Test du Nikon D3200

Test du Nikon D3200

Publié le 25 juin 2012 - 0:00 par La rédaction
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Reflex numérique APS-C à destination des photographes amateurs débutants, le Nikon D3200 est un reflex entrée de gamme assez atypique, car il reprend les bases du D3100, mais intègre un capteur qui se distingue par sa définition de 24 mégapixels, le capteur APS-C qui offre la plus forte définition du marché, un capteur que l’on retrouve chez Sony sur des appareils typés « expert » : le reflex à visée électronique SLT-A77 et le compact hybride avancé, le NEX-7. Compact et léger, le Nikon D3200 est taillé pour la photographie de voyage et familiale. Il peut filmer en vidéo Full HD, un mode qui bénéficie d’un autofocus « Full Time » et de la possibilité de gérer l’exposition manuellement. Son capteur APS-C le prédestine à être utilisé avec les objectifs Nikon DX. Il reste toutefois compatible avec les objectifs FX, conçus pour le plein format avec un coefficient de recadrage de 1,5x.




S’il y a un détail qui trahit le penchant « amateur » du boîtier du D3200, c’est du côté de son ergonomie qu’il faut chercher et plus particulièrement de sa visée optique un peu étriquée. Elle est héritée du D3100 et ne couvre que 95% de l’image effectivement capturée par l’appareil. Pour un cadrage au cordeau, il vaudra mieux passer sur la visée LiveView si l’on veut s’épargner d’avoir à recadrer sa photo par la suite. Cependant, le D3200 offre un mode « retouche » simple et ludique qui permettra de faire cette opération directement sur l’appareil. Nous avons remarqué une chromie bien approximative de l’affichage LiveView.

Le Nikon D3200 offre un nouveau mode GUIDE didactique et visuel pour apprendre les rudiments de la photo sur le terrain et arriver au résultat souhaité très simplement.

L’ergonomie amateur du Nikon D3200 rendra plus alambiquée la maîtrise des paramètres de prise de vue si on le compare à un reflex expert comme le Nikon D7000, plus fluide en modes PSAM. Aussi, privé de bracketting, le D3200 pourra difficilement s’envisager si vous pensez faire de la photographie HDR ou si vous avez l’habitude de multiplier les vues pour assurer la bonne exposition. Cette limitation est purement logicielle et volontaire de la part de Nikon pour créer un effet de gamme. Le D5100, proposé 50 euros moins cher, en est pourvu.

L’autofocus 11 points du D3200 est très décent et offre une couverture assez large sur le capteur APS-C. La cadence de prise de vue en rafale atteint 4 i/s, une vitesse assez standard pour un reflex amateur, mais le D3200 donne la priorité à la définition des images plus qu’à la vélocité malgré un mieux par rapport au D3100. L’autofocus est « full time » en vidéo. Cependant, le système à détection de phase est peu approprié à la vidéo, car la motorisation est assez bruyante et l’AF tend à décrocher du sujet. En tout cas, le D3200 fait au moins la mise au point de façon continue en vidéo et pour des films de vacances et familiaux, on prendra soin d’activer la priorité visages.


Pour la vidéo, la présence d’une entrée micro sera un plus pour un son de qualité.

En APS-C, le Nikon D3200 offre une qualité d’image élevée (comme nous allons le voir plus bas), malgré son côté « amateur ». Du segment amateur, il conserve un encombrement très réduit (suppression du second afficheur LCD sur le dessus de l’appareil) et un poids plume de seulement 550 grammes, batterie et carte mémoire incluses, des qualités appréciables sur le terrain. Le guide d’utilisation didactique s’enrichit d’une présentation plus graphique pour apprendre avec le boîtier, sur le terrain. D’ailleurs, le D3200 est un reflex qui peut accompagner un photographe débutant très loin dans sa progression.

Test du Nikon D3200 : qualité d’image

 

Les mesures DxOMark

Avec un DxOMark Score de 81, le Nikon D3100 arrivait à la 9ème place du classement global des appareils testés sur DxOMark, ex aequo avec le Canon EOS 5D Mark III, avant que les Nikon D800 et D800E ne viennent s’intercaler devant lui et le relèguent à la onzième position.  Il arrive en seconde position des reflex APS-C, un point derrière le Pentax K-5 équipé du capteur Sony 16 mégapixels brillamment exploité par les ingénieurs Pentax. A l’évidence, le D3200 est un appareil bien né côté capteur et on retrouve sur le Nikon D3200 la grande force de la technologie de capteur CMOS Sony à commencer par une plage dynamique record, qui dépasse ici 13EV à 100 ISO, ce qui renforce l’intérêt du D3200 pour la photo de paysage.

