Le Pentax K-30 est un peu le petit frère du K-5 qui est décliné ici dans une version plus grand publique, tournée vers le photographe amateur, tout en offrant quelques atouts habituellement réservés à des appareils proposés à une tranche de prix bien supérieure. En effet, le Pentax K-30 bénéficie lui aussi d’une finition tropicalisée qui va protéger l’électronique et les mécanismes de la poussière et des projections d’eau, du fameux capteur CMOS APS-C de 16 mégapixels, d’une cadence de prise de vue assez élevée de 6 i/s en mode continu, de l’enregistrement vidéo 1080p à 30 images par secondes, tout cela pour le prix d’un reflex numérique amateur qui le positionne face aux Canon et EOS 650D et Nikon D5100 et D3200.

Pentax K-30 : tropicalisation tout temps

Le Pentax K-30 offre des dimensions dans la moyenne des reflex numériques : ce ne sera pas le plus compact ni le plus léger, mais il est loin d’être le plus encombrant et le plus lourd. Il reste toutefois moins compact que les reflex numérique d’entrée de gamme? Ceci peut être un paramètre à prendre en compte selon les habitudes. La finition du Pentax K-30 mêle à la fois des éléments en plastique dur et des parties gainées d’un caoutchouc texturé qui facilite la prise en main. Naturellement les parties en plastique dur ont tendance à donner à l’appareil un côté bon marché peu rassurant. Mais cela n’empêche pas le
Pentax K-30 d’être un reflex endurant puisqu’il bénéficie d’une tropicalisation avancée qui lui permet d’être utilisé sur tous les terrains sans craindre pour son intégrité. De nombreux joints toriques ont été ajoutés pour rendre l’appareil étanche aux projections d’eau, ce qui permettra de l’utiliser sous une pluie fine précise Pentax, mais aussi dans un environnement poussiéreux, idéal pour des randonnées dans le désert. Bref, le Pentax K-30 est prêt pour l’action et le terrain. Attention toutefois, nous vous y méprenez pas, le Pentax K-30 n’est pas un appareil étanche qui permettrait de le plonger sous l’eau pour faire de la photographie sous-marine !

Nous avons eu l’occasion de tester le K-30 sous la chaleur humide des Antilles françaises, à la plage, en rivière, dans les cascades des pentes de la Soufrière, en toute sécurité. Le K-30 est le gage d’une certaine sérénité quand on est un photographe un tantinet baroudeur. Pour bénéficier réellement du côté tout temps du boitier, nous recommandons l’achat du kit K-30 + objectif 18-55mm WR ou mieux, le 18-135mm WR (WR = Weather Resistant) plus polyvalent, idéal pour le voyage, puisque ces objectifs sont optimisés pour une utilisation tout temps et dont la lentille frontale reçoit un traitement qui évite les traces des projections d’eau et tend à ne pas accrocher la poussière.

 

Pour proposer d’une tropicalisation digne de ce nom, les ingénieurs Pentax ont dû concevoir des commandes renforcées. Il en résulte des bagues des commandes un peu plus difficiles à tourner qu’à l’habitude et des boutons un peu plus résistants. La trappe de la carte mémoire est équipée de joints nécessaires à l’étanchéité de l’appareil, mais qui rend aussi sa manipulation un peu plus délicate. Cette ergonomie un peu plus « rêche » est un compromis avec lequel il faudra composer, mais qui permet de bénéficier d’un appareil photo tropicalisé.

Ecran fixe, 3″ / 921 000 points

Il en va de même pour l’écran arrière du Pentax K-30 qui ne pouvait pas être décemment articulé, cela posant bien trop de problèmes pour conserver un niveau de tropicalisation adéquat. Toutefois, l’écran est tout à fait convenable puisqu’il s’agit d’un écran LCD de 3″ pour 921 000 point. C’est un afficheur bien connu que nous apprécions toujours et qui offre un angle de vision assez large pour ne pas faire regretter un écran articulé.

 

Visée optique reflex haut de gamme

À nos yeux, et ce n’est pas un jeu de mots, un des principaux atouts du Pentax K-30 est sans aucun doute la qualité de sa visé reflex. En effet, et c’est rare à cette gamme de prix, le K-30 est équipé d’une visée optique qui couvre 100% de l’image réellement capturée par l’appareil, dotée d’une magnification et d’un dégagement oculaire du niveau d’un appareil photo expert. La technologie utilisée, pentaprisme contre pentamiroir, est un plus important pour l’appareil, un must habituellement réservé aux reflex experts vendus bien plus chers, mais lorsque vous avez goûté à la visée par le biais d’un pentaprisme, il est bien difficile de passer sur une visée peu qualitative de type pentamiroir, que l’on trouve habituellement sur les reflex amateurs.

