Fujifilm X-Pro1 : prise en main

Fujifilm X-Pro1 : prise en main

CES 2012, Las Vegas, le mercredi après-midi, dans une salle du premier étage d’un petit hôtel situé en face du Las Vegas Convention Center : le voilà, le fameux Fujifilm X-Pro1, le compact à objectif interchangeable Fuji, de la famille huppée des X. Deux heures durant, en compagnie de l’équipe japonaise en charge de la gamme premium, les X-series, nous pourrons manipuler le X-Pro1 et poser nos questions sur ce compact hybride innovant à Fujifilm Japon qui nous répondra avec une sincérité rare et sans langue de bois aucune. Appréciable.

Publié le 23 janvier 2012 - 0:00 par La rédaction

Fujifilm n’est plus une marque comme les autres et se distingue de ses concurrents depuis l’annonce du X100 à la Photokina 2010, X100 qui sort en ce début d’année en version X100 Black Premium Edition. Nous avons déjà beaucoup parlé du X-Pro1 depuis son annonce et la confirmation de son prix de vente. Pour plus d’informations techniques sur son capteur CMOS X-Trans qui s’affranchit de filtre optique passe-bas à matrice de Bayer classique, vous pouvez vous reporter à la présentation du X-Pro1 par Fujifilm Japon avec tous les slides et détails sur le X-Pro1, son capteur, le nouveau viseur hybride ou encore la gamme optique, la forme spécifique des lamelles du diaphragme, etc.

En amuse-bouche, voici une vidéo Fujifilm de présentation du X-Pro1 :

Fujifilm X-Pro1
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Il a des airs d’appareil photo télémétrique le X-Pro1. C’est voulu, bien entendu.

Premier contact

À le voir sur les visuels, à en juger par son capteur de taille APS-C et la qualité de fabrication habituelle de la série X chez Fuji, nous craignions que le X-Pro1 perde de son intérêt par un embonpoint trop prononcé. Or, si le X-Pro1 reste dans la fourchette haute du segment en termes de volume, de l’ordre du Leica M9 qu’il a d’ailleurs en ligne de mire, le X-Pro1 est étonnamment léger. Il surprenant par sa légèreté quand on le soulève pour la première fois, et ce, malgré les belles optiques lumineuses qui étaient montées dessus et la construction robuste qui fait appel à de nombreux éléments en métal. C’est un bon point pour le fourre-tout de ses futurs nombreux possesseurs. L’ergonomie du X-Pro1 est traditionnelle et, nous y reviendrons, Fuji a corrigé le tir sur certains points par rapport au X100.

La qualité de fabrication est irréprochable et l’on monte encore d’un cran par rapport au X100, déjà un bel objet. La mention « made in Japan » comme gage de qualité est mise en avant avec une gravure dans le métal. Tout est bien ajusté, même sur nos modèles de présérie.

Fujifilm X-Pro1

A nu, le capteur CMOS X-TRANS 1PS-C de 16 mégapixels du X-Pro1.

Prise en main

Plus léger qu’il ne paraît, le Fujifilm X-Pro1 offre un design assez rectiligne. Son format est bon pour une tenue en main juste satisfaisante, mais certains préféreront vite lui adjoindre le petit grip proéminent optionnel, un accessoire qui apporte une prise en main tout autre sans rajouter beaucoup d’encombrement. Son utilisation, tenu de manière conventionnelle avec main gauche sous l’objectif, permet de régler l’ouverture via la bague de diaphragme, par 1/3 de diaph s’il vous plaît.

Fujifilm X-Pro1
Le X-Pro1 adopte un nouvel écran 3″ / 1,44 million de points antireflet.