Mais le capteur Sony se distingue aussi par une profondeur de couleur élevée, de 24,1 bits, soit le meilleur score de tous les reflex APS-C. Il devance même de nombreux Full Frame et n’est devancé que par les appareils moyen format et les Nikon D4 et D3x.

Le Nikon D3200 obtient un score low-light ISO de 1131 ISO. C’est le quatrième meilleur reflex APS-C, sachant qu’il est devancé par trois appareils dotés du capteur Sony 16 mégapixels, les Nikon D5100 et D700 ainsi que le Pentax K-5 (et certainement le K-30 qui vient d’être annoncé). On pouvait craindre que le D3200 soit pénalisé par la hausse de résolution conséquente, mais il n’en est rien. Au contraire, il progresse par rapport au D3100 et son capteur CMOS 14 mégapixels qui avait obtenu un score Low-Light de 919 ISO.

Nikon D3200 : rendu aux différentes sensibilités

Nous l’avons vu sur les courbes DxOMark.com : la sensibilité du capteur du D3200 ne souffre pas de l’accroissement de la définition du capteur par rapport à D3100. Au contraire, la nouvelle technologie est plutôt salvatrice. Sur notre photo comparative du D3200 aux différentes sensibilités ci-dessous, affichée à 100%, donc moins flatteuse que la réalité d’un tirage, on voit combien le D3200 s’en sort très bien de 100 à 3200 ISO. Le seuil de dégradation est à 6400 ISO et on pourra donc utiliser le D3200 jusqu’à 3200 ISO sans arrière-pensée. Notez le rendu assez « mou » cependant, un rendu qui demandera une bonne dose d’accentuation pour rendre les images plus croustillantes.

 

Nikon D3200 VS Sony NEX-7

Le capteur du Nikon D3200 est-il bien le capteur APS-C Exmor HD Sony qui équipe le NEX-7 et le reflex SLT-A77 ? On a vu apparaître ici et là des photos du capteur du D3200 qui serait estampillé « Nikon ». Est-il pour autant fabriqué par Nikon ? L’est-il par Sony en marque dédiée ?

Les courbes du rapport signal/bruit des trois appareils APS-C 24 mégapixels du marché.

Avec un DxOmark Score de 81, le D3200 est ex-aqeuo avec le Sony NEX-7. Il obtient la même mesure de profondeur de couleur que l’hybride avec 24,1 bits (le SLT-A77 est mesuré à 24 bits). La dynamique est également du même acabit, 13,3EV sur le Nikon D3200 contre 13,4EV sur le NEX-7 (et 13,2 sur le SLT-A77). Le Nikon D3200 semble bien reprendre le capteur Sony 24 mégapixels apparu en septembre dernier sur les appareils-stars de l’IFA de Berlin, d’ailleurs. Aujourd’hui, équiper ses appareils d’un capteur Sony est un argument.
Toutefois, à l’examen de la courbe des mesures low-light ISO, on s’aperçoit que le Nikon fait un peu mieux que ses eux concurrents Sony. Le NEX-7 obtient un score de 1016 ISO contre 1131 pour le reflex Nikon. C’est souvent le cas : les clients de Sony comme Nikon ou Pentax exploitent mieux le signal du capteur que Sony… Chacun son savoir-faire. A l’inverse, les fichiers RAW traités dans Adobe Camera Raw offrent bien le même rendu.

