Test du Sony Cyber-shot DSC-RX100

Test du Sony Cyber-shot DSC-RX100

Bien souvent en photo, la qualité d’image pâtit de la compacité d’un appareil photo et les deux ne font en général pas bon ménage. C’est physique. La quadrature du cercle que s’imposent les fabricants depuis quelques années sur le segment des compacts dits « experts », qui s’adressent à des photographes qui désirent une qualité d’image supérieure à la moyenne des compacts numériques, est de réussir à offrir une qualité d’image réellement meilleure, mais dans un format qui reste plus compact qu’un reflex, idéalement, qui peut se glisser dans une poche. Sur ce segment, de nombreux prétendants s’affrontent, chacun avec leurs atout.

Publié le 3 octobre 2012 - 0:00 par La rédaction

Mais quand la compacité devient un critère-clé, et que l’on ne veut pas sacrifier la qualité d’image, le  dernier carré de prétendant se rétrécie sérieusement et le Sony RX100 fait partie de ces APN dont le format est incroyablement petit pour selon qu’ils embarquent un grand capteur et un objectif de qualité. Il est donc confronté aux Canon Powershot S100 et S110, le G15 étant hors course du fait de son encombrement exagéré, de façon frontale. Les deux appareils reposent sur le même concept. (cf le test du Canon Powershot S100).

Sony RX100 : le tour du propriétaire

Le Sony Cyber-shot DSC-RX100 est donc un compact numérique expert doté d’un grand capteur de 1″, une taille de capteur apparue l’an dernier dans les compacts hybrides Nikon 1 (J1 et V1) auxquels nous allons d’ailleurs comparer les performances du nouvel imageur Sony. En effet, c’est un tout nouveau capteur CMOS que Sony inaugure sur le RX100, d’une définition de 20 mégapixels, en format 4:3. Il est exploité de façon classique de 80 à 6400 ISO, puis, pour accéder aux plus hautes sensibilités, 12 800 et 25 600 ISO, le RX100 utilise les technologies « Superimposing » et « By pixel » permises par la haute vitesse
d’acquisition du capteur. Le RX100 tourne des vidéos en Full HD à 50p et offre des modes avancés développés par Sony récemment tirant souvent parti du multi-image : rafale rapide à 10 i/s, photo panoramique par balayage, HDR, photo de nuit sans trépied, flou d’arrière-plan, etc.

Un second atout important du Sony RX100 est son objectif Vario-Sonnar T* équivalent 28-100mm, un objectif lumineux en grand-angle avec une ouverture maximale de f/1,8, bien qu’elle décroît hélas rapidement lorsque l’on zoome, n’étant plus que de f/4,9 à 100mm. La formule optique de l’objectif Carl Zeiss du RX100 mobilise des lentilles AA (Advanced Aspherical) permettant de réduire l’encombrement de l’objectif. Son diaphragme est constitué de 7 lamelles circulaires pour des flous d’arrière-plan plus esthétiques. Si l’on devait être un peu tatillons, on peut dresser le portrait-robot de
l’objectif que nous aurions aimé sur le Sony RX100, mais celui-ci s’en approche. Il lui manquerait juste une position 24 ou 25mm. Un 25-100mm aurait été parfait pour des photos de paysages plus spectaculaires. Aussi, son ouverture maximale à 100mm est un peu restrictive et va nous priver de l’effet de flou maximal qu’un f/2,8 ou f/2,5 aurait permis. Mais il faut bien faire quelques sacrifices pour conserver un format aussi compact.

Test du Sony RX100
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Le Sony Cyber-shot DSC-RX100.

Et justement, la compacité, voici le troisième atout du RX100, talon d’Achille de ses concurrents appareils numériques compacts experts comme les Canon G15, Fujifilm X10, etc… Sur le plan de l’encombrement, le Sony RX100 est exemplaire. Ses cotes (101,8 x 58,1 x 25,9mm) en font le plus compact de sa catégorie, juste derrière le Canon S110 dont il est très proche, mais le Canon est équipé d’un capteur bien plus petit (1/1,7″). Le RX100 ne pèse que 240 grammes. S’il n’est pas lourd, il est
dense. Et pour cause : sa finition est admirable, son boitier est réalisé en aluminium. C’est en plus un très bel objet. Son format compact est souligné par la mécanique de son objectif qui pénètre totalement à l’intérieur du RX100 quand il est éteint et ça, ça change tout. Prenez le Fuji X10 ou le Canon Powershot G1 X, c’est souvent l’objectif qui est le plus gênant durant le transport, interdisant de glisser l’appareil dans une poche. Un détail ? Pas vraiment, si l’on considère que le meilleur appareil photo est celui que
vous avez toujours sur vous !

test du sony DSC-RX100
L’écran 3″ / 1 229 000 points du RX100 participe au plaisir d’utilisation de l’appareil.