Ergonomie : des corrections apportées au X100

Quelques détails agaçants du X100 ont été revus et la physionomie de la majeure partie des boutons a changé, pour le meilleur. Ils sont désormais plus faciles à opérer et ça change tout ! Nous avons aimé la molette cliquable qui tombe sous le pouce et nous ne pleurerons pas la disparition de la grande molette arrière du X100 au profit d’un bouton multidirectionnel sur le X-Pro1, tant elle était difficile à manipuler et piégeuse, car trop lâche. Parlant de molette trop lâche… le X-Pro1 réitère l’erreur de la bague physique de la correction d’exposition, encore une fois mal placée et non verrouillée, ce qui promet de se faire piéger avec des photos sur/sous exposées par inadvertance tant il est facile de changer le paramètre sans s’en apercevoir. Fujifilm nous a promis de travailler sur ce point pour ajouter un peu plus de friction à son fonctionnement et corriger ce défaut récurrent.

Le bouton »Q » hérité des compacts numériques FinePix est repris sur le X-Pro1 et fait apparaître la palette de réglages disponibles en surimpression à l’écran ou dans le viseur. Très pratique. Le bouton « RAW » du X100 a disparu et pour cause : le photographe type visé par le X-Pro1 sera très certainement en RAW ou RAW+JPEG. Hélas, le X-Pro1 est encore privé d’un bouton physique d’accès au réglage de la sensibilité ISO. Nous aurions aimé une bague comme sur le Canon G12 (bague qui a disparu sur le Canon G1 X d’ailleurs…) ou à défaut un bouton de raccourci. Il faudra donc programmer le bouton « Fn ». Les menus ont été revus avec plus d’onglets pour limiter le scroll au sein d’un même onglet.

Le « Q menu ».

Fujifilm nous a dit avoir recueilli les opinions des utilisateurs du X100 pour retravailler l’ergonomie du X-Pro1 et ça se sent. L’expérience utilisateur est agréable et fluide, tout est à portée de main ou de doigt et facilement opérable avec le nouveau dessin des boutons, à un ou deux détails près, nous sommes convaincus.

Fujifilm X-Pro1

Fujifilm X-Pro1
Connectique USB et HDMI pour visualiser les vidéos en Full HD que le capteur X-TRANS, un CMOS, permet de tourner. Notez l’emplacement du bouton « Q » qui fait apparaître le « Q menu », facile à utiliser sur cette arête, comme la mémorisation de l’exposition d’ailleurs.

Fujifilm X-Pro1
La molette cliquable est très appréciable, comme le bouton « Q » qui permet d’afficher le menu ci-dessous :

Déclenchement : velouté et retour d’information

Certains détails en disent long sur le soin apporté à la conception d’un appareil. Parmi ceux qui trahissent l’expérience d’un fabricant comme Fujifilm, il y a la sensation au déclenchement. Le déclencheur de conception traditionnelle est moelleux et l’obturateur donne un son velouté assez discret, mais tout en envoyant juste ce qu’il faut de vibrations dans votre index pour donner l’information du déclenchement.

Fujifilm X-Pro1
Le X-Pro1 est équipé d’une prise synchro flash pour une utilisation studio.

Les objectifs Fujinon XF pour le X-Pro1

À son lancement en février 2012, le X-Pro1 sera accompagné de trois objectifs, trois focales fixes assez lumineuses : les Fujinon XF 18 mm F2 R, XF 34 mm F1.4 R et XF 60 mm F2.4 R Macro. Fujifilm nous confirme le ratio d’allongement de focales de 1,5x exactement et le planning des sorties des nouveaux objectifs pour le X-Pro1, dont des zooms : un 14 mm à l’ouverture non encore déterminée et un intéressant 18-72 mm F4.0 IS fort polyvalent puisqu’il reviendra à un 27-108 mm, verront le jour en 2012. Pour 2013, Fuji prévoit deux focales fixes additionnelles,  un 28 mm F2.8 pancake et un 23 mm F2.0 en plus de deux zooms, un téléobjectif 70-200 mm F4.0 OIS et un grand-angle 12-24 mm F4.0 OIS. Nos hôtes nippons précisent toutefois bien qu’il s’agit d’une projection de la gamme optique pour le X-Pro1 d’ici à fin 2013 avec 9 références.