 

Canon EOS 600D vs Nikon D3200

Les scores obtenus par le capteur 24 mégapixels du Nikon D3200 sont supérieurs à ceux du Canon EOS 600D sur l’intégralité des critères mesurés ce qui aboutit à un DxOMarkscore de 81 pour le Nikon contre 65 seulement pour le Canon EOS 600D qui se retrouve à la 67e position dans le classement des appareils mesurés par DxOMark alors que le Nikon D3200 arrive dans le Top 10.
- Profondeur de couleur : avec 24,1 bits, le D3200 obtient 2 bits de mieux que l’EOS 600D.
-Plage dynamique : à partir de 800 et 400 ISO, la courbe de progression de la dynamique du capteur APS-C Canon 18 mégapixels s’essoufflent et la dynamique ne progresse plus quand celle du capteur Sony continue d’élargir le champ des tonalités capturées par le Nikon D3200 pour atteindre, à 100 ISO, une différence cruelle pour le Canon, de près de 2Ev avec 11,5EV sur le Canon contre 13,2EV sur le Nikon.
- Low-light ISO : Etonnament, malgré la plus grande définition de son capteur, le Nikon D3200 offre une meilleure qualité d’image en basse lumière avec une différence de plus d’un demi diaph…

Le Nikon D3200 offre une qualité d’image supérieure à celle du Canon EOS 600D.
La plage dynamique du D3200 continue d’évoluer aux plus basses sensibilités quand celle du Canon EOS 600D stagne à partir de 400 ISO.

Le capteur est donc excellent sur tous les plans et offre une définition élevée, mais dont on bénéficiera réellement qu’au prix d’un traitement sur les fichiers RAW avec un logiciel qui gère l’accentuation de manière performante, une manipulation ardue pour un photographe amateur. Les images JPEG du D3200 manquent de peps du point de vue définition perçue et se caractérisent par un rendu flatteur avec une colorimétrie flatteuse et un D-lighting dont le niveau est décidé par l’appareil et qui tend à donner un aspect artificiel, un peu HDR, aux photos en rehaussant parfois de façon exagérée les tons sombres. L’active D-Lighting réalise un excellent travail sur les hautes lumières et exploite bien la dynamique généreuse du capteur.

A l’heure du choix, si l’on hésite entre un D3100, un D5100 et un D3200, la principale question est de savoir si la forte définition du capteur va se retrouver sur les tirages finaux et si l’on va pouvoir bénéficier d’une réelle possibilité de recadrage additionnelle. Par rapport au D3100, les qualités du capteur 24MP sont intéressantes et classent de facto le D3200 dans une autre catégorie. Par rapport au D5100, nous serons plus réservés. La base technologique des deux capteurs est à peu près la même et l’on bénéficie de la même profondeur de couleur, dynamique et sensibilité. Replaçons les choses dans leur contexte, sur un tirage à 240 dpi, en natif, la définition du D5100 permet déjà de tirer en 52 x 34 cm quand le tirage théorique du D3200 à cette définition sera de 64 x 42 cm. Combien de photographes amateurs équipés d’un D3200 vont faire réaliser des tirages des ces dimensions ? Pour vraiment bénéficier de la définition du capteur, il faudra des objectifs haut de gamme au pouvoir de résolution élevé. Bref, avec les objectifs du kit ou les transstandard, on passe à côté d’une partie du potentiel du D3200, mais on n’échappera pas aux contreparties à commencer par la lourdeur des fichiers. Un JPEG Fine du D3200 pèse 9 Mo.

Un détail à 100% d’une même photo prise avec le Nikon D5100 et le D3200.Un détail à 100% d’une même photo prise avec le Nikon D5100 et le D3200.

24 mégapixels, c’est bien, mais…

Principal atout du D3200, le capteur 24 mégapixels est-il réellement un avantage ? Pour en bénéficier et retrouver plus de détails sur ses tirages, il faudra utiliser des objectifs de haute volée ce qui est assez contradictoire avec le positionnement de l’appareil. Ensuite, plus de pixels sur une même surface signifie aussi que le flou risque d’être plus visible : d’une part, une mise au point imprécise peut passer inaperçue sur le capteur 16 mégapixels du D5100 et sauter aux yeux sur les 24 mégapixels du D3200, mais d’autre part, le flou de bougé est accentué par la petite taille des photodiodes qui se déplacent plus dans l’espace relativement à leur taille quand le photographe bouge un peu et à main levée, à vitesse d’obturation identique, on aura plus de photos floues qu’avec un appareil plus ordinaire. Ensuite, 24 mégapixels demandent un espace de stockage à la fois généreux en taille sur toute la chine de traitement et d’archivage numérique (cartes mémoire, disques durs, sauvegarde cloud…) et véloce pour digérer les JPEG de 9 Mo, sans parler des RAW. Donc, la haute définition du capteur du D3200 est un atout, mais avec quelques contre-partie dont il faut être conscient avant de s’engager sur un tel capteur.

