Test du Samsung Series 5 Chromebook

Test du Samsung Series 5 Chromebook

Avec l’explosion du marché des tablettes, couplée au déclin des netbooks
et l’apparition des ultrabooks, quelle place reste-t-il au concept de
Chromebook, un ordinateur dédié au Web avec le système d’exploitation
Chrome OS. Quel en est l’intérêt. Voici notre test du Samsung Chromebook
Series 5.

Publié le 28 décembre 2011 - 0:00 par La rédaction

Rappel des caractéristiques du Samsung Chromebook Series 5

– Écran LED mat 12,1 » résolution 1280 x 800 pixels
– Webcam HD + microphone réducteur de bruit
– Wi-Fi + Modem 3G en option
– Processeur double coeur Intel Atom 1,66 GHz
– 2 Go de mémoire vive
– 16 Go de stockage SSD
– Port carte SD
– 2 ports USB 2.0 + sortie vidéo mini-VGA (adaptateur fourni)
– Autonomie : environ 8 h
– Dimensions / Poids : 294.2 x 219.5 x 19.9 mm / 1.48 kg

Design / Ergonomie : un notebook des plus classiques

Pas de véritable surprise lorsque l’on ouvre la boîte du Samsung Series 5
Chromebook : on est en présence d’un notebook des plus classiques avec
un châssis tout plastique. Le Chromebook est disponible en deux coloris
pour le capot, en blanc (comme notre appareil de test) et en noir, tous
deux laqués. C’est le seul « artifice » que Samsung s’octroie sur son
Chromebook. Si le choix des matériaux n’inspire pas une grande qualité,
les finitions d’assemblage sont toutefois à souligner. C’est certes bon
marché (349 euros TTC), mais c’est tout de même bien fait.

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Les matériaux ne sont pas très flatteurs, mais la qualité d’assemblage est à souligner


Le capot laqué, ici en blanc sur notre modèle de test (disponible en noir également),
est la seule fantaisie de ce Chromebook

Le Chromebook est équipé d’une dalle mate de 12″ dans un format 16:10 devenu quelque peu oublié, qui permet un affichage agréable (1280 x 800 pixels)
même dans des conditions lumineuses intenses. À première vue, c’est
bien joué de la part de Samsung, alors que la plupart des constructeurs
d’ordinateurs portables, censés être utilisés aussi bien en intérieur
qu’en extérieur, s’obstinent à intégrer des dalles brillantes… Sauf
que l’écran en question est franchement de piètre qualité : les couleurs sont délavées et le contraste est faible.


La dalle mate de 12″ n’offre pas de qualités suffisantes pour se démarquer. C’est bien dommage…

Le clavier chiclet offre un certain confort avec des
touches suffisamment larges et espacées. Chrome OS oblige, certaines
touches sont dédiées à la navigation dans le système : page précédente,
page suivante, rafraîchissement, mode plein écran, recherche, etc. Le trackpad n’est en revanche pas à son avantage :
l’aspect au toucher n’est pas vraiment agréable, tandis que le pointage
est parfois imprécis. Le trackpad possède certains bons aspects avec
quelques gestes multitouch tels que l’on connait sur les MacBook Air ou
MacBook Pro. Par défaut, il faut appuyer sur le trackpad pour cliquer
(les deux tiers bas sont cliquables). Heureusement, une option permet de
cliquer d’un simple « tap » sur le pavé tactile.


Le Samsung Series 5 Chromebook dispose de touches spécifiques à Chrome OS

Concernant les connectiques, c’est également très basique. On
retrouve deux ports USB (un de chaque côté), un mini port VGA
(l’adaptateur est fort heureusement fourni avec le Chromebook), une
prise casque/micro et un lecteur de carte SD. Le Samsung Series 5 est
également doté d’un slot carte SIM pour les modèles bénéficiant du module 3G (vendu 399 euros TTC). Point de port HDMI ni même d’Ethernet, ou de Bluetooth. Pour accéder à Internet, il faudra se contenter du WiFi et de la 3G en option
(avec le forfait ou les recharges data adéquats). Un mot sur le
chargeur qui est très compact, ce qui est plutôt bien vu pour un
appareil taillé pour la mobilité.


