich, d’ici le printemps 2012. La bataille ne fait que commencer.

Nous avons aimé :
– le design qui se différencie vraiment de la concurrence
– la prise en mains légère et confortable
– la rapidité du navigateur web
– la surcouche graphique de Sony qui reste sobre
– l’accès au très large catalogue multimédia Sony (uniquement par abonnement)
– la fonction télécommande universelle

Nous avons regretté :
– l’écran brillant propice aux traces de doigts
– certains éléments ergonomiques mal pensés (boutons, cache périphériques auxiliaires, haut-parleurs)
– le manque de fonctionnalités dû à Android (lecteur multimédia complet, gestionnaire d’applications…)
– la qualité quelconque voire médiocre de l’appareil photo


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