 

Test du Nikon D3200 : conclusion

Pour l’instant, le Nikon D3200 n’a pas de réel concurrent sur son segment (reflex numérique amateur). Il faut aller chercher le compact hybride Sony NEX-7 pour retrouver la même qualité d’image et la même sensibilité que le Nikon D3200, mais sur une philosophie radicalement différente, reflex vs hybride, ergonomie amateur vs ergonomie semi-pro, visée reflex optique vs visée OLED.
Le capteur CMOS 24 mégapixels du D3200 est excellent et possède sa propre signature : haute définition / plage dynamique étendue et on peut saluer le parti-pris marketing audacieux de Nikon qui est de mettre les meilleurs capteurs dans des boîtiers grand public comme ils l’avaient déjà fait au printemps dernier avec le D5100 qui mettait l’excellent capteur du Nikon D7000 à la portée de la clientèle du D3100. Pour autant, nous aurions aimé que le D3200 apporte plus de progrès sur d’autres terrains que le seul capteur comme la visée ou l’ergonomie par exemple, voire l’autofocus en mode vidéo. Beaucoup de photographes resteront de marbre face aux 24 mégapixels du D3200 et, pour moins cher, on pourra lui préférer le D5100 et son écran articulé. Ce reflex met en évidence un trou béant dans la gamme de reflex numériques APS-C Nikon : trois boitiers sont réalisés autour du même châssis à la visée perfectible et à l’ergonomie qui rend l’utilisation de l’appareil hors modes automatiques assez chaotique quand seul le D7000 offre des qualités plus « expertes » mais que l’on aimerait voir sur un reflex intermédiaire et une visée qui change tout le plaisir du photographe. D’ailleurs, le D7000, dans un esprit radicalement différent, est vendu aujourd’hui à prix modéré peu éloigné du tarif du D3200. Pour rester sur un segment plus amateur et si vous n’avez pas d’objectifs Nikon, pour un premier équipement, il sera peut-être judicieux d’aller voir du côté du Pentax K-30, un reflex bon marché, mais tropicalisé et doté d’une visée vraiment décente à 100%.

Principales forces du Nikon D3200

+ Large plage dynamique
+ Excellente sensibilité
+ Définition élevée
+ AF 11 points, suivi 3D, autofocus permanent en vidéo
+ Active D-Lighting efficace sur les hautes lumières

 

Principales faiblesses du Nikon D3200

- Poids des fichiers
- Absence de bracketting
- Visée peu agréable
- Ergonomie typée amateur, peu efficace pour une utilisation plus « experte »
- Ecran peu fidèle, non articulé
- La forte définition du capteur sera exploitée par des objectifs haut de gamme
- Active D-Lighting un peu appuyé parfois et non paramétrable

Test du Nikon D3200 : galerie d’images téléchargeables

Cliquez sur les photos ci-dessous pour télécharger les fichiers JPEG originaux issus du Nikon D3200.

 

Nikon D3200 à 100 ISO – f/8 – 1/15s à main levée avec l’objectif grand-angle Sigma 10-20mm F3,5 EX DC HSM. Le Nikon D3200 à 800 ISO f/7,1 – 1/125s avec le Sigma 10-20mm F3,5 EX DC HSM à 10mm. Avec l’Active D-Lighting activé, les tons sombres sont rehaussés. Il en résulte un aspect un peu typé HDR.Le Nikon D3200 à 3200 ISO – f/8 – 1/400s. Lumière naturelle.Nikon D3200 à 400 ISO – f/5 – 1/100s.

Nikon D3200 à 100 ISO – f/3,5 – 1/1600s.
On appréciera la forte résolution du D3200 qui permet de conserver de nombreux détails, même en très grand angle tout comme la plage dynamique du capteur Sony qui aide à capturer des tonalités étendues sur des scènes pourtant très contrastées.

Nikon D3200 à 100 ISO – f/7,1 – 1/80s, toujours avec l’objectif Sigma 10-20mm F3,5 EX DC HSM.

Nikon D3200 à 100 ISO – f/8 – 1/160s.

Nikon D3200 à 100 ISO – f/3,5 – 1/800s avec l’objectif Nikon AF-S Nikkor 50mm F1.4G qui devient un petit téléobjectif une fois monté sur le D3200 dont le capteur APS-C aboutit à un coefficient d’allongement de focale de 1,5x.

 


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