Ergonomie

L’ergonomie du Pentax K-30 est assez bien adaptée à sa cible d’utilisateurs amateurs, mais assez avancés, en offrant à la fois de
bonnes possibilités de contrôle fin des différents paramètres, sans noyer l’utilisateur sous une pléthore de boutons et de molettes. Nous
apprécions toujours l’habitude qu’a prise Pentax de placer ici sur la gauche de l’appareil un bouton qui permet de passer à la volée sur le
format RAW. C’est pratique lorsqu’on a l’habitude de photographier en JPEG pour économiser de la place sur sa carte mémoire et sur son ordinateur à la maison, et de pouvoir passer à la volée en RAW quand on sent que la photo que l’on est en train de prendre va nécessiter du travail en post traitement pour gérer les différentes tonalités ou la balance des blancs. D’ailleurs, une fonction intelligente du K-30 et la possibilité d’enregistrer sur votre carte mémoire une version RAW d’une photo initialement crise en JPEG, lors de la visualisation. Les menus de l’appareil ne sont pas présentés d’une manière très esthétique ni extrêmement pratique. On a vu mieux. Mais fort heureusement, vous n’aurez pas à vous plonger dans les menus du K-30 très souvent. Un bouton fait remonter à l’écran les principaux réglages que vous pouvez effectuer, c’est le bouton INFO, qui permet ensuite très facilement, à l’aide du bouton multidirectionnel et la molette, de régler les paramètres d’exposition, la sensibilité, d’activer le mode HDR, la prise de vue rafale, etc.

Filtres artistiques, HDR

C’est également par ce même bouton INFO que l’on pourra activer les filtres artistiques que propose le Pentax K-30, des filtres répartis
dans deux familles différentes, ici juste pour appliquer un rendu particulier jouant sur la saturation, le contraste, la netteté, là pour
réellement appliquer une retouche complexe à vos images, un filtre comme on les utilise de plus en plus, dont certains rappellent ceux
d’Instagram. On apprécie le fait que ces rendus sont personnalisables. C’est dans ce menu que l’on activera le mode HDR qui utilise plusieurs photos prises en bref Getting en rafale rapide pour calculer directement dans l’appareil une photo au look HDR, dont on peut régler l’intensité. Il faudra veiller à avoir la main légère sur les réglages pour ne pas aboutir à un rendu très caricatural.

Les 3 niveaux du mode HDR du Pentax K-30.

 

Autofocus… peut mieux faire

Dans l’utilisation de l’appareil, la principale faiblesse du boîtier réside dans son autofocus qui est relativement peu intelligent par
rapport à certains systèmes concurrents. Lors de notre test, ses hésitations pour trouver le bon collimateur et faire la mise au point
nous ont valu de rater quelques photos. Agaçant. On optera volontiers dans certains cas pour la mise au point manuelle qui, en liveview,
affiche en surbrillance les zones nettes. Cet autofocus un peu décevant est d’autant plus regrettable que l’appareil permet d’atteindre la vitesse de prise de vue en rafale de 6 i/s et est très rapide pour le reste avec une mise sous tension presque instantanée qui le rend opérationnel en moins d’une seconde et demie.

Frustration quand les colibris arrivent pour gouter le nectar…
l’autofocus du K-30 n’y arrivera pas. La scène est sombre, le sujet
légèrement à contre-jour, il bouge vite, et dépasse l’autofocus qui ne
permettra pas au K-30 de capturer le moindre oiseau-insecte net.

Stabilisation d’image intégrée au boitier

C’est une habitude chez Pentax, et c’est à souligner parce que c’est excellent au quotidien : le Pentax K 30 est équipé d’un système embarqué de stabilisation d’image. C’est le capteur CMOS qui bouge pour attraper les mouvements de l’appareil qui bénéficie donc de la stabilisation d’image avec tous les objectifs que vous utilisez sur le K-30. Pas la peine d’acheter des objectifs stabilisés chez Pentax.

Vidéo Full HD 30p

Nous n’avons pas testé le mode vidéo du K-30 en profondeur, mais il permet de filmer en 1080p jusqu’à 30 i/S dans différents formats et
définitions, avec une compression en H.264. L’appareil est équipé d’un micro stéréo interne. Le rendu des vidéos, comme celle des photos en JPEG d’ailleurs, est un rendu un peu trop flatteur à notre goût avec un contraste élevé et des couleurs un peu trop saturées par défaut.

