Canon EOS 5D Mark III : prise en main

Canon EOS 5D Mark III : prise en main

En avant-première, nous avons pu manipuler le Canon EOS 5D Mark III, un reflex vraiment séduisant qui répond brillament aux frustrations et aux envies des possesseurs de ses prédécesseurs. Voici notre prise en main en images du Canon EOS 5D Mark III.

Publié le 2 mars 2012 - 0:00 par La rédaction

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Voici le Canon EOS 5D Mark III avec ici son nouveau grip optionnel GP-E2. Le boitier du Mark III n’a plus rien à voir avec celui du mark II tant sur le plan de sa finition (châssis en alliage de magnésium, tropicalisation) que sur le plan de la richesse fonctionnelle. À la prise en main, on est séduit par le grip offert par ce reflex dont les formes sont particulièrement réussies. Le 5D Mark III inspire confiance. L’assemblage a progressé, les matériaux sont un peu plus nobles, les plastiques mous assurent un meilleur grip et donnent un sentiment de sécurité. L’EOS 5D Mark III est antiruissellement et sa construction sérieuse lui fait gagner ses galons de reflex pro à part entière.

Voici un détail ergonomique qui résume la philosophie de progrès du Canon EOS 5D Mark III : la bague de sélection de mode de prise de vue est verrouillée par un bouton poussoir comme nous l’avons vue apparaître sur l’EOS 60D l’an dernier. Globalement, si de nombreux photographes étaient frustrés par la légèreté du 5D Mark II (boitier peu endurant, non tropicalisé, autofocus poussif, etc.), l’EOS 5D Mark III semble apporter les bonnes réponses dans de nombreux domaines. Non, l’EOS 5D Mark III n’est pas le successeur du 5D Mark II, il s’agit d’un nouveau modèle, plus élaboré, plus pro. Il cohabitera d’ailleurs avec l’EOS 5D Mark III jusqu’à la fin de l’année.


« Editon on board ». Le Canon EOS 5D Mark III permet de noter les photos avec un nombre d’étoiles directement via le bouton « rate », ici en bleu sur la colonne de gauche (notre photo serait floue ?!). Le fonctionnement est simplissime : lorsque l’on visualise une photo, on appuie le bouton « rate » puis avec la roue codeuse, on choisit le nombre d’étoiles que l’on veut lui assigner. Cette notation en étoiles est reconnue par les Lightroom, Aperture, et cie, car inscrite dans les données EXIF de la photo. La possibilité de faire de l’editing embarqué pourra avancer de nombreux photographes en défrichant cette partie cruciale de leur travail

Qui dit editing dit comparaison. Pas de problème : le Canon EOS 5D Mark III profite de la définition élevée de son écran 3,5″ (1,044 million de points) pour permettre d’afficher deux images côte à côte ce qui aidera à leur attribuer un classement en nombre d’étoiles. On peut aussi zoomer dans une ou les deux photos, comparer les données EXIF, les paramètres du boitier, afficher l’histogramme d’une partie seulement de l’image comme pour mieux vérifier la répartition des tons dans certaines zones sensibles, voir si la texture d’un ciel nuageux n’a pas été percée dans les hautes lumières, etc.

 


On retrouve la touche « AF on » nécessaire en vidéo. L’autofocus du 5D Mark III n’a plus rien en commun avec le petit AF 9 points de son prédécesseur. Ici, on retrouve le module 61 points de l’EOS-1D X. Il offre 45 collimateurs en croix et 5 en double croix, mais surtout, sa plage de couverture est bien plus étendue dans le viseur que ne l’était celle de l’AF du 5D MKII. Nos essais rapides se sont montrés concluants, en intérieur, l’autofocus de l’EOS 5D Mark III est vif et précis.

Nous avons poussé le Canon EOS 5D Mark III à 25 600 ISO, sa sensibilité la plus élevée sans avoir recours aux modes étendus (52 600 et 104 200 ISO). L’examen ne fut pas très scientifique, mais ce que nous avons pu voir à l’écran du 5D nous a paru très prometteur. On connaît le talent du 5D Mark II en haute sensibilité, le nouveau capteur 22,3 mégapixels du Mark III pourrait bien nous surprendre en faisant gagner 2 EV, un progrès important sur une génération. Pour cela, Canon aurait enfin mis au point une nouvelle conception du capteur CMOS avec un maillage plus fin, d’om des photosites plus gros donc plus sensible et chacun est équipé d’un transistor pour traiter le bruit à la source, à l’échelle du pixel individuel. Canon est très confiant. Si on sait que la limite qualitative du 5D Mark II est de 3200 ISO pour la plupart des photographes, l’EOS 5D Mark III permettrait de photographier à 12 600, voire à 25 600 ISO sans complexe.


Wait and see… mais ce que nous avons vu nous paraît pas mal du tout.
Sensible, ce reflex l’est assurément. Quid de sa définition ? Malgré une qualité de mégapixels équivalente à celle de son prédécesseur, l’EOS 5D Mark III pourrait bien offrir un pouvoir de discrimination des fins détails plus élevé. C’est ce que portent à croire les photographies de chartes de teste que Canon nous a montrés sans que nous ayons le droit de les photographier pour les partager avec vous. Le message est clair : notre 5D Mark III est ultra sensible, et côté qualité d’image (résolution réelle sur le tirage), on peut faire jeu égal avec d’autres reflex Full Frame très haute sensibilité (Nikon D800, te sens-tu visé ?). Vivement les tests des EOS 5D Mark III et Nikon D800 pour un grand comparatif ! ça tombe bien, les deux boitiers seront disponibles presque en même temps. Quel heureux hasard…

Le Mark III corrige le tir et pour séduire les photographes pros, il s’équipe d’un double port pour carte mémoire, enfin !… Les formats adoptés sont : carte CompactFlash et carte SD / SDHC / SDXC. On peut choisir le mode de remplissage : la vidéo sur l’une et les photos sur l’autre, les JPEG sur la SD et les RAW sur la CF, basculer sur la SD quand la CompactFlash est remplie, etc.
Au dos du boitier, la roue codeuse est une nouveauté : elle est tactile. En fait, on peut la faire tourner, comme d’habitude, mais aussi tapoter sur une des quatre directions. Très pratique à l’usage, cette molette tactile est une jolie trouvaille ergonomique qui nous a séduits.