 

Le Sony RX100 à l’utilisation

A l’usage, le Sony RX100 est un appareil extrêmement rapide comme Sony sait les faire. On se passe de viseur do’il pour gagner en compacité et cette absence est largement compensée par le bel écran 1 229 000 de points doté de la technologie d’affichage Sony WhiteMagic, un écran que nous avons apprécié pour sa lisibilité encore correcte en plein soleil même s’il a ses limites, comme tous.

Côté ergonomie, le RX100 est loin d’un reflex, mais il s’en tire brillamment par l’ingéniosité de son interface est cette bague qui entoure l’objectif et permet d’accéder à des réglages fréquents, que
l’on peut paramétrer. D’ailleurs, le RX100 sait à qui il s’adresse et son interface est largement personnalisable. Cette bague d’objectif permet d’accéder au réglage de la sensibilité ISO, à la mise au point manuelle, à l’ouverture, au format d’enregistrement, etc… Les photographes qui affectionnent un fonctionnement plus traditionnel auraient certainement adoré voir le RX100 doté d’une bague de réglage mécanique du diaphragme ainsi que d’une bague de zooming manuel puisque le zooming s’opère via un taquet classique. Voici la principale frustration que nous avons pu ressentir à l’usage du RX100, l’absence de bague de zooming manuel.

La bague de réglage du mode de prise de vue mêle les modes débrayables
PSAM et les modes auto et Supérieur Auto, aussi efficaces que sur le
Sony HX20V testé ici et auxquels mêle un photographe chevronné pourra
aisément avoir recourir avec un succès quasiment assuré. Le mode HDR est
efficace et le Cyber-shot DSC-RX100 reprend le DRO des reflex et
hybrides Sony qui préserve les détails dans les hautes lumières et
rehausse les ombres. (DRO = Dynamic Range Optimizer)
Une batterie d’effets différents permet également de bien s’amuser avec
l’appareil pour obtenir des rendus particulier, ajouter du vignetage,
quelques filtres « à la Instagram », un effet maquette…

Le petit flash intégré est compact, mais assez efficace et sa tête peut
s’orienter vers le plafond pour un éclairage en lumière réfléchie.

Sony cyber-shot DSC-RX100

 

RAW

C’était un must sur un compact numérique il y a peu, mais aujourd’hui,
tous y sont passés : le format RAW est disponible. Cela permettra de
rattraper la balance des blancs a posteriori, de travailler plus
finement l’exposition, les tons extrêmes, etc… dans Lightroom
compatible avec les RAW du RX100 depuis la version Lightroom 4.2, etc…

sony RX100 : le testLa bague qui entoure l’objectif permet d’accéder à différents
réglages selon le mode de prise de vue et est paramétrable. Très
pratique.

 

Le capteur 1″, taille de surface sensible et concurrence

Si vous souhaitez comparer le RX100 par rapport à ses concurrents, voici
une petite aide pour vous y retrouver dans les tailles des capteurs.
Positionnons le capteur du Sony RX100 par rapport à ses concurrents, il
mesure 1″ en diagonal, c’est-à-dire 13,2 x 8,8mm. Il offre des
dimensions identiques à l’imageur CMOS des compacts hybrides Nikon 1 J1
et V1.
– Par rapport aux capteurs 1/2,3″ des compacts numériques classiques, il est 4 fois plus grand.
– Par rapport aux capteurs 1/1,7″ des compacts experts comme les
Panasonic LX7, Canon Powershot S100 / S110 / G12 / G15, Samsung EX2F, il
est 1,7 fois plus grand.
– Par rapport au capteur 2/3″ des Fujifilm X10, X-S1, X-F1, il est 1,5 fois plus grand
– Par rapport au capteur 4:3 des compacts hybrides micro 4:3 Panasonic
Lumix G et Olympus Pen ou OM-D, il est 1,9 fois plus petit.
– Par rapport au capteur du Canon Powershot G1 X, il est 2,25 fois plus petit.