La finition des objectifs est exemplaire avec leur fut métallique et la présence de la bague de réglage de l’ouverture qui règle le diaphragme avec une précision d’un tiers de diaph et d’une large bague de mise au point manuelle. Fujifilm a biseauté la tranche des lamelles de leur diaphragme pour optimiser leur piqué en évitant qu’une infime quantité des rayons lumineux ne rebondisse sur l’épaisseur de la tranche jusque sur le capteur.

Fujifilm X-Pro1
Le X-Pro1 et ses trois compagnons optiques, la gamme de lancement.

Fujifilm X-Pro1
Nous avons apprécié la largeur généreuse de la bague de mise au point des objectifs Fujinon XF.

Réglage de l’ouverture via la bague manuelle et par tiers de diaph…

Le nouveau viseur hybride du X-pro1

Fujifilm a repris sur le X-Pro1 l’excellent viseur du X100 en le modifiant un peu pour qu’il puisse s’adapter aux différentes focales des objectifs Fujinon XF en monture X. Si vous avez aimé le viseur du X100, vous allez adorer celui du X-Pro1, un viseur large et lumineux, le grand spectacle. Rares sont les viseurs optiques sur les compacts, celui du X-Pro1 n’a rien en commun avec le petit oeilleton étriqué à la faible couverture du Canon G1 X…

Hybride, on peut y afficher en surimpression, des informations d’exposition comme les paramètres, la correction de l’exposition, l’histogramme, le niveau automatique, etc. Cette vue est intéressante, mais si l’on photographie dans certaines conditions, on voudra peut-être passer à la visée électronique via le taquet avant et le bouton « Vew mode ». Le viseur électronique tient compte de la balance des blancs, de l’exposition, etc., et est TTL, donc insensible à la parallaxe par rapport au viseur optique.

L’écran est également nouveau avec une définition de 1,44 million de points et un traitement antireflet permettant de réduire par 4 les reflets d’un LCD conventionnel : très agréable à regarder.

Fujifilm X-Pro1
Le viseur hybride « Multi-viewfinder » est équipé d’un détecteur d’oeil qui l’allume quand vous vous approchez et l’éteint pour basculer sur l’écran quand vous éloignez votre visage de l’appareil.

Fujifilm X-Pro1
Trois vues différentes du viseur hybride du X-Pro1, à chaque fois avec une image de fond « optique », et en incrustations, différentes informations : exposition, sensibilité, échelle de mise au point, correction d’exposition, horizon artificiel, etc.

Autofocus, ça claque

Le fonctionnement du X-pro1 est assez discret avec un obturateur plutôt feutré comme nous l’avons dit, mais la motorisation autofocus des objectifs XF est un peu déconcertante. La mise au point autofocus du X-Pro1 est rapide, très rapide, mais pour la réaliser, les lentilles des objectifs se déplacent rapidement en produisant un double-clac assez gênant et qui n’inspire pas confiance, peu en adéquation avec le reste de l’appareil.

Fujifilm X-Pro1

Le taquet du mode autofocus : mise au point manuelle, continue ou vue par vue.

Fujifilm X-Pro1

Fujifilm X-Pro1

Fujifilm X-Pro1

Fujifilm X-Pro1

Le nouveau capteur X-TRANS du Fuji X-Pro1. Fujifilm nou sa dit avoir travaillé de concert avec Adobe pour les aider à traiter les fichiers RAW du X-Pro1 pour une prise en charge de ses fichiers bruts rapide sur Photoshop CS5 avec Camera RAW et Lightroom 4.


Ici comparé à un CMOS classique, avec son filtre passe-bas optique.

Les premières photos du X-Pro1

Nos amis de chez Fujifilm avaient étalé sur une table des photos imprimées, réalisées avec le X-Pro1, pour les comparer avec celles du Canon EOS 5D Mark II et du Sony SLT-A77, prises à différentes sensibilités. Le but de l’exercice est de nous apporter la preuve par l’image que le nouveau capteur X-TRANS du X-Pro1 peut battre en termes de restitution des détails et de sensibilité, les meilleurs reflex APS-C comme Full Frame et de battre sur ses deux terrains de prédilection le ténor du segment, la référence Canon EOS 5D Mark II.