La connectique est basique, pour ne pas dire chiche

Globalement, le Samsung Chromebook Series 5 est un notebook comme les
autres. Si la transportabilité et le poids correct sont au rendez-vous,
c’est grâce à l’emploi de plastique. L’ensemble est bien fini, mais peu flatteur.
Le Chromebook n’arrive malheureusement pas à se rattraper sur la
qualité de l’écran, pourtant mat, avec des couleurs délavées et un
contraste bien faible.

Navigation internet fluide, lecture multimédia limitée

Doté d’un OS peu énergivore et d’un disque SSD de 16 Go, le Samsung
Chromebook se veut rapide au démarrage. C’est le cas, du moins après la
première utilisation. Il faut en effet au préalable créer ou se
connecter à un compte Google pour démarrer… et donc être en présence
d’Internet. Par conséquent, sans connexion Internet la première fois,
aucune chance de se servir de son Chromebook. Nous reviendrons plus tard
sur l’utilisation en ligne et hors-ligne de Chrome OS.

Le démarrage est rapide, donc, en quelques secondes (une
dizaine maximum). La sortie de veille aussi, puisqu’elle est quasiment
instantanée. Qu’en est-il de l’utilisation au quotidien ? Là aussi, cela
va relativement vite, grâce à la vélocité du navigateur Chrome.
L’affichage des pages Internet est fluide, pour ce qui est du texte et
des images. Pour les vidéos, c’est un peu plus compliqué. En qualité SD,
la lecture ne devrait pas rencontrer de problèmes. En revanche, dès que
l’on souhaite une lecture HD 720p, la vidéo a tendance à saccader. Bref, il faudra se contenter d’une qualité normale, sauf sur certaines vidéos encodées en Flash.


L’affichage du texte et des images est plutôt rapide, grâce au navigateur Chrome


En revanche, les vidéos en résolution HD 720p ou Full HD 1080p auront du mal à passer de manière fluide

La webcam, bien que portant la mention HD, semble quelconque. Toutefois,
elle suffira amplement à remplir son rôle de caméra pour
visioconférence.

L’autonomie est très bonne, pour ne pas dire
excellente
, avec environ 8 heures en utilisation standard et près de 6
heures en utilisation multimédia (lecture de musiques et vidéos). On
voit là le travail effectué sur Chrome OS en matière de consommation
énergétique et le gain de l’absence de disque dur à plateau. Signalons au passage que la batterie est inamovible. En cas
de panne ou de remplacement, il faudra directement s’adresser au SAV.

Pour la lecture de contenus multimédias, Chrome OS est doté d’un lecteur multimédia
à l’interface simplissime, qui permet de lire des fichiers audio (mp3),
des images (jpeg, png, mmp et gif) et des vidéos (avi, mp4). Il faudra
en revanche se contenter des formats limités à ceux supportés par
Chrome, ou trouver une extension qui s’en chargera… Et c’est à peu
près tout sur ce lecteur multimédia : pas de réglages poussés, juste une
liste de lecture paramétrable. Chrome OS joue ici la carte du minimalisme à fond. On préfèrera écouter avec un casque, en raison du son caverneux des pauvres haut-parleurs.

Le bilan en ce qui concerne l’utilisation basique (Internet, multimédia) est donc assez mitigé. On a l’impression que le processeur double-coeur Intel Atom cadencé à 1,66 GHz et les 2 Go de
mémoire vive ne semblent pas suffisants pour le traitement de certaines tâches, c’est
dommage. Voyons désormais ce que le système d’exploitation Chrome OS a vraiment dans le ventre.

Chrome OS : le Web sinon rien

Si le Samsung Series 5 Chromebook est un netbook assez classique à l’extérieur, à l’intérieur c’est une autre histoire.
Pour faire simple, Chrome OS est un système d’exploitation sous la forme d’un navigateur internet évolué. La navigation entre les diverses applications, pages internet et les fichiers stockés se fait par le biais d’onglets,
indépendants (en cas de crash d’un onglet, le reste du système continue
à fonctionner normalement). Pour les plus débrouillards, l’expérience
sera quelque peu déroutante, mais intéressante. En revanche, ceux qui sont attachés à l’utilisation d’un bureau comme sur Windows, Mac ou Linux risquent fort de se retrouver complètement perdus.