 

Test du capteur du Sony RX100 sur le banc d’essai DxO

Voici les scores obtenus par le capteur 10 mégapixels du Sony Cyber-shot DSC-RX100 sur le banc d’essai DxO :
DxOMark Score : avec 66 points, le Sony RX100 se classe en
54ème position du hit-parade des appareils passés au banc d’essai
DxOMark qui comporte majoritairement des reflex numériques, mais c’est
également la première place pour un compact numérique classique, à zoom.
Seul le Fujifilm X100 le devance, avec son capteur APS-C.
Profondeur de couleur : Avec 22,6 bits obtenus, le RX100 se
classe en 54ème position de tous les appareils testés et sur ce critère
aussi, il arrive en tête de tous les compacts classiques testés, devancé
par le seul X100.
Plage dynamique : Avec une amplitude dynamique de 12,4EV, le
capteur CMOS 1″ offre un potentiel élevé pour un compact. Il est 32è de
tous les appareils testés, ex aequo avec le capteur APS-C du X100 et
devance même quelques reflex Full Frame de la précédente génération
comme les Nikon D700 et D3 ou le Sony Alpha 850. A titre de comparaison,
le Canon EOS 5D Mark II obtenait 11,9EV sur nos mesures.
Sensibilité basse lumière : pas de miracle ici avec un capteur
1″, grand et petit à la fois, à cheval entre les capteurs 1/1,7″ des
compacts experts habituels et les capteurs APS-C ou 4:3 des hybrides et
reflex amateurs. Avec 390 ISO obtenus, classé 137ème sur ce critère, le
Sony RX100 demeure toutefois le plus sensible des compacts numériques
experts de son format réduit, n’étant devancé uniquement par le très
encombrant Canon Powershot G1 X.

Sony RX100 vs Canon S100

Un capteur performant, une optique de qualité, un concept « expert », le
tout, dans un format de poche. Voici ce qui rapproche le Sony Cyber-shot
DSC-RX100 du Canon Powershot S100. Avec une surface sensible 70% plus
généreuse, le Sony peut être avantagé même si sa définition de 20
mégapixels est supérieure à celle du Canon S100, un 12 mégapixels. Mais
au final, le pixel pitch du Sony est de 2,4µm contre 1,8µm sur le Canon,
et reste donc supérieur.

DxOMark Score : avec un score de 66, le Sony RX100 s’impose
aisément face aux 50 points du Canon S100. Cet écart se retrouve sur
tous les critères de performance du banc d’essai DxOMark
– Profondeur de couleur : Ce sont près de 2 bits que l’on gagne en
choisissant le compact Sony (22,6 bits) par rapport au Canon (20,7
bits).
Plage dynamique : L’écart en faveur du Sony RX100 atteint
presque 1 EV, 0,8EV exactement. On frôle le stop. Cet écart se
retrouvera sur la capacité de l’appareil à enregistrer des informations
dans les hautes et basses lumières et la différence de qualité d’image
sur une photo RAW développée sous un logiciel photo doué dans
l’exploitation des tonalités extrême sera tangible.
Sensibilité basse-lumière : Capteur plus grand, photodiodes
plus larges, technologie plus récente, le résultat est sans appel, le
Sony RX100 est un diaph un tiers plus sensible que le Canon S100. Le
graph des courbes du rapport signal bruit montre clairement la
supériorité du RX100 face au S100, un écart accru sur une photo imprimée
(simulation « print »), le bruit étant alors noyé dans la définition
élevée du Cyber-shot.

 

Il faudra passer le nouveau capteur 1/1,7″ du successeur du S100, le S110, au banc d’essai car il est désormais, non plus CCD, mais CMOS rétroéclairé.
Le rapport signal / bruit au standard « impression ».

Sur le segment des compacts experts, un nouveau capteur fera son
apparition cet automne, un CMOS rétroéclairé de 1/1,7″. Il pourrait
changer la donne et limiter les écarts de performance entre le RX100 et
la nouvelle génération de compacts premium qui devrait voir le jour
d’ici la Photokina et dont le Nikon Coolpix P7700 est le premier
appareil équipé.