Nous avons donc attentivement examiné les tirages et en effet, si le test a été réalisé en toute honnêteté, le X-Pro1 tient ses promesses. Il nous faudra vérifier cela lors du test du X-Pro1, mais les photos imprimées par Fujifilm donnaient clairement l’avantage à leur premier compact numérique hybride, ses photos sont plus fouillées, malgré ses 16 mégapixels par rapport aux 21 mégapixels du 5D Mark II ou même aux 24 mégapixels de l’Alpha 77. Sur cet exemple maison, l’apport de l’absence de dématriçage habituel, évitant ainsi la perte de piqué inhérente à cette opération qui vise à réduire le moiré. La restitution des plus fins détails est très probante, mais pas seulement : les photos paraissent également plus propres en hautes sensibilités dès 1600 ISO alors que le capteur est de taille APS-C quand la surface sensible du Canon EOS 5D Mark II est 24×36 mm. Sans surprise, le capteur 24 mégapixels APS-C du Sony Alpha 77 est un peu largué sur ce critère même s’il ne démérite pas.

Encore une fois, ces photos ont été prises par Fujifilm et nous devrons vite confronter le X-Pro1 aux références en reflex numérique. Fujifilm nous a promis beaucoup et affirme que son nouveau capteur X-TRANS est supérieur en résolution et rapport signal/bruit, par rapport aux meilleurs APS-C et même Full Frame. Il va falloir confirmer !

Le X-Pro1 à 6400 ISO…


Comparé au Canon EOS 5D Mark II.

Fujifilm X-Pro1

Le X-Pro1, pour qui ?

Avec un encombrement qui n’a plus grand-chose d’un compact, une ergonomie traditionnelle, une qualité d’image annoncée comme superlative, une gamme optique aujourd’hui faite exclusivement de focales fixes lumineuses et un prix de vente assumé comme premium, le Fujifilm X-Pro1 s’adresse sans complexe à un public élitiste (1590 euros en boîtier nu et 600 euros la focale fixe en moyenne), mais surtout à un public de photographes passionnés dont font partie bon nombre de nos lecteurs et qui succomberont au charme de l’ergonomie traditionnelle, avec un pilotage à l’ancienne, le plus éprouvé qui soit pour une photo créative. Il promet au photographe de retrouver des sensations par sa finition et ses nombreuses commandes physiques (ouverture sur bague de diaphragme de l’objectif, bague des vitesses, bague de correction de l’exposition…).

En ligne de mire, le Leica M9 dont le design du X-Pro1 est clairement inspiré. Et Fujifilm s’en cache à peine. À notre question « Avec le X-Pro1, est-ce que vous ciblez le Leica M9 ? », la réponse du chef du design de la série X fut un malicieux « peut-être… » accompagné d’un large sourire. D’ailleurs, dès cette année, Fuji va commercialiser un adaptateur permettant de monter les belles optiques Leica-M sur le X-Pro1. CQFD.


Si nous avons aimé le X-Pro1 suite à nos deux heures passées en sa compagnie ? Ah, ça oui, clairement.

X-Pro1 : premier de son espèce

Le X-Pro1 reçoit déjà un très bon accueil et, en attendant son test, on peut espérer de lui le meilleur rendu en compact à objectif interchangeable du marché. Fujifilm ne souhaite pas s’arrêter là puisque le concept « compact hybride X » devrait être décliné selon nos informations. C’est donc toute une gamme qui voit le jour avec le X-Pro1, dont des déclinaisons devraient sortir dans les mois/années qui viennent.

Jun Sato, le designer des X-series chez Fujifilm, est très à l’écoute des remarques des photographes et des journalistes spécialisés.

 
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