On soulève le capot : connectique généreuse pour ce reflex qui a gagné ses galons d’appareil pro avec cette troisième génération. Si la sortie HDMI est bien présente, elle ne permet pas, comme sur le Nikon D800, d’en extraire le flux vidéo non compressé pour l’enregistrer avec un enregistreur HDMI. Mais le Canon EOS 5D Mark III reste un surdoué de la vidéo. Il offre le Full HD en 30p à 28 Mbps. Si le son stéréo ne peut être capté que via l’ajout d’un micro externe, le boitier offre une prise casque et un vumètre graphique. Pour ce qui est de l’autofocus, en vidéo, il fonctionne toujours de la manière archaïque adoptée par le 5D Mark II : pas de mise au point en temps réel, il faut jouer du bouton « AF » ou du déclencheur pour que l’autofocus réalise la mise au point. Cette sous-performance est une limitation pour les photographes qui pensent utiliser le 5D MKIII comme un caméscope à usage personnel. Pour produire un film de façon professionnelle, cela reste un détail négligeable.

Le nouveau grip BP-E11 s’enrichit d’un joystick pour offrir une réplication des commandes plus complète en orientation portrait. Si la prise en main de l’EOS 5D MKIII est vraiment très séduisante, elle reste plus agréable avec le grip optionnel. La batterie utilisée par le 5D MKIII est la LP-E6, la même que sur son prédécesseur, la même que l’EOS 7D. On peut même l’utiliser dans le nouveau module sans fil WFT-E7 (802.11 a/b/g/n, Bluetooth, Ethernet) qui permet de dialoguer avec un ordinateur, un smartphone ou une tablette via leur navigateur.

Voyez-vous le bouton « Q » au-dessus de la nouvelle molette tactile ? Il active à la volée le mode « Quiet » ou « discret » en bon français. Du beau travail d’ingénieurs : déjà, à l’état brut, nous avons trouvé l’obturation du 5D Mark III particulièrement feutré, mais mode Q activé, le clac de certains boitiers, compacts hybrides compris, se transforme ici en un léger feulement soyeux extrêmement discret. En mode discret, la rafle du Canon EOS 5D Mark III initialement de 6 i/s descend à 4 i/s, la performance du Nikon D800. Voilà qui reste correct. Souvenez-vous, un EOS 5D Mark II en forme shoote à 3,9 i/s.


Un seul bouton permet d’activer le style d’image, la surimpression avec divers paramétrages possibles selon le but recherché, ou le mode HDR dans lequel l’appareil prend trois photos jusqu’à 3V d’écart pour les compiler en une photo HDR. Le mode HDR offre différents rendus prédéfinis qui vont du plus naturel possible au HDR baroco-kitsch en vogue dans certaines contrées éloignées.

Vous voyez l’oeilleton du 5D Mark III ? Voici une aire de progrès importante : il offre enfin une couverture de 100 % de l’image réellement enregistrée. Vous photographiez enfin ce que vous voyez ! Agrandissement de 0,71x, dégagement oculaire de 21 mm, infos projetées par un afficheur LCD (niveau électronique par exemple), etc. Nous avons retrouvé la qualité de la visée de l’EOS 7D lors de notre essai de l’EOS 5D Mark III, la générosité d’un Full Frame en plus.

Lors de notre prise en main du Canon EOS 5D Mark III, nous avons pu l’essayer avec l’objectif grand-angle stabilisé annoncé il y a peu : l’EF 24mm F2,8 IS USM. Contrairement eu 5D Mark III, il ne brille pas par sa qualité de fabrication. Il a un côté « cheap » que nous n’avions pas perçu sur les visuels nous faisant nous interroger sur le fait qu’il ne soit pas orné d’un « L », malgré son prix de vente élevé de 929 euros… Mais une focale fixe grand-angle F/2.8 et stabilisée, c’est une première.

Prise en main du Canon EOS 5D Mark III : notre avis provisoire

Frustrés par les limitations du canon EOS 5D Mark II, nous accueillons avec satisfaction l’EOS 5D Mark III qui corrige le tir sur de nombreux points : qualité de fabrication, prise en main, visée 100 %, rafale 6 i/s, autofocus 61 points rapide et à plage large, refonte ergonomique, etc. Passer du canon EOS 5D Mark II au Mark III sera un peu comme quand une hôtesse de l’air vient vous extirper de la classe tourisme pour vous annoncer que vous avez été upgradé en classe affaires. D’ailleurs le 5D Mark III, lors de notre prise en main, nous a paru différent / plus agréable à utiliser / plus performant que son prédécesseur, que l’on peut dire que non, il ne s’agit pas de son véritable successeur. Bébé EOS-1D X ou EOS 7D Full Frame, le Canon EOS 5 D Mark III est voué à une carrière commerciale exceptionnelle.
Il ne restera plus qu’à tester en détail sa qualité d’image qui semble aussi avoir été surclassée, peut-être en première…



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