Test du Pentax K-30 : qualité d’image

Le capteur 16 mégapixels APS-C qui équipe le Pentax K-30 est un capteur que nous connaissons bien, que nous apprécions, et qui est unanimement salué pour sa qualité d’image, notamment en haute sensibilité, mais également pour sa plage dynamique record. Il équipe les reflex numériques concurrents Nikon D7000 et D5100 ainsi qu’une grosse partie de la gamme d’appareils Sony NEX et reflex numériques Alpha SLT. Dans la gamme Pentax, on retrouve ce capteur sur le K-5 et aujourd’hui sur le K-5 II qui est décliné dans une version sans filtre optique passe-bas, le K-5 IIs pour une netteté optimale, ainsi que sur le compact hybride K-01.

Sur le K-30, ce capteur donne évidemment d’excellents résultats. D’ailleurs Pentax est le fabricant qui arrive le mieux à exploiter cet
imageur en technologie CMOS. Ainsi, le Pentax K-30 délivre des images presque sans bruit jusqu’à 3200 ISO. Certes les photos à 6400 et 12 800 ISO sont légèrement dégradées par l’apparition du bruit, mais restent utilisables. On pourra donc paramétrer le mode sensibilité automatique de l’appareil avec une limite haute située vers 3200 ISO.

Test du Pentax K-30 : Conclusion

 

Si le Pentax K-30 n’est pas exempt de reproches, notamment envers son système autofocus largement perfectible et ses de menus d’un autre âge, il offre un concentré de ce que l’on peut attendre d’un appareil photo expert en 2012-2013. Côté qualité d’image, il sera au rendez-vous avec son capteur performant. Il permet de filmer en Full HD, de prendre des photos HDR, d’appliquer des filtres, de passer très facilement sur le format RAW pour les cas difficiles, etc… Mais ce sont trois « petits » plus que l’on pourrait considérer comme accessoire, qui, à nos yeux, font la force du K-30. Le premier est évidemment la tropicalisation du boîtier qui permet de l’utiliser sur tous les terrains y compris sous une pluie fine, sur la plage et les terrains poussiéreux, sans avoir peur de devoir passer par la case SAV à son
retour. C’est un plus extrêmement précieux pour le photographe qui aime voyager, largement mis en avant par Pentax, et qui sera mieux exploité si l’on opte pour un kit avec un objectif tropicalisé comme le 18-55mm WR et, mieux encore, le nouveau 18-135 mm WR. Le second est la visée optique très qualitative du K-30, via son système à pentaprisme. Ce « détail » change la vie du photographe au quotidien. Enfin, la stabilisation d’image mécanique par translation du capteur, qui permettra de bénéficier de la stabilisation d’image avec tous les objectifs montés sur le K-30, est un confort supplémentaire, qui permettra de se passer de flash (le K-30 offre un flash pop-up intégré) encore plus facilement lorsque la lumière vient à manquer,  pour photographier en lumière naturelle, ce qui sera d’autant plus facile que le K-30 offre une excellente qualité d’image en haute sensibilité. Toutes ces qualités sont habituellement l’apanage des appareils positionnés sur un segment supérieur et c’est là tout le mérite de Pentax et du K-30 de proposer ce package de qualités au prix d’un reflex amateur puisqu’on trouve aujourd’hui le K-30 à environ 550 euros en boitier nu. Imbattable et séduisant si on peut se satisfaire d’un autofocus légèrement en retrait de ce que peut offrir la concurrence à l’heure actuelle.

Test du Pentax K-30 : galerie photos

100 ISO – f/5,6 – 1/250s – JPEG issu de l’appareil – mode priorité ouverture.

100 ISO – f/7,1 – 1/800s – DNG développé sous Aperture 3 – mode auto.

100 ISO – f/4 – 1/2000s – DNG développé sous Aperture 3

100 ISO – f/7,1 – 1/160s – RAW développé sous Aperture 3 – mode priorité ouverture.
Les ouassous au naturel….

… les ouassous en HDR depuis le K-30 en mode HDR.

100 ISO – f/5 – 1/125s – Mode automatique
Fichier brut optimisé sous Aperture 3. L’appareil a été éblouie par le
blanc de la scène et a sous-exposé la photo nous forçant à rétablir cela
en post traitement, d’où l’importance du format DNG, aisément activable
à la volée sur le K-30.


200 ISO – f/13 – 1/160s – Fichier RAW développé sous Aperture 3.

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