 

Sony Cyber-shot DSC-RX100 vs Fujifilm FinePix X10

Le capteur CMOS 2/3″ qui équipe le Fujifilm X10 (ainsi que l’excellent
bridge haut de gamme X-S1) accuse les mêmes écarts que le canon S100 par
rapport au Sony RX100 pour ce qui est de sa profondeur de couleur et de
sa plage dynamique. Il limite toutefois les dégâts pour ce qui est de
sensibilité basse lumière avec une mesure DxOMark de 245 ISO,
équivalente aux 2/3 de celle enregistrée sur le capteur du RX100
(capteur 1″ vs 2/3″). L’image affichée à 100% offrira un même niveau de
bruit visible. Sur un tirage papier, l’excédant de définition du RX100
offrira un rendu légèrement plus esthétique, de l’équivalent d’1/3EV.

Sony Cyber-shot DSC-RX100 vs Nikon 1 J1

Une technologie voisine, deux capteurs CMOS, une même surface sensible,
deux capteurs 1″, un avantage en termes de pixel pitch en faveur de
l’hybride Nikon 1 J1 avec 3,38µm contre 2,4µm pour le Sony RX100, mais
surprise, le Sony RX100 surpasse le Nikon J1 aisément avec un DxOMark
score global de 66 points contre 56 points obtenus par le Nikon J1.

Profondeur de couleur : avec 22,6 bits contre 21,5 bits, le
Sony offre des nuances plus fines que le Nikon. La subtilité
supplémentaire des gradations offerte par un bit de plus en profondeur
de couleur reste subtile, mais le progrès est bien là et mesuré par le
banc d’essai DxOMark.
Plage dynamique : voici le critère sur lequel le nouveau
capteur CMOS 1″ Sony engrange des points face à celui qui équipe le
Nikon J1. C’est 1,4EV d’exposition en plus que peut capturer le Sony
RX100 par rapport au compact Nikon. On le voit sur le diagramme : la
dynamique du capteur du Sony évolue plus rapidement lorsque l’on abaisse
la sensibilité que celle du Nikon. Equivalente à 1600 ISO sur les deux
boitiers, la plage dynamique accuse 1,4Ev d’écart à 100 ISO.
Sensibilité basse lumière : voici un terrain sur lequel la
physique conserve sa logique, tout en soulignant l’excellente conception
du nouveau capteur 1″ Sony. La taille des photosites, plus généreuse
sur le Nikon, permet à ce dernier d’arriver ex aequo avec le Sony.
Affichée à l’écran à l’échelle 1:1, l’image du RX100 paraîtra plus
bruitée que celle du J1, mais une fois imprimée, la destination
naturelle d’une photographie, les deux images seront comparables en
termes de bruit avec un rapport signal bruit lissé sur un tirage
équivalent 8 mégapixels du fait de la définition élevée du Sony, 20
mégapixels.

Test du Sony RX100 : conclusion

Pour résumer très simplement l’impression que nous a laissée le Sony Cyber-shot DSC-RX100 : pour nous, il s’agit du meilleur compact numérique du marché qui tient dans une poche. Sa qualité d’image est au dessus de tout appareil de son format et même meilleure que certains plus encombrants. Si l’on excepte le Canon Powershot G1 X dont le format n’est pas
comparable avec le Sony RX100, le Cyber-shot est le compact expert doté
du plus grand capteur. Mais le CMOS 1″ du Sony ne bénéficie pas que de
sa grande dimension pour offrir la meilleure sensibilité des compacts
experts, G1 X excepté, il se distingue également par une profondeur de couleur et une plage dynamique
records pour un capteur de compact numérique. S’il écrase la concurrence
sur le marché du compact expert, le Cyber-shot RX100 vient aussi
marcher sur les platebandes de certains compacts hybrides comme les
Nikon 1 J1, J2 et V1, plus encombrants et équipés d’un capteur qui
accuse une génération de retard par rapport à ce nouveau capteur 20 mégapixels.
Mais en plus de faire un carton sur le plan de la qualité photo, le Sony RX100 assure aussi avec une interface utilisateur bien pensée, son format compact, un très bel écran et une richesse fonctionnelle ambitieuse.

+ Qualité d’image
+ Mode Supérieur Auto efficace
+ Objectif de qualité, lumineux en grand-angle
+ Finition
+ Compacité

– Prix
– Luminosité de l’objectif au téléobjectif
– Plus courte focale un peu étrique (28mm, aurions adoré un 25 ou 24mm)
– Absence de GPS / Wi-Fi

Galerie de photos du Sony RX100 – téléchargeables

 



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