Ceci est le « bureau » de Chrome OS


La navigation entre les pages Internet, les applications et les dossiers se fait via des onglets

Pas de bureau donc, que des applications web basées sur du HTML 5
et du JavaScript. Pour revendiquer un OS peu énergivore et véloce,
Google met à disposition son panel de logiciels et d’applications web
via son Chrome Web Store. D’autres applications tierces sont également disponibles via ce marché aux applications.


Le Chrome Web Store recense toutes les Web apps et extensions qui peuvent fonctionner sur le Chromebook

Tout est stocké et transite via le cloud. D’ailleurs, impossible
de lire un fichier .doc depuis un espace de stockage externe, par
exemple. Pour le lire et l’éditer, il faudra l’envoyer sur une boite
Gmail et l’ouvrir avec Google Documents… Même chose pour imprimer un
document, il faut passer par une imprimante connectée au réseau
domestique ou un ordinateur lui aussi relié et se servir de Google Cloud
Print. Inutile de brancher son imprimante directement sur le Chromebook
donc.


Hors-ligne, il est impossible d’éditer un document, ce qui présente
des avantages (pas de pertes) comme des inconvénients (perte de
productivité)

Lorsque le Chromebook est connecté à Internet, l’utilisation est finalement assez standard, comme si l’on se servait de son navigateur Chrome sur un traditionnel PC ou Mac. En revanche, dès qu’Internet devient indisponible, c’est comme si l’utilisateur se retrouvait en face d’une coquille presque vide.
La majorité des applications devient inaccessible, sauf celles
disponibles hors-ligne comme le jeu Andry Brids et seuls les fichiers
contenus sur le disque SSD peuvent être lus. Un comble pour un concept censé incarner la mobilité.

Verdict : pas franchement convaincu par le Chromebook

Notre avis est plus que mitigé à propos du Samsung Series 5
Chromebook. Sans revenir sur les qualités et défauts de la machine, on
se demande quel intérêt y a-t-il à utiliser Chrome OS. Le concept de système d’exploitation simplifié au point d’en être un navigateur Internet évolué est certes novateur, mais d’une part trop restrictif puisque limité sans connexion Internet, d’autre part trop déroutant pour des utilisateurs pas forcément chevronnés dans le domaine de l’informatique. À vouloir faire trop simple, Google a peut-être compliqué les choses. L’impression d’un document en est le parfait exemple. Les mauvaises langues parleront d’un Minitel du 21e siècle.

Au final, une tablette, même bon marché, vendue dans un ordre de prix
assez similaire au Samsung Series 5 Chromebook, apporte autant voire
plus de possibilités, notamment dans le domaine du multimédia ou du Web
modéré (mail, surf sur Internet, jeux vidéos en ligne, lectures de
vidéos HD, etc.). Et si l’utilisateur tient à acquérir un ordinateur, le
choix d’un netbook, certes sur la pente descendante et proposé au même
prix, ou carrément du côté de l’ultrabook qui offre des performances
accrues (avec un prix plus conséquent il faut le rappeler), s’avère
peut-être plus judicieux.

Google voit peut-être dans ses Chromebook une alternative à
l’utilisation web que l’utilisateur moyen peut en avoir, même si cela
restera un marché de niche. Les ventes, d’ailleurs, ne s’y trompent
pas : seuls 10 000 exemplaires auraient
trouvé preneur à travers le monde. Les premiers Chromebook, le Samsung
Series 5 et l’Acer AC 700 sont désormais vendus moins cher. Pas sûr que
cela soit suffisant pour convaincre à l’heure où les tablettes et les
ultrabooks sont privilégiés par les constructeurs et les consommateurs.


Nous avons aimé :

– Assemblage bien fini malgré des matériaux peu flatteurs
– Autonomie
– Démarrage véloce


Nous avons regretté :

– Dalle de piètre qualité, malgré un revêtement mat
– Peu de formats multimédias supportés
– Vidéos HD légèrement saccadées sur Internet
– Mode hors-ligne